Instruction to France about the truth of the Rose Cross Brothers  

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"We, the deputies of the principal College of the Brethren of the Rose-cross, have taken up our abode, visible and invisible, in this city, by the grace of the Most High, towards whom are turned the hearts of the just. We shew and teach without books or signs, and speak all sorts of languages in the countries where we dwell, to draw mankind, our fellows, from error and from death."

French:

"Nous, députés du Collège principal de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville par la Grâce du Très-Haut, vers Lequel se tourne le cœur des Justes. Nous montrons et enseignons à parler, sans livres ni marques, toutes sortes de langues des pays où nous voulons être pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur de mort.

S’il prend envie à quelqu’un de nous voir par curiosité seulement, il ne communiquera jamais avec nous, mais si la volonté le porte réellement à s’inscrire sur le registre de notre Confraternité, nous, qui jugeons des pensées, lui ferons voir la vérité de nos promesses ; tellement que nous ne mettons point le lieu de notre demeure en cette Cité, puisque les pensées jointes à la volonté réelle du lecteur seront capables de nous faire connaître à lui, et lui à nous."

--Instruction to France about the truth of the Rose Cross Brothers (1623) by Gabriel Naudé

English translation via Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds

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Instruction à la France sur la vérité de l'histoire des Frères de la Roze-Croix (1623, English: Instruction to France about the truth of the Rose Cross Brothers) is a text by Gabriel Naudé displaying the impostures of the Rose Cross.

It features the famous 'Avis aux curieux' poster placarded in the Paris of that time.

Full text[1]

INSTRVCIION .

A LA FRANCE

. SVR LA VERITE;

DE L'HISTOIRE DES Frères de la

Roze-Croix. ^^

Par G. Na vde' Parificn. ~ "



A PARIS,

Chez François Ï vLLioT,autroi/îcfmc pillicr de la grand* Salle du Palais.


M. DC. XXIII.

AVEC F RI V I LE G E OfT ROY,

. « 



^ MESSIRE

GABRIEL DEGVENEGAVLT ficurdudit lieu, &du Plcffis Bellc- ville, Confciller Secrétaire du Roy çrifçs Confeils d'Eftat & Finances.



Onsiefs,

Comme mon dejfein ri a

^ Umais eïlé autre en cette

InfimSUony queioppoferaux tene^ bres palpables du menfonge le foleil de la vérité, qui par le s rayons de fa lumierefarecognoifire a la plus noble partie de nofire Hemijphere le péril- leux labyrinthe dedans lequel elle se^

Nfioit enuelopee durant fin abfence: a ij


EPISTRE.

^m^ïfmt4l que pourri imiter en cet^ te Epiftre la vanité de quelques ef- frits de ce fiecU, çjui penfent confa-: crer à la pofterite la mémoire d'vne infinité de ferfonne s, le nom def jueU lesilsgrauent^ar leurs plumes furie marbre de leurs efcrits ; ie confejfe in- genuément la prefomption nauoir eî4 telle force en mon endroit y que don- nant 'volà mon ignorance pardeffus tes forces de ma capacité:, elle niait -peu pçrfuader que ce petit Liure fe deufi prefenter au Cieleftoiléde vos mérites, garni d'vne telle effronterie y que déférer de lujpouuoiraugmen-^ ter fa lumière par le flambeau pe- tites efiincelles de mes conceptions. Cefl' pourquoj ïayme mieux reco- gnoiftre confejfer ouuertementy quauec vne infinité d* autres occa- fions ^ces deux principales m' ont don-


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EPISTRE.

ne la haràefedadioufter àl'Ocem de ms perfeBions , ce Petit ruiffeau, coulant pluBofi de la -vmefiurce de 'VOS louanges , ^ue non pas du deuoir de mon affeBion: La première me

ferfuadott facilement qu'après m' u~ uotrbtenheuré delà félicité de -voBre nom , njous ne le -voudriez, refufer à ce petitT>ifcours , lequel comme -vn autre 'Vhilete ,noferoit fortiren pu^ blic pour soppofer aux bourafLes Ç^jempefles d'-vne opinion commu- ne, fans eïhe garni du poids très- ftiifant^ de -voBre crédit authort- te: £f l'autre me donoitoccafon d'en ejperer vne bien plus grande recom- penfe que celle que les habit ans de JSeotie reçeuoient anciennement de h'Deeffe Qres Mjcalefienne , puis 1" ^"^n'auott lapuiffancedeconfer- fier plus d'-une année les fruicls qui


E P I s T R E.

cueillis en Automne auoient eHécon^ facrez^ à fon image 'j outaFtre fauo^ rahle de n)oHre renommée le bon Génie qui afaiStftgnaler -uoftre pru^ . dence dans ^vne infinité de Charges Adagîïiratures que "vous aue?:^ heureufement exercées à ^jostre gloi- re y promettent njn tel luHre à ces fleurs printannieres de mes Efludes, quil ne faut pas que l'Oubly satt en- de de le pouuoir ternir pendant que le fouuenir de uos mérites les rendra recommandahles à la mémoire des hommes, çf me donnera fujet de leur fouhaitter autant de proscrite que ^jouseUes comblé de perfections Jef- quelles meritans plusiofi d'eflre ex^ • primées en ^n 'volume que remar- quées par^ne£piflreJonentmam^ tenant trefue à ma plume pour les iidmirerparmon fdençe^^mfques à ce


E P I s T R E .'

qft'vne autre occafion fe\pre fente four mm tefmoigner que ie feray tûufours,


te pïus humble &aiFcaionné •Ievo3fctuitcurs,G.NAvDE'.




AV LECTErR.

L eft vray ,ainy Leaeur, & id te le confcffe ingenucment, que ie n'auois encot eu vnc telle conttafte aucc inoy mef- mes & femblables cxtremitcz fiWÎCTSfS^ ncm'auoicnrianttisenuelop-' na' v^Rtande incertitude, que celle en la- niielleilv a quelques ioursquc iemettouuay Su Ïengag« • la nature mobligeant d va Sé de compatir aux affl.aions , & donne, quelque fecours aux extrêmes langueurs de cette ville fi aorilTante.n agucrcs battue & at- flirec par les traifts empeftez d'vne maladie conti.<*ieufe & maintenant toute efmeuc Tpantelante par levenim dvne fauffe &r.. Scaleopin.on,quequelquesbowdons.«u„.

