To Have Done with the Judgment of God  

From The Art and Popular Culture Encyclopedia

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"Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes,
alors vous l'aurez délivré de tous ses automatismes
et rendu à sa véritable liberté.

English:

"When you will have made him a body without organs,
then you will have delivered him from all his automatic reactions
and restored him to his true freedom."

[...]

"I deny baptism and the mass. There is no human act, on the internal erotic level, more pernicious than the descent of the so-called jesus-christ onto the altars.

[...]

No one will believe me and I can see the public shrugging its shoulders but the so-called christ is none other than he who in the presence of the crab louse god consented to live without a body..."

--To Have Done with the Judgment of God (1947) by Antonin Artaud, tr. Helen Weaver

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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.
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Train wreck at Montparnasse (October 22, 1895) by Studio Lévy and Sons.

Pour en Finir avec le Jugement de dieu (1947, English: To Have Done with the Judgment of God) is a radio drama by French writer Antonin Artaud. It is noted for its scatological, anti-American, and anti-religious references and pronouncements, but also because of its general randomness. Artaud coined the term body without organs in this radio play.

The audio piece is full of the seemingly random cacophony of xylophonic sounds mixed with various percussive elements, mixed with the noise of alarming human cries, screams, grunts, onomatopoeia, and glossolalia.

Contents

Background

To Have Done with the Judgment of God was recorded between November 22 and November 29, 1947. It was shelved by Wladimir Porché, the director of the French radio, the day before its scheduled airing on February 2, 1948. The performance was prohibited partially as a result of its scatological, anti-American, and anti-religious references and pronouncements, but also because of its experimental nature.

As a result, Fernand Pouey, the director of dramatic and literary broadcasts for French radio, assembled a panel to consider the broadcast of the recording. Among the approximately fifty artists, writers, musicians, and journalists present for a private listening on February 5, 1948 were Roger Vitrac, Jean Cocteau, Paul Eluard, Raymond Queneau, Jean-Louis Barrault, René Clair, Jean Paulhan, Maurice Nadeau, Georges Auric, Claude Mauriac, and René Char. Although the panel felt almost unanimously in favor of Artaud's work, Porché refused to allow the broadcast. Pouey left his job and the show was not heard again until February 23, 1948 at a private performance at the Théâtre Washington.

Body without organs

The term body without organs originates from this play:

Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes,
alors vous l'aurez délivré de tous ses automatismes
et rendu à sa véritable liberté.

English:

"When you will have made him a body without organs,
then you will have delivered him from all his automatic reactions
and restored him to his true freedom."

See also

Full text in French[1]

POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU - Antonin ARTAUD


kré

Il faut que tout

P

kré

soit rangé

puk te

pek

à un poil près

li le

kre

dans un ordre

pek ti le

e

pte

fulminant.

kruk


J’ai appris hier

(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faut bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités), j’ai appris hier

l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès.

Il paraît que, parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme,

et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal

et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu.

Car de plus en plus les Américains trouvent qu’ils manquent de bras et d’enfants, c’est-à-dire non pas d’ouvriers mais de soldats,

et ils veulent à toute force et par tous les moyens possibles faire et fabriquer des soldats en vue de toutes les guerres planétaires qui pourraient ultérieurement avoir lieu, et qui seraient destinées à démontrer par les vertus écrasantes de la force la surexcellence des produits américains,

et des fruits de la sueur américaine sur tous les champs de l’activité et du dynamisme possible de la force.

Parce qu’il faut produire,

il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut être remplacée,

il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur,

il faut que l’ouvrier ait de quoi s’employer,

il faut que des champs d’activités nouvelles soient créés,

où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués,

de tous les ignobles ersatz synthétiques

où la belle nature vraie n’a que faire,

et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement


où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle fera merveille

pour produire des années et des cuirassés.

Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes phannaceutiques ou non et par

conséquent plus d’aliments,

mais des produits de synthèse à satiété,

dans des vapeurs,

dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur.

Et vive la guerre, n’est-ce pas?

Car n’est-ce pas, ce faisant, la guerre que les Américains ont préparée et qu’ils préparent ainsi pied à pied.

Pour défendre cet usinage insensé contre toutes les concurrences qui ne sauraient manquer de toutes parts de s’élever,

il faut des soldats, des années, des avions, des cuirassés, de là ce spenne

auquel il paraîtrait que les gouvernements de l’Amérique auraient eu le culot de penser.

Car nous avons plus d’un ennemi et qui nous guette, mon fils, nous, les capitalistes-nés, et panni ces ennemis la Russie de Staline

qui ne manque pas non plus de bras annés.

