Discourse on Colonialism  

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"Yes, it would be worthwhile to study clinically, in detail, the steps taken by Hitler and Hitlerism and to reveal to the very distinguished, very humanistic, very Christian bourgeois of the twentieth century that without his being aware of it, he has a Hitler inside him, that Hitler inhabits him, that Hitler is his demon, that if he rails against him, he is being inconsistent and that, at bottom, what he cannot forgive Hitler for is not the crime in itself, the crime against man, it is not the humiliation of man as such, it is the crime against the white man, the humiliation of the white man, and the fact that he applied to Europe colonialist procedures which until then had been reserved exclusively for the Arabs of Algeria, the 'coolies' of India and the 'niggers' of Africa." --Discourse on Colonialism (1950) by Aimé Césaire

French original:

"Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique."

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Kunstformen der Natur (1904) by Ernst Haeckel
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Kunstformen der Natur (1904) by Ernst Haeckel

Discourse on Colonialism (French: Discours sur le colonialisme) is a French anticolonial pamphlet by Aimé Césaire on anti-colonialism first published in 1950 with the publisher Réclame.

Its most recent English-language translation is by AK Press, with a foreword by Robin D.G. Kelley:

Césaire's work, once crucial to the anti-colonial struggles of the 50s and 60s haunts us again. His questions about the role of imperialism and slavery and of concepts like the "savage" or the "primitive" as central to the construction of "civilization," of the West and of progress remind us that the carnage in Africa, Asia, and the Americas which is our history is not past; it is lodged deep in the heart of Western cultures. As Césaire said, "It is equally necessary to decolonize our minds, our inner life, at the same time we decolonize society."

Excerpt

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...] »

On Maldoror

Aimé Césaire, dans Discours sur le colonialisme, propose une interprétation matérialiste et politique de Maldoror :

« Et Isidore Ducasse, comte de Lautréamont ! A ce sujet, il est grand temps de dissiper l'atmosphère de scandale qui a été créée autour des Chants de Maldoror. Monstruosité ? Aérolithe littéraire ? Délire d'une imagination malade ? Allons donc ! Comme c'est commode ! La vérité est que Lautréamont n'a eu qu'à regarder, les yeux dans les yeux, l'homme de fer forgé par la société capitaliste, pour appréhender le monstre, le monstre quotidien, son héros. Nul ne nie la véracité de Balzac. Mais attention : faites Vautrin, retour des pays chauds, donnez-lui les ailes de l'archange et les frissons du paludisme, faites-le accompagner, sur le pavé parisien, d'une escorte de vampires urugayens et de fourmis tambochas, et vous aurez Maldoror. Variante du décor, mais c'est bien du même monde, c'est bien du même homme qu'il s'agit, dur, inflexible, sans scrupules, amateur, comme pas un, " de la viande d'autrui ". Pour ouvrir ici une parenthèse dans ma parenthèse, je crois qu'un jour viendra où tous les éléments réunis, toutes les sources dépouillées, toutes les circonstances de l’œuvre élucidées, il sera possible de donner des Chants de Maldoror une interprétation matérialiste et historique qui fera apparaître de cette épopée forcenée un aspect par trop méconnu, celui d'une implacable dénonciation d'une forme très précise de société, telle qu'elle ne pouvait échapper au plus aigu des regards vers l'année 1865. Auparavant, bien entendu, il aura fallu débroussailler la route des commentaires occultistes et métaphysiques qui l'offusquent ; redonner son importance à telles strophes négligées - celle, par exemple, entre toutes étrange de la mine de poux où on n'acceptera de voir ni plus ni moins que la dénonciation du pouvoir maléfique de l'or et de la thésaurisation ; restituer sa vraie place à l'admirable épisode de l'omnibus, et consentir à y trouver très platement ce qui y est, savoir la peinture à peine allégorique d'une société où les privilégiés, confortablement assis, refusent de se serrer pour faire place au nouvel arrivant, et - soit dit en passant - qui recueille l'enfant durement rejeté ? Le peuple ! Ici représenté par le chiffonnier. Le chiffonnier de Baudelaire : Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Epanche tout son coeur en glorieux projets. Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Alors, n'est-il pas vrai, on comprendra que l'ennemi dont Lautréamont a fait l'ennemi, le " créateur " anthropophage et décerveleur, le sadique " juché sur un trône formé d'excréments humains et d'or ", l'hypocrite, le débauché, le fainéant qui " mange le pain des autres " et que l'on retrouve de temps en temps ivre-mort " comme une punaise qui a mâché pendant la nuit trois tonneaux de sang ", on comprendra que ce créateur-là, ce n'est pas derrière le nuage qu'il faut aller le chercher, mais que nous avons plus de chance de le trouver dans l'annuaire Desfossés et dans quelque confortable conseil d'administration ! »





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