les &bufes du genre humain s efforcent de f"re;iiffet infenfiblement dans 1 .magmat.on de fes plus chetsnourriçons, pour efcranler leuriugemcnt , &emouffet la bonne opm.on Ïue l'on auoit de leur prudence. Et 1 .gnotan- ce d'autre part conttepointant lesdelfeinsdc cettebonne volonté, ne me permetto.t de re- «uciUit des icunes greffes &C nouuellcs plantes

de tacs



ait [ira

X*


de mes Eftudcs^lef frulal d'Jne telle er,,^; pattrc cette Chimère & pcrfuafion erronée

lentcnce , démettre laœain a la plume pour £j;;«y'"^'l"o«-enten§eme:'tfab

vo K f f '^^ menfonge , &

vous faire recogno.ftre la vérité que vous de^

ue3fmurepourvousinftruirecnrh,fto°rêde,

« K.oze-Croix. Ce que pour cffeituer dIus fi

c.lementrayWé^u-H'eftoitàproposdccr: « cet Aduertiflime'r pour vous faciliter r ,1 |ell.gcnce de toutle Difcours fuiuam, & vous aduerar prem^remcnt que pour ce q'ui ell da

Z^t ""r ^""'PT"'^- Pcrc Garafl-e a le plus heureufement dctousconjcauréfurics raifonsqu. ontmcufon Autheurdc luvdon! pcrcenicrcde SctcCm^, feperf JdantS»

  • "«re cachée &cou.,crte, & tenir le fecreç


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Av LecteviI. «oMf feule ame&prcmier principe de touteî ïcs adions : pour prcuue de laquelle intcrprc- tation il fe fortifie des deux derniers vers d vne Epiprrammeylefquels font expliquez fi paituc- mcnt par les deux premiers, qu'il a obmis, que laviuffc n'eflrc befoin d'autre commentaire que de vous les reprefcncer en leur fcns entier

& parfait: Bfi rofdflos Veneris^cului qno furta Uterent,

Harfocratiy matriSy dona dicamt Amor^ Inde rofam menfis ho ff es fuj fendit amicày ComiuA 'vt fubea diètA^tâcenda jetant, Quelques autres fefont efforcez d'expliquer Icmyftere caché fous cette Croix de Rozes par d'autres raifons diucrfes conjcaurcsi dcfquelles, après cette lumière defcoiuiertc, nous ne deuÔs faire plus d'cftime que de tous les Allemans qu j ont domic carrière a leurs imaginations fur ccfujet, &: agite le Pour & le Contre de cette Société . lefquels cftans en plus grand nombre que l'on nepourroitefti- ^er, ils ont toutcsfois traitté cet argument de telle manière , qu'ils ont pluftoft monftre leur aplTcin cfti^e d'entaifcr beaucoup de paroles naines & inutiles pour grolTir leurs volurnes-, que non pas de trier les plus belles U neceflai- rcspout fatisfaire &: contenter la cunofite du Xedeur. Et qu'il ne foit ainfi, icfais luge l6 premier de ceux cjui ont pris la pawenee d« 


y'


■â


A V L E c T E V R?

fuciUeter Icsiiurcs qu ils nous ont donnez fue cette ipaticrc, qucJ contentement ^fatisfa- âiô il a receu d vnc lifte cnnuyeufc de tous les Collèges Congrégations qui ont autrefois cite les plus célèbres &c renommées; de toutes les familles, Royaumes & Principautez qui ont eu lesRofes pour leurs armes & efcufTons; de ceux qui ont garde le filence , habite les de- lerts^parlcen %ures,enigmes&r paraboles; de toutes ces queftions inutiles , fçauoir s'iJ cft permis d'exercer la Médecine gratuitement s'il cft licite de cacher &: couurir Ton nom , fai, rc des Manifeftes , fonder & cftablir des Col- lèges & CÔgregations,&: yne infinité d'autres encor plus ridicules,^«4r/yw numquam pénétrât àdmmateUm -, de Icfquellcs pour s cftrc plu- Itoft arreftees à ce qui cftoit de l'cfcorce a^Ai- pcrficie qu'à la moelle 6^ intérieur du plus cf- lenticldc cette Fraternité, nous ont laifïévn champ alTe? ample pour baftir cette Jnftru- Ction fur la recherche de leurs premiers prin- cipes & fondement: Icfquelles confiftans en raifon , authorité , &: expériences , l'ay pris occafion , ceux-là examinez , d'y adioufter 1 liiltoircenticrc dç cette Congregation.com. ment cilc a cfté cogneuë en France , les diucr- fes conjcdures &: interprétations que plu. lîeurs luy ont donné; la cenfure fur quel«  qu'vncs de leurs propofitions &: articles

c 1)


AVÎ-ECTEVR.

quelques autres chapitres contre vne infinit^ de rcfucries fcmblables à celle-cy : pour con- : dure en fin par la ncgatiuc , & monftrcr corn- 1 bien toutes ces fabuleufes narrations ont tou - fiours cftc dangereufcs &: preiudiciablcs à i ceux qui les ont nourries &: fomentées. Ce qui ' cftjà mon iugement,tout ce que l'on peut dire pu df.fircr fur vne tdic matière, raccourcy (comme vu Géant dans le chaton d'vn an- neau, ou ce grand monde fur vn petit globe) dans les dix chapitres de cette prefente Inftru- aion,laquelle te doit eftre d'autant plus agréa- ble qu'elle te donne en fcpt ou huid fueilics de papier, &par vne méthode trcs-f^cilc ,oc que tu ne pourrois tirer quaucc grande diffi- culté delà ledurc de tous ceux qui en ont ef- cri't àùparauant moy -, & que d auantage Cclfo t'aducrtit en ma î^Mt\MytumfArfcientUfit , wen vtilionm Medicum effe apiicum quam extra- nettm. Il cft bicnvray queictclapouuoisprc- fentcr plus accomplie &: perfedionneo, file femede qui gifoit en la promptitude m'euft permis d'employer plus de quinze ioursà compofition, & de veiller plus diligemment es fautes qui font furuenuës à fon mipreffion, lefquellcs pour eftre en petit nombre ncmc- ritét d'eflre feparees de la fin de cet aduertiffc- ment : C'cft pourquoy ic te fupplic en recom- pcnfc de ce peu de trauail que i'ay entrepris


ÎPlîl'S


A V L I ff T E V

«n ta confîderacion , de lire aucc luoy ^ page io.lignc3. ^»^^etie»dum.pag.z^Aig,io.i[ij.^Z tcrnitc.pag. i9-lig.i5.&fpacfcux.pag.2o Ji> 4. mmmum. pag.31. lig.io.Torlaquis.pag ig.^. interprète, pag.96. Iig.13. ^^/^^.pa^ • ligne ZI. pourroit. & d'excufer les autres qui n'ont efté remarquées , pour eftre beaucoup moindres, ou plus vcritablcmcnc de nulle confequencc.