Tout cela est très bien,

mais je ne savais pas les Américains un peuple si guerrier.

Pour se battre il faut recevoir des coups

et j’ai vu peut-être beaucoup d’Américains à la guerre

mais il avaient toujours devant eux d’incommensurables années de tanks, d’avions, de cuirassés qui leur servaient de bouclier.

J’ai vu beaucoup se battre des machines

mais je n’ai vu qu’à l’infini

derrière

les hommes qui les conduisaient.

En face du peuple qui fait manger à ses chevaux, à ses boeufs et à ses ânes les dernières tonnes de

morphine vraie qui peuvent lui rester pour la remplacer par des ersatz de fumée,

j’aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d’où il est né,

je parle des Tarahunraras

mangeant le Peyotl à même le sol

pendant qu’il naît,

et qui tue le soleil pour installer le royaume de la nuit noire,

et qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser.


C’est ainsi que vous allez entendre la danse du TUTUGURI.


TUTUGURI

LE RITE DU SOLEIL NOIR


Et en bas, comme au bas de la pente amère, cruellement désespérée du coeur s’ouvre le cercle des six croix, très en bas,

comme encastré dans la terre mère,

désencastré de l’étreinte immonde de la mère qui bave.

La terre de charbon noir

est le seul emplacement humide

dans cette fente du rocher.

Le Rite est que le nouveau soleil passe par sept points avant d’éclater à l’orifice de la terre.

Et il y a six hommes, un pour chaque soleil, et un septième homme qui est le soleil tout cru

habillé de noir et de chair rouge.

Or, ce septième homme est un cheval,

un cheval avec un homme qui le mène.

Mais c’est le cheval qui est le soleil et non l’homme.

Sur le déchirement d’un tambour et d’une trompette longue,

étrange,

les six hommes

qui étaient couchés,

roulés à ras de terre,

jaillissent successivement comme des tournesols, non pas soleils

mais sols tournants, des lotus d’eau,

et à chaque jaillissement

correspond le gong de plus en plus sombre

et rentré

du tambour

jusqu’à ce que tout à coup on voie arriver au grand galop, avec une vitesse de vertige, le dernier soleil, le premier homme,


le cheval noir avec un homme nu, absolument nu et vierge sur lui.

Ayant bondi, ils avancent suivant des méandres circulaires

et le cheval de viande saignante s’affole

et caracole sans arrêt

au faîte de son rocher

jusqu’à ce que les six hommes

aient achevé de cerner

complètement

les six croix.

Or, le ton majeur du Rite est justement L’ABOLITION DE LA CROIX.

Ayant achevé de tourner

ils déplantent

les croix de terre

et l’homme nu

sur le cheval

arbore

un immense fer à cheval

qu’il a trempé dans une coupure de son sang.


LA RECHERCHE DE LA FECALITE


Là ou ça sent la merde ça sent l’être.

L’homme aurait très bien pu ne pas chier, ne pas ouvrir la poche anale, mais il a choisi de chier comme il aurait choisi de vivre au lieu de consentir à vivre mort.

C’est que pour ne pas faire caca, il lui aurait fallu consentir à ne pas être, mais il n’a pas pu se résoudre à perdre l’être,

c’est-à-dire à mourir vivant.

Il y a dans l’être

quelque chose de particulièrement tentant pour l’homme et ce quelque chose est justement LE CACA.


(ici rugissements.)

Pour exister il suffit de se laisser à être,

mais pour vivre,

il faut être quelqu’un,

pour être quelqu’un,

il faut avoir un OS,

ne pas avoir peur de montrer l’os,

et de perdre la viande en passant.

L’homme a toujours mieux aimé la viande que la terre des os.

C’est qu’il n’y avait que de la terre et du bois d’ et il lui a fallu gagner sa viande, il n’y avait que du fer et du feu et pas de merde,

et l’homme a eu peur de perdre la merde ou plutôt il a désiré la merde et , pour cela, sacrifié le sang.

Pour avoir de la merde, c’est-à-dire de la viande, là où il n’y avait que du sang et de la ferraille d’ossements et où il n’y avait pas à gagner d’être mais où il n’y avait qu’à perdre la vie.

o reche modo to edire di za tau dari do padera coco

Là, l’hoimne s’est retiré et il a fui.

Alors les bêtes l’ont mangé.

Ce ne fut pas un viol,

il s’est prêté à l’obscène repas.

Il y a trouvé du goût, il a appris lui-même à faire la bête et à manger le rat délicatement.


Et d’où vient cet abjection de saleté?


De ce que le monde n’est pas encore constitué,

ou de ce que l’homme n’a qu’une petite idée du monde

et qu’il veut éternellement la garder?

Cela vient de ce que l’homme, un beau jour, a arrêté

l’idée du monde.

Deux routes s’offraient à lui: celle de l’infini dehors, celle de l’infnne dedans.

Et il a choisi l’infnne dedans.

Là où il n’y a qu’à presser

le rat,

la langue,

l’anus

ou le gland.

Et dieu, dieu lui-même a pressé le mouvement.

Dieu est-il un être?

S’il en est un c’est de la merde.

S’il n’en est pas un il n’est pas.

Or il n’est pas,

mais comme le vide qui avance avec toutes ses fonnes

dont la représentation la plus parfaite

est la marche d’un groupe incalculable de morpions.

« Vous êtes fou, monsieur Artaud, et la messe? »

Je renie le baptême et la messe.

Il n’y a pas d’acte humain qui, sur le plan érotique interne, soit plus pernicieux que la descente du soi-disant Jésus-christ sur les autels.

On ne me croira pas

et je vois d’ici les haussements d’épaules du public mais le nommé christ n’est autre que celui qui en face du morpion dieu a consenti à vivre sans corps, alors qu’une année d’hommes


descendue d’une croix,

où dieu croyait l’avoir depuis longtemps clouée, s’est révoltée, et, bardée de fer, de sang,

de feu, et d’ossements,

avance, invectivant l’invisible

afin d’y finir le JUGEMENT DE DIEU.


LA QUESTION SE POSE DE...


Ce qui est grave est que nous savons qu’ après l’ordre de ce monde il y en a un autre.

Quel est-il?

Nous ne le savons pas.

Le nombre et l’ordre des suppositions possibles dans ce domaine est justement l’infini!

Et qu’est-ce que l’infini?

Au juste nous ne le savons pas!

C’est un mot

dont nous nous servons

pour indiquer

l’ouverture

de notre conscience

vers la possibilité

démesurée,

inlassable et démesurée.

Et qu’est-ce au juste que la conscience?

Au juste nous ne le savons pas.

C’est le néant.


Un néant


dont nous nous servons pour indiquer

quand nous ne savons pas quelque chose

de quel côté

nous ne le savons

et nous disons

alors

conscience,

du côté de la conscience, mais il y a cent mille autres côtés.

Et alors?

Il semble que la conscience

soit en nous

liée

au désir sexuel et à la faim;

mais elle pourrait très bien

ne pas leur être liée.

On dit, on peut dire,

il y en a qui disent que la conscience est un appétit, l’appétit de vivre;

et immédiatement à côté de l’appétit de vivre, c’est l’appétit de la nourriture qui vient immédiatement à l’esprit;

comme s’il n’y avait pas des gens qui mangent sans aucune espèce d’appétit; et qui ont faim.

Car cela aussi existe

d’avoir faim sans appétit;

et alors?


Alors


l’espace de la possibilité me fut un jour donné comme un grand pet que je ferai; mais ni l’espace, ni la possibilité,

je ne savais au juste ce que c’était,

et je n’éprouvais pas le besoin d’y penser,

c’étaient des mots

inventés pour définir des choses

qui existaient

ou n’existaient pas

en face de

l’urgence pressante

d’un besoin:

celui de supprimer l’idée, l’idée et son mythe, et de faire régner à la place la manifestation tonnante de cette explosive nécessité: dilater le corps de ma nuit interne,

du néant interne de mon moi

qui est nuit,

néant,

irréflexion

mais qui est une explosive affirmation qu’il y a quelque chose à quoi faire place: mon corps.

Et vraiment

le réduire à ce gaz puant, mon corps?

Dire que j ’ai un corps parce que j ’ai un gaz puant qui se forme au dedans de moi?

Je ne sais pas Mais


je sais que l’espace, le temps, la dimension, le devenir, le futur, l’avenir, l’être, le non-être, le moi, le pas moi,

ne sont rien pour moi;

mais il y a une chose qui est quelque chose, une seule chose qui soit quelque chose, et que je sens à ce que ça veut SORTIR: la présence de ma douleur de corps,

la présence menaçante, jamais lassante de mon corps;

si fort qu’on me presse de questions et que je nie toutes les questions, il y a un point où je me vois contraint de dire non,


NON


alors

à la négation; et ce point

c’est quand on me presse,

quand on me pressure et qu’on me trait jusqu’au départ


en moi

de la nourriture, de ma nourriture et de son lait,

et qu’est-ce qui reste?