M-

ri' jjie

3^


LeÛorcm.

•T^E Leaor,cruï iunda roraî,fratruniquc fupcrba ^ /nccrcumfecitrxpmscfTcjthcfis; ttucades, & vanos dabiturcognofccre tant*

5 talEiciac cucntus, quancus & crror incft. NAVD^VM dbi fume duce, lcgc,perlcgc,idcmqi cft

NAvD^iiibrumpcdcgcrc&faperc. ^

I. L. D. D. M.


A MONSIEVR NAVDE.

SVR SON LIVRE CONTRE

les Frcrcs de la Rozc-Croix, SONNET.

VOm qui fuiuéintl erreur de voftre fantaijte^ Et voilant cet orgueil dentvm efiesef^ris^ Clijfez. vofire foijon dans les foihles e/frits ^i ne fe douhtent point de voflre hyfocrifie:

V ousnahu[erez.plusl" Europe nyï^Afie^ Voflre mafque eft leué, l'on vous tient à mefpris, depuis que cet Autheur dans fis doctes efcritr Monstre l' aueuglement dont voHre ame eBfaifle,

Pour/uy donc , bel Efprit , purge cet vniuers^ Çomme Herculeiadù» de ces montres diuersy Qui produifent partout des effets ft nuifihles\ ^^ApoUon me déçoit^ ou it fuis affeuré, j^e plus tu confondras ces Douleurs inuiflhlesst \lus tu feras vijîhU , & plus fort admire.

G. C. P. A.


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A MONSIEVR NAVDE^

SVR SON InsTRVCTION

à la France, STANCES.

CE s hommes, ou ces demi-Dieux, S elon leur filtre ambitieux^ ^i ioignent la Croix à U Roze, S'tle/^rjray ce qu' on dicl de Uurfçauoir profond ^^yi>E\ mon humeur fedi/pofè ' ^/uiure leur Ce nie, & faire cùmme ils font.

llsdefrohem f fnement

Leurs corpsano/lre fentiment,

S elon le rapport du 'vulgaire,

JiHf qui ne voudrait pas en admirer l'effet.

Son ame fiupide (3* gétuchere

^^firoitfoupconnerqueMedufel*euJlfaia.

^o^reame affranchie d'erreui', Ft nos corps exempts de l'horreur .^i^vnefepuUure faiUnatflre,

Gjf'iroientaueceuxdesplaifirsinffnù, Aefu/ans ce bien-heureux ejlre,

Q^k Ciel nous faiatort,ou nom ferons pun^s.


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Uàls m hrmt ijui sûurtféns Autheur, Je foufçonne qùtl eft menteur y Zt Us miBs de ton éloquence, A Uveuedefquelstafpaifemonfiucy, tient tellement m^creAnce, ^efituriencrojrien, ien'en croy nen aup.

a 4 ! que ton dffmrs eft charmant, jl defrobe infenfihUment Far vne extasie feu commune Ma far oie & mes Cens, te veusi encorflater Utnerue,& ma bonne fortune. Tout fournir quelqueiour.sïlfef eut, fmttef.

A. Gavdïn.


Ouifquis aucs Rofc« fomam cognofccrc gcntis, Hanc te pro multis carmina pauca docent;

Gallia fufpcxit, pcperit G crmania n^^nftrum Hercule N a v d o ftcrnitur, rndc quics.


DES CHAPITRES

-^V PRESENT LIVRE.


Que la nature des François eft trop prompte à embrafTer & fuiure toutes fortes d'opi- nions nouuclles&: ridicules.

CHAPITRE I, 1. Légèreté des Fran- 3, ils ne s en feuuent


\


çois à croire les nou- ueautez,, ». Caufes de cette prom ftitude»


excufer, 4. Dénombrement dc^ flujîeurs folies auf- quelles ils omadiou* ftéfoy.


Qu'il n'y aianiais eu opinion fi abfurde qui n'ait trouuc des ccrucaux capables de la ro^ ceuoir.

ChApitké il


I. Il efl d4ngereux de rien in nouer es Je te ce s. Opinions le s f lus ri- dicules ênt tromé des


fauteurs, 3. Toutes tes extrâud-^ gances reduittes i quatre fortes.


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Table

/ ExtrduagdmesenlaU. Cafrices des hommes ' Religion. I <^o^^'^

Hiftoirc des Frcrcs de la R.G. plus abfurdc que toutes les précédentes, bc par quel moyen elle a eftc cognuë en France.

Chapitke III.


/. Premier degré de fk- gelfe , cognoîfire ce qui efifaux. t. ^"tl H y a ofinion fiahfurde que ïhipi" re des Frères de U Ko

z^e- Croix, 3. Leurs efcrit s font in-


utiles , & ne peuuent eBrt entendus ,

Premières nouuelles Vieeux y Aueclesrai» fins afjirmatiues. /. Publication de leurs affiches ddns Paris,


Hiftoirc au vray des Frères de la Rozc-Croix.

CHApitftE nii.

t. Les chofes diuines, \ i'^'-^^'^^^^/'J^'l^f

naturelles^fortuites

eperent far de fetits


frtnctfes, \,Hîftoire du fondateur des Frères delà H'C,


' 4 . Defiriftéên de lagro- te o* tombeau du FrC' re illuminé R'C, 5. Conclufion contre tow . tescesincfties.


DIS Chapitres.


'.k


Rcfponfc à la principale raifon de Tinftaura- tion promifc, laquelle cft le principal fon- . dément de cette Compagnie.

Chapitre V.


1. Par éjud moyen k mamfefie confef- fion delà R. C. ont eu la vofrue.

2. Pajjkgesàe Paracel- fe^ Pofleli & d'vn

Anonyme^ pour prou - uer cette future in-


flauration,

3. Relponjes aux autho^ ritezj de faraceïfe^ S chuten& autres. ^

4. Satisfaction à celles de l'Anonyme & de PufîeL


Satisfaction à l'authorité de ceux qui ont ap- prouuc cette Compagnie.

Chapitre VI.


I, C\ft vne grandi mi- ferecfue de rechercher ce cjue Con ne peut ob- tenir»

%. Solution des authori. feu de quelques Chy-


mifies. 5. Refponfe à quelques

Autheurs qui en ont

efcrit en Allemand. 4 . Explication de celles

de trois Pères lefuites.


Table


Rcfponfe aux expériences que Ton apporte pour confirmer cette Société.

Chapitre VII.

1. Jlny âqttedesimpO' ^. Cequilftnelîottca* ^turs qm fe dijent fahU de le faire esH- Frères delaR.C, \ mer tel.

2, Hiîto'tre dvn fêle- 4. Confumion de cette rin qui fe qualifia Cvn hiftotre far d autres diceuiç, \ fins remarquables.


Les diucrfes coniedurcs & interprétations que plufieurs ont donné à cette Com- pagnie^

Chapitre VIII.


/. ^el efl le contente ' ment que t on reçoit de la Philo/ûfhie.

2. La diuifion fuit le menftnge,

j. Diuer/cs coniecîures


que Nn fai^ de la Co- fagnte des Frères tU luffunez,. 4. Celles de l'Autheur^ de/quelles U dernière ejila vraye*


Des CHAfiTREJ.


10


tesabfuraitcz&impcrtinciiccsquifcrcncon- trcnc és articles de cette Compagnie , & en 1 Amphithéâtre de Conrard, aucc l'explica- tion diccluy.

Chapitre IX. Erreurs du Manife-


fte é de U Confel^toriy df partout réfutées. 1. Remarques fur quel'

quvnesdicelles, 3. OkfcurUé vice fin fréquent és efcrits de cette Compagnieyé'à


Conrard en fin Am- phithéâtre. 4. Lavrayetnterpretd-

tiondefonlture. J. ^uel eftoitfondef- fein en iceluj^.x^ pour- qftoy tleflfioblcur& difficile à entendre.


\


Q^ic tous les faux bruits, &: principalement dé cettcCompagnic/ont prciudiciablcs a tous les Royaumes, Efl:ats&: Monarchies.

Chapitre X. I. Les François ne dot- 3. Prophétie très -dan- uent adioufîer fiy à gereufe diuulguee en toutes ces faujfes fer- ' France fotn le nom de /uafions, \ cette Société,

t. Elles ont eflé caufe de /{.Conclufion cotre deux la ruine delà plufpart \ fortes de perfonnes qui des Eliats & Empi- \ ne tirerot aucun fruief

' de cette Inftruâion.

•'■ 1 ni


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PrimUge du Roy,


Ln V 1 5> par la çracc de Dieu P oy de France & àt Na- ?arTc A nos aicx & fcaux ConfeMlers les Gens tcnans „ns Co" de ParlemcncMailhes des Requeftes ot dmaires 1 nftrc Hoftel.PreuoftdcParis, &àtous no' autres I u- i ci Officie s quM apparntndra. Salut. Noftrcbier» ^TaÊ^rulSlous aLa dire& remonftrcr quMa



\ ireXnent à\rcquefte dudirNaudé; & afres ,nc hnan» l.berak^^^^^^^^^ ^ dedeuxUoaem. de

îlVacl' deïK de noftrebône vdie

d/parfs Nous t»y auons de nos grâce fpeciale . plame puif- tcê&aXué\oyalc,dom?é&oaroy6

Arnvons par cesPrclcntes , congé & permiflBou de faire "fnX en telscaraaeres &part?l marchand Imprimeur STai e q ebm, luy femblera le fufduLiure. durantlc fcmps & cfpTce de fixins , à commencer du lov^r q« .1 fera

cS d&cr. Défendons à tous Irnprm.eui s L^ra,- rî. & autres de quelque qualité & condition qu ils loien //itipr mer ou\.r^mpr.^^ Omettre en vente durant i } ^LIT fans le congé & rerm.ffion dud.t opofant fur Il d'^n^q en imre^s daLndc, applicable moitié aux ^ r.T.nfe. mez , & l'autre à celuy qu il aura commis pour CCer ledS^^ dommages & m-

Tr^r A la charge d en mettre deux exemplaires en noftre oihcatre des (:ordeUers.De ce faire vous donnons pou- S^STcrn^ fpecial. Nonobftant oppoficions ou ap-

Xr^^n. ouclconques. pour lefquelles & Tans preiudice S^c les ne\S eftîe^difFeré.Voulons en outre que ict an au commencement ou fin dudir Lnue ces Pre entes ^aïeî raia d icelles, elles fpieut tenues pour fignifices.


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C AR TBi cft noftrc plaifîr. Donne à Pans le trcizicfinç ibiir de Nouembre, Pan de grâce mil fix cens vingt- trois : Se dcnoftrc règne le quatorzicfmc.

fdr le Cpnfeil^

LeJitNsudéa accordé à franc oU IiiUiot quil iêuyff } du cânti^ nnau TriHilcgi cydejjm^ lifremUr ianr de D$(emiri i6rj.


F. G. M E N A P I V S IN

E P I G R A M M A T. F. R.

Strenae loco tranfmiflis.



^m^TAftantï opéra iuHdtit bon Arum ' Cultores , cupidof^ literarum, ^uos inter velut emkat Pyropus Gemmas inter y Indices Upillos (? A L E N V s , Decus omnium Schotartm^ ^ui cun^fos fuperat , qmt aut fuernnt^ Aut funt , dut alim erunt in annà: H os omnes malè fpernitis lihellà In veflrù. Pater elegantiarum^ Et fins totius eruditionis yiuat clarus in orbe , viuat vfque Viuaty & vigeaty légat ur vfque Laudetur y placeat : légat ur, atque Ametur: Pater Eruditionis yiuat, vos peredtis hk & illk.



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^ifquti Gâleno nûn crédit certa docenti, Sed Rojèi Fratris qudrit, AmAtg^flrofhasy

Adh^c fer canines Thcofhrafii cum Paragrano, Se fieri verum fojfe futat Medicum:

Fer Syrtes^fer faxa,fer antra^fer afma^ fer ignés Tendit ad infernas non reuocandus aquas.

Défini Rontâ tuos toties iaÛAre ^iriîes^

Ma]$rTeutfinico cardine furgit honos. Efi F rater Rofeus,fi verum maximus Hères:.

Martis^é* Artis honor^ Martùi& Artis amor: JuBitid fulcrum^Charitumdecus^orbU oceliuSi

Et Pater in cœlà^ ^^^éî Soli^atque Sali, 0 ^olidos homines de /e qui talia ia£tant^

Et qui y er a futat Jiultior ejfe fût efi.



INSTRV-


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INSTRVCTION

A LA FRANCE

SVR LA VERITE' DE

I-'hISToire des FRERES

delà Ro2e.Croi:x.

5cnccaEpift.Lxxxi.lib.xi.

Que la nature des Fr^i^^^dTt^Jii prompte à embrafTer & fpiurc toutes lortes d opuiions nouuelles 6c ndi^ cules.

Chapitre T.

î. te^emédes Fran^ . 3. //.

cmre Us nenA excufer, ■ir ueautez.. '


à. Caufes de cette from- pitudc.


\ 4. penombrememdc^:( flufcurs folies au fi quelles ilsontadmi^ Pfoy,

Hlegon Trallianu$ Affranchi cîo l'Empereur Adrian, cfcriuant d'E-

yptc au nom de Ton Prinec \ vn Scnatcus


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% iNfTR. svR ti$ Frères Romain affcz remarquable pour auoir clto qualifie du troiricfme Confulat, c5mence Ion Crinit. Bpiftrc par le iugcmét qu'il donne de ce pays.

Amtum quant mihi laudasSermane^mam dtdt- d/hon. aâem.pendula,& ad omniafam^ momcnta vo. ^^f"P' Uuntem. Pardonnez moy , Mcrtieurs , fi par Tapplication de ce paffage a laFrace,ie fcmblc vouloir ccfurcr Vos avions, & dés les premie- rs lignes de ccdifcours vous acculct de lege- retc.Ce n cft point moy qui ofe entreprendre fur Toftrc prudence , ou qui fcmble dcfircr vu peu plus de retenue en vos deportemenstlub Cefar a franchi le fault le premier, remarquan fort à propos en fcs Commentaires , que c e- ûoit la couftume de vos anciens percs de s ar- reftcr en troupes dcuac les paflagcrs, s'cnque- fterdcs pèlerins, & mefmes contraindre les marchands à leur déclarer cequifcpafloit dc nouueau es pays defqucls ils eftoient le plus fraifcbemcnt arriuez , afin qu'cftans inftruits par leur rapport, ^f/^ww^ir rébus confita mirent: aufirum eos e veftigio fœnitere necejfe erat , quurrt llcrique advoluntaum eorurr^ fcia rcfpûnderent, Baptiftc de Mantouc, le Virgile de nos der- nicts fieclcs,apres auoir diû beaucoup de cho- fcsà lalouangc des François , faid la melmc remarque de nos moeurs façons de faire de mDîo maintenant: ^ v a


DE LA RoZE-CrOIX. j

StdamHshoccœloarbitrium^ cito mobile pe^m^ C ordag^ Urgitur rerum fittbundA nouarum, 2. Ce me fcroic vnc chofc de long trauail, & à vous peuc-eftrc cnnuycufe , que de pafîer le temps à ia recherche & dcduaion curicufc que l'on pourroit faire de la caufe de ces prompdciadcs &: fubtils mouuemens, Icfquels remarquez particuliers aux Fran çois , les ren- dent la Fable de leurs voifmsja^foupçonncz de participer en cffed quelque grain de folie, \ laquelle ync infinité de calomniateurs les onc voulu a(îujettir,par letymologiedelcurnom, laquelle ils s'efforcent de dcditire d'vn certain flcuuedePhrygie, de l'eau duquel tous ceux qui bcuuoient dcuenoient fubitemcnt fana- tiques &: infenfcz. le m'eftimerois néant- moins à bon droid efclaue de la mefme fo- lie, fi aduouant cette raifon pour légitime &: vallable, ic ne rccognoifTois pluftoft noftrç France eflre tachée & fleftric de ce reproche, par les malignes influences du Capricorne, fuiuant noftre Poète, ou du Bélier, félon tous les meilleurs Aftronomes, dcfquelscllc ferecognoift le but & objet: ou plus verita- blement,quc les allions des peuples eftans ré- glées par le tempérament, & iceluy fubjet à la nature , diuerfité , fituation , & autres condi- tions des lieux qu'ils habitent. Les étrangers n'ont autre chofe à nous reprochcr,finon,qua

A ij


'4 Ihstr. SVl^. LE^ Fre«.es comme vn autre Thcfec , cftans engagez fous d'autres imperfcaions , dans ce labyrinthe des la nature, ils sencicfgagcnt plus facilemenç par le moyen du filet d' Ariadne, i entends l'v- fagc &:la pratique de la raifon. Reproche le- quel véritablement icftimcfi iufte ô^raifon- nable , que i*ayme beaucoup mieux prefter laureillc à vos excures,que non pas les obliger par le peu de foyquc i*y adioufterois , à vnc preuue laquelle feroit infailliblement à voftrc dcfaduantage.

3. Vous me direz peut- cftrc que fuiuant le s. Rhc tefmoignage mVfmc d' Ariftote , c'cft vne oc- toric. cupation plaifante , recreatiue &c du tout agréable , que de pafTcr le temps à apprendre quid de quelque chofc, &: principalement quand ce UciMle robjc6t de noftre cognoifTancc nous

prouoque auec vn certain contentement à Gluod admirer fa nouueautc, la diucrfitc de ces mer- ueillcs , vray miracle de la nature , cftantcapa- ^Ju^etl blcdcnous prouoquerpar vn louable labeur hiieefi. à la pcrfcdion de leur cognoiflancc.il cfl: vray^ Meflieurs, ô^ie vous l'accorde, quecettere- ' cherche de la nature des chofes , lefquclles pour participer Icllrc ne peuucnt cftre que bonnes, mérite toute forte de loiiangcs , & cft feule capable dcternifer la mémoire de ceux qui luy vouent bc cénfacrent le meilleur de leurs eftudes.Mais rechercher foigncufcmcnc


4


r

tiifî


DE LA Roze-CrOiX. *

toutes Icsnouucautcz fabiileufes, &cômmc vnc girouetcc cftrc maiftnfcz par toutes for- tes de baliucrnes,ou comme les enfans cre^u;jf /fgnaommaahe^a^ viucre & effi hommes: ainfi adioufter foy à toutes fortes de rapports &: nouuellcs coceptions , c'eft proprement vcri- fier en vous le dire de Ciccron, Impetmume/l de or. aconjuetudme .-utfuauïtatà cai^fi peccare liceret- & recognoiftrc cet autre deSynefius pourlc-

froaigtofs narrattones afferanturoponet, Cai. 4. C cft toucesfois ce que vous faittes &

pratiquez lourncIJcmcnr, fans'que voftre trop grande crédulité , eftant tous les iours accufec & conuaincuc de faux par le temps . ^rand maiftre &: cenfeur de la vérité, vous ayez le re- gret ui l'amc&: la honte fur le front, quW$ auoir cfté Auditeurs des rcfucries de Poftel

iorsquepubliantles contes de fa mere Jeanne au Collège des Lombards , vous luy prcftiez lî tauorable audiencc,que la grand' falle n cftanc capable de vouscontenir,il eftoic contraint de le mettre à vncfencftre & vous emmy la cour; qu après, dy-ic , auoir fuiuy fon S. lean Bapti- lté admiré vnNoftradamus, couru après vn luif errant,derchirc la robe du Pere à Icfu Ma- ria, adiouftéfoy à tantd'Antechrifts que par Jnterualles accouftumees on vôus annonce en France, & de fraifche mémoire à ccKiy du-

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é IkSTR. $VR LES FrERBS

quel l'hiftoirc en cft fortic en deux luftes vo- lumes : bref après auoir prefté confçncemcnt àtant de menfongcs produits , accrcus & fo- mentez dans voftrc fein, vous foycz encor ac«  cufcz de participer à ceux de vos voifins, &: te- nir pour articles defoy , auecvne infinité de ccrueaux creux melancholiques,lesvirions d vn de Rufefcijfa,\zs refueries d'vn Merlm An- ^lo^ îoachm Alleman , Sauanârole I talten , les contes ^snrhcleffhotede Cuzentùy d'vn Da^-

  1. /4///^,d'vn loa^nes Pariften/ts.Rf^Btcanus.Vier'

t'mtisde CAfdhGertrude, Hilàegrade, Lolhardus, LMemher^cnfts, Ither mirAhilu , &: vne infinité d'autres fcmblablcs Prophéties : Icfquellcs ont dccredtté entre les gens dodesceuxq*!! auoient le mieux meticcdcs lettres. Arnauld de Villeneufuc, le Cardinal Cufan, Cypnan Lcouicc, Poftel, &;vncmfinitéd autres efti- mezlcsplus brillantes lumières delcurfieclc, me ferulroient en vn bcfoin de fidelcs^ô^aU feurez ccfmoignages, lefquels pour auoir trop adioufté de foy à cesProphetics,auflri bien que ce Curé duquel parlent Lindan &: Camera- rius à fon Arithmétique, ne fe font rendus ^w' l moins ridicules voulans prefcrire les dermers ^ • moments de la durée du monde , que ces el- prits broilillons , lefquels voyans n élire faid àit, mention dafls la faindc Efcriturc de la more d'HcJic, Enoch S.Ieanl'Euangclifte^ ont


riuuii îitn*


DE LA Ro2E-CkOIX. , 7

voulu concicquarrcr Icuv immortalité &: ra- ullFcmcnt parvnc fontaine de louucncc dcf- couucrtcenlineBoiuca, 6<:Iavic prolongée j^^, â vn Artus de Bretagne , Paracclfe, & Scba- capT ilien de Portugal, Icfqucls eftans pcut-cftre cachez comme Pythagorc en leurs antres me- a'ccad? ditans quelque mctcmprychofc, ouenfeuclis 7- dufommeil d'Epimenides en quelque defcrt* l'ouo iljcroyentdeuoir paroiftrc&s'efucillerquci- Lcbu- queiour, pour accomplir les dernières mer- '^^ ucilles de leurs aduanturcs. iiti'iî Sic Britonum ridendafidcsy & credului crror Dans Artumm expeâfdt^ expeMit^ percnne. fhry- Mais fur tout, ceux-là me fcmblent dominer auec autant dauantage fur ces foibles ccr- rUi,. ucaux,

^4ntum tentd filent inter vihurns cupreft^ Virgli. lefquelspour faire honte aux Euangcliftes,ac- ^'^^S' ciifcrles Pères de négligence, &monftrorla leçon aux Hiftoriens Ecclcfiaftiqucs, efplu- chent les myftcres de laPaflion de fi prcs,qu'c- flabliffant vnc vérité fur Tingcrtitude de leurs imaginations , ils nous content iufqucs aujc coups de poing ^ de fouet qui s'y doncrenc, voire mcfme font fi clair- voyans que de nous remarquer iufques à mille poindcs en la cou- ronne de noftrc Sauucur. Opinions Icfquclles véritablement font fi plates :$z ridicules, qu'à grand' pciuc me po urrois-ic pcrfuadcr qu'au-


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% Instr. s VR LES Frères trc que ceux qui les inucntenty pcufTcntprc- fter confentcmenc. Et combien que cy dcflus ieme fois grandement dcffic de la conttancc gcncrofitc de nos François , fi faut-il que ie confcfle ingcnuëmcnt ma croyance n*cftrc tellcj qiie fi par furprife ils ont donné quelque entrée aux charmes de ces nouucllcs fupcrfti" tionf, ilsfoicntfi ftupides &: abandonnez de leur ancienne gaillardife &: viuacitc d'cfprir, que leurs rcrueries recogneucs ils veulent da- uantage pcrfiftcr en iccllcs.


Qu^il n*y a iamais eu opinion fi abfurdc (jui n'ait trouué des ccrucaux capables de la receuoir.

C H A l> 1 1 R E H.

t. il efi dangereux de y Tontes les extrana^ rien inmuer es Jcten- ces.

2* Opinions les plus ri- dicules ontîrouuédes fauteurs^


frances reduittes â quatre fortes, 4. Extrauagances en U


Religion.


5. Caprices des hômnus do^es.


1.


  • EsToiT vne opinion laquelle ic

m'eftois autrefois fantafic pour vé- ritable , hors la portée du commun , & digne

couc



tout a faia de la fougue des cfprits de ce fîecle ique cout ainfi que les Politiques remarquent pcrfonne n'auoir iamais èncheri la liberté an prix de fon rang qui n'ait iouy en fin de la pai^ fîble poireffion d icelle: De nicrme pouuions. iious dire, que d entre tous ceux qui font pro- teffion des lettres, le bon.heur en auoit fcule- inent voulu à ces cfprits généreux , lefquels pour n cftrcpalTez fous filence en qualité da- tioir approuuc l'opinion de leurs maiftres, ont eux mcrmes airujetti les autres à Icsfuiurc par la nouueautede leurs opinions. Icftois tafclié de voir que tant d'interprètes cufTcnt apprcfté à dcquoyrireauPoctefatyrique, lefquels pour f rccompcnfeil appelle ScnequcEpift

I cfueillant mesefpritsparlàpoinacdcfesfail- 3* Ub. 1 iics,mcdifoittousicsiours,//i^(;^r;?^^/;^^;> j ijmdnoeCleamhes, tu quid? qucitCque /ub ]tlh I t tnoHcru? Jmpera & dh Ah^nid quod memorU I Tnandemr, ^liqmddetuofrofer, Etpour confef- W ^" f peu de profit que ic voyois auoir cftc faj£t en la cognoiiTancc de la nature par douze mille Interprcte5,qui tous, excepté n-.ùc quelque centaine , ontpcrdu leur temps à cÔ- lib-./:

Attenter Anftotc, me donnoitlahardielTc d'à. uancercettepropofition,&:poin(acrtousmespcn"4; dcacmsalcxecutiond'icellcMaisapresauoir meurcmencconfidcré combien d'opinions ri- dicules , dcchimcrçs U fanUifies ballatdcs ^


jlO HiST. DES FrER.es

confufcs fc glilToicnc parmy nous a l'aducu cette ouuerturc,i ay recognii le dire de Py tha^ goxcypubticd via mn ejfe mcindendum, cftrc vnc calamité très prciudiciabicaux bônes lettres, le capable de précipiter vn homme dans vn labyrinthe inextricable, duquel il ne pourra iamais remporter autre gloire, finond'auoir fcruideviaimcàvn Minotaure, pendant que j fes citoyens iouyffoicnt d'vnc agréable tran- quillité.

2. Ce qui me confirme d'autant plus en la Tcrité d'vn axiome duquel cftint iir.buc accrtené , ic me fuis moy-mefmc dcliurc U af- franchi d'vnc perpétuelle admiration en co ficcle nourricier de tant de mondruoritcz, ca pièges de laquelle fc trouuc iouiricllcmcnc prilc &: enuelopcc vnc infinité de perfonnes pour n'eflrc conduittes par cette cynofurc 52 principe, lequel nous cnfcigne qu'il n'yaia- mais eu opinion fi abfiirde,propofition fi erro- née, maxime tant ridicule,qu elle n'ait trouué place dans la creufc ccruellc de quelques ef- prits fantafqucs &: difioqucz, parl'obftination defquels elle fc gliflc plus facilement entre les bras de ceux qui rcçoiuent toutes fortes d'ex* trauagances fous le pafl'cportdes nouueautez-

3. Si voftre patience me vouloit permettre rfeftablir Icfondemctde cette vente par Tcx- pericnç©,Charon ayant iccucilUlcs diucrfcf


jJOflll


DE LA R OZE-CrOiX. it

Se monftrueufes opinions des hommes csloix' &:ftacuts, &: de l'Ancre vous ayant faid voir diucrfcscxcrauaganccs de leurs actions ; il ne mercfteroic <ju avous reprefenter comme en deux belles pièces de tapi/Terie les diuerfitez qui fe rencontrent tous les iours es deux der- mcrej fources de tant de caprices, fçauoirla profc flTion du culte diuin le cercle de tou- tes lei fcienccs.

4. Ce ne fut iamais mon intention de vous entretenir des trente mille Dieux d'Hefîodc, ou des trois cens lupitcrs de Varron, bien moins de vous embrciitllcr en vne longue fui- te dcdifcours touchant leurs noms, origines, facrifîces, temples, icux, & autres recherches, defquellesStuch. Girard, Verdier,SeIdcn, &: quelques autres ont traité afTez amplement pour fatisfaire à voftre curioficé : mais feule- ment de vous faire voir que nous ne deu rions point nous efmcrueillcr àcBMc^ lequelaeu dix opinions diuerfes d'vne mefmechofe,dcf- quelles neantmoins vne feule pouuoit cllre véritable : veu quvne diucrfitc Ci cftrange s'eO: rencontrée parmy toutes les Religions de la vraye cognoillmce ôc repréfentation d'vn Dieu , de laquelle vne feule , fçauoir la Chre- ftienne,fe peut vanter maintenani:,& la ludai- que pour le palTé. Et pour vous tracer quelque cfchantillon decemeflange , vous vousfou-


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u- Instr.svriesFrer.es uicndrcz aucc moy que les Egyptiens ado^ i?oicnt le chien d'Odris, la vache d'Ifis , &: le mouton d'Ammon j les Romains nonobftant leur fagcflc les Dieux Stcrcucins ArlaDccflo Hippona, qui n'auoienc pour lieux d'adora- tion qnc la chaire percée j &c Pline vous ap- î . p r e n ara que Comètes m vno totim orhis loco coli - .18. tur^ intcmplo Romt^.^ Les Pcrfes auoient pour Dieux lesflcuucs, les Arabes vne pierre, les Scythes vnglaiue, les Thefpicnsvn rameau, les Caricns vne tronche , les Peftinuntiens vn caillou, les Samiens vn puits, les Lampfacien^ vn membre viril, les Troglodytes vne tortue, les Hcliopolitains vn bœuf, les Momcmphy- tcs vne vache,les Leontopolitains vn lyon,les Mendçfiens vn bouc & vne chèvre, les Lyco- politains vn loup, lesThebams vne Aigle, les ThciTaliens la bouffonnerie , quelques autres au temple d'Apollon Aâ:ien les mouches. Et pour ne vous promener fi longtemps parmy les vieilles roincs marurcs de lantiquitCjVe- nons aux peuples qui nous (ontcognus, Icf- quels la nature n'ayant pas totalement fcparez de noftre hantife &: frequentation,nous a faiâ: rccognoiftrc pour aufli cxtrauagans que les autres : les Calicutiens adorent le plus noir & le plus difforme diable qu'ils fepeuucntima- •giner, ceux du Pegu vne mafle de terre le. Mon-ioyccfleuec l^haut qu'on la defcouurç


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DE LA Rozi^C


RO IX.


la plus grand' parc du Royaume; les In- diens vnc grande lande couucrtc de fable, quelques autres proches des Lappons vne piè- ce d cfcatlace de forme quarrcc : Et me fou- uicnt dauoir leuqu'vnc dent de Singccftoic adorcc en quelque autre endroit. Ces inepties font véritablement graF»des, & beaucoup moins fupportablcsquc celles de ce ieune gar- ion qui cftoit à Rome du temps de Bapfiftc 1 Je , lequel , au rapport qu'il en fait en fa Cof- piographic , adoroit publiquement le Solcif s addreflant, pournecognoiftrelcMaiftrc i Ion porte-aamblcau , lequel eft reconnu d'vn chacun pour le Dieufenfiblcdel'vniuers.

S' Si cette première tenture vous a cflé agréable pour cftre reliauflcc d Vnc fi grande multitude de Dieux . l'autre ne vous conuie pas moms à luy prcftcrvoftre œil fauorable cftant diucrfifiee par la folie des hommes : elle vous fera toute nouuelle , &c après auoir fueil- leteil;ruf;ff4trf des cerneaux , l'Exemple, Anato^ me.& Examendes Ej^rks. vous n'y trouuercz ncn de femblablc , ou qui puiffc entrer en pa- rale le auec ecllc-cy : car enicellc Parmenidc mêla pluralité des chofes, Heraclite le pre- mier principe , &: Protogene qu'il y ait rien de vray i Anaxagore noircit la neige, Copernic roullc la terre, vn aiicrc duquel parle Viues après 1 auoir bien mcfurce la trouue plus gran.

B iijK


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Ï4 ÏKSTR. s vu LES F rERES

lib.T.ac de que le Soleil , Aucrroes fe iouc auec vn pe- tit garfon qui auoit cfté conccu dans vn bain; ârtmm; Gilbert TAnglois efl: occupe à crayonner la Topographie de Ton monde lunaire , Icshabi- tans d'alentour le fleuue d'Abaiba au nou- ucau monde s'y oppofcnt, difans qu'il n'y a dans ce Rond qu vn homme , lequel eft tour- menté entre le froid & le chaud pour auoir Petr. commis vn incefte; Albert le grand les dcf- mcnt^tousdeux, pour n'y auoir rccognuquo dccad. la figure d\n lyon,d vn arbre, &r dVn hommo 7 «1= à genoux ; fondifciple defcrit naïfuement les !Î1 cffcàs d'vnc pollution nodurnc Abclard y naturalife le myfterc delaTrmite, Démons s'amufc à philofopher fur le quart de Rien, Mouilhct trouue la vérité en la vie, Fludfait lademonftration defcs figures, Pierre d'Apo- no donne Texplication de celles qu'il a fai6\: peindre dans la grand' falle duPaUis dcPa- doue , &: T Abbc loachim contemple les ficnr nés dans leTemplc deS.MarcàVenifc, car pour celles qui reprcfefltent l'Eftat des Papes, il les a données à expliquer àvnPaulusde la Scala. Vous y verrez au (S vn Vigenere lequel cnfeignc à trier les plus myfterieux lambeaux de la Chimie. Magie , Cabale & A ftronomie, pour en rehauffer fes ocuures à baftons rom- pus 5 vn Léonard Turneiflcrus qui d'Orfcure dcucnu Médecin , cnfeigne à cueillir les fiin^


DE LA RoZI-CroK, if

fhs fous la condcllation qui Icurcftfauora- j blc : vn Erncfte Burgraue lequel forge des ul armes a vn Clieualicr enchante & inuulncra- ble; vn Zenocarc qui adcfcouucrclcmyfte- rieux Tcpcenairc fatal à Charles quinr.vn Aui* ccnnc qui fait naiftrc les hommes de pourri- turc, vn Gérard Dornqui Ictauiucdansvnc bouteille, vn Marquis Anglois qui fc fait cou- pcriagorge pour rajeunir dans vn fumier, vu Baccon qui forge des miroirs dcfquels l'Ante- chrift fcferuira pour faire des miracl es, les illuminez Frères de laRozc-CroixlcfqucIsy rcfTufcitent des finges Se perroquets. Mais quoy, c'cft trop s arrefter à vn coin de cette pièce i venez à cet autre, & obligez do voftrc fauorabic audience vue troupe de ces Mef- w- 1 lesquels vous veulent interpréter leurs

l. » œuures,Conrardfon Amphithéâtre, Trithc- I l me fa Steganographic,Dee fa Monade hiero- glypliiquc, George Vénitien fon Harmonie r du monde , BouucUc l'excellent traidc qu'il a ^otnpofc ^e/^luf^uamm/jiU^ Auguftin Panthec Ion FûdrchaditmU, Bccan fes origines, Canda- Je fon Pimandre,Thyart fa Mufiquc, Gemm< faCycIognomonic, Brunuslcs vmbrcsdefes; Idées . Raymond Lullc la Dialedique, Para^' I celfcfon Commentaire de Magic qu'il a com- I pofcfurrApocalypfe, Cayerhiftorienduluif errant fe traduaion du (Jmldift Schatz. vnd


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i6 Instr.svr lbsFreres KunrtKamuer: bref, MclTicurs, Kepler s offre pour vous dcfennuyer de vous nionftrcr la ta- blature de Ton Harmonie celeftc, Sandorius de vous cnfcigner le moyen de cognoiftre la quantité de rinfcnfiblc tranfpiration qui fc fair en vous , U Cardan de prefcrire au iufte combien d'air vous refpirez iourncllemcutj Fufii vous prouuera que Fontanicr &: Va- nin eftànsau milieu du buclicr ardent furent pluftofteftouffcz de la fumée quecofommcz par fa chaleur r parce que fuiuant les raifons qu'il en donne enfon Maftïgofhore^ Icfcueft pluftofl froid que chaud : Major vous offrira fcs argumens fophiftiques capables de prou- iier que les Frères de la Rozc Croix font à vos portes; Hentifbcrusfcs inuinciblesfubtilitez, & SuifTct, au trcn^cnt nomme C4/(f/^/4/tfr, xvt, difcours en Philofopliic fi fubtilcment tiffus Jib. T<f. &compofez,queCardanmefme Autheurdc 4c fub- la Subtilité eft contraint de confcffcr que //? itm vnïco argumenta , quU contra experintentum dereatHoneelt {olttenâo, totalabôrauitpofleritas„ Cet efchantillon , Mclfieurs, «ft aflcz capable de vous faire iuger du rcfte de la pièce > &re-- cognoiflre les iugemcns- fourbus de ceux qui j)our donner carrière à leurs inepties ^ nons foint redouté d'immoler leur nom à la rifcC 4u public»


De ia Roze^Croix.


mi'.


Hiftoire des Frères de la R. C. plus ab-' furde que toutes les précédentes, ôc par quel moyen elle a elle cognuë en France.

Chapitre II I.


î. Premier degré de fa- g^ffc > cognpijire ce qui

J§|^'/7 n'y a opinion fi ab furde que VhtHoi- re des Frères de la Ro- z^e- Croix. Leurs efcrits font in-


3'


utiles^ é-ne peuuent

estre entendus. 4' Premières nouuelles

d'îceuxy auec les rai»

Jms affirmatiues. /. Publication de leurs

affiches dans Parts.



ACTANCE, le Ciccron des Théo-: ^ logicns, nous donne vn prccc«cc le- quel fi nous eftions auflî àKpokz à con (idcrcr quc par vne promptitude Françoi/c nousea

techcrchonsvneinfinitédautrcsJeOiucIsco- me dic Scneque , nec ignoranti nocent , necfcien. r -n.

/.«.//.^.;;/;,Iyalongtempsquenousàurions;^^^^^^^ triomphe dvnc infinité de rcfucries&nicn-*- ionges, qux necpueri credunt.nifiqui nond.m ^re Imantur. Car ce fçauant Théologien nous ad^ wetcic que le pf cmicr degré de f^igcfTe , la ba(ç