Que je suis suffoqué;

et je ne sais pas si c’est une action

mais en me pressant ainsi de questions

jusqu’à l’absence

et au néant

de la question

on m’a pressé

jusqu’à la suffocation

en moi

de l’idée de corps et d’être un corps,

et c’est alors que j’ai senti l’obscène

et que j’ai pété de déraison et d’excès et de la révolte de ma suffocation.

C’est qu’on me pressait jusqu’à mon corps et jusqu’au corps

et c’est alors que j’ai tout fait éclater parce qu’à mon corps on ne touche jamais.


CONCLUSION


- Et à quoi vous a servi, monsieur Artaud, cette Radio-diffusion?

- En principe à dénoncer un certain nombre de saletés sociales officiellement consacrées et reconnues:

1° cette émission du spenue infantile donné bénévolement par des enfants en vue d’une fécondation artificielle de foetus encore à naître et qui verront le jour dans un siècle ou plus.


2° A dénoncer, chez ce même peuple américain qui occupe toute la surface de l’ancien continent indien, une résurrection de l’impérialisme guerrier de l’antique Amérique qui fit que le peuple indien d’avant Colomb fut abjecté par toute la précédente humanité.

3° - Vous énoncez là, monsieur Artaud, des choses bien bizarres.

4° - Oui, je dis une chose bizarre, c’est que les Indiens d’avant Colomb étaient, contrairement à tout ce qu’on a pu croire, un peuple étrangement civilisé et qu’ils avaient justement connu une forme de civilisation basée sur le principe exclusif de la cruauté.

5° - Et savez-vous ce que c’est au juste que la cruauté?

6° - Comme ça, je ne le sais pas.

7° - La cruauté, c’est d’extirper par le sang et jusqu’au sang dieu, le hasard bestial de l’animalité inconsciente humaine, partout où on peut le rencontrer.

8° - L’homme, quand on ne le tient pas, est un animal érotique, il a en lui un tremblement inspiré, une espèce de pulsation

productrice de bêtes sans nombre qui sont la forme que les anciens peuples terrestres attribuaient universellement à dieu.

Cela faisait ce qu’on appelle un esprit.

Or, cet esprit venu des Indiens d’Amérique ressort un peu partout aujourd’hui sous des allures

scientifiques qui ne font qu’en accuser l’emprise infectieuse morbide, l’état accusé de vice, mais

d’un vice qui pullule de maladies,

parce que, riez tant que vous voudrez,

mais ce qu’on a appelé les microbes

c’est dieu,

et savez-vous avec quoi les Américains et les Russes font leurs atomes?

Ils les font avec les microbes de Dieu.

- Vous délirez, monsieur Artaud.

Vous êtes fou.

- Je ne délire pas.

Je ne suis pas fou.

Je vous dis qu’on a réinventé les microbes afin d’imposer une nouvelle idée de dieu.

On a trouvé un nouveau moyen de faire ressortir dieu et de le prendre sur le fait de sa nocivité microbienne.

C’est de le clouer au coeur,

là où les hommes l’ainrent le mieux,

sous la forme de la sexualité maladive,

dans cette sinistre apparence de cruauté morbide qu’il revêt aux heures où il lui plaît de tétaniser et d’affoler comme présentement l’humanité.


Il utilise l’esprit de pureté d’une conscience demeurée candide comme la mienne pour l’asphyxier de toutes les fausses apparences qu’il répand universellement dans les espaces et c’est ainsi qu’Artaud le Mômo peut prendre figure d’halluciné.

- Que voulez-vous dire, monsieur Artaud?

- Je veux dire que j’ai trouvé le moyen d’en finir une fois pour toutes avec ce singe et que si personne ne croit plus en dieu tout le monde croit de plus en plus dans l’homme.

Or c’est l’homme qu’il faut maintenant se décider à émasculer.

- Comment cela?

Comment cela?

De quelque côté qu’on vous prenne vous êtes fou, mais fou à lier.

- En le faisant passer une fois de plus mais la dernière sur la table d’autopsie pour lui refaire son anatomie.

Je dis, pour lui refaire son anatomie.

L’homme est malade parce qu’il est mal construit.

Il faut se décider à le mettre à nu pour lui gratter cet animalcule qui le démange mortellement, dieu,

et avec dieu ses organes.

Car liez-moi si vous voulez,

mais il n’y a rien de plus inutile qu’un organe.

Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes, alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes et rendu à sa véritable liberté.

Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette et cet envers sera son véritable endroit.





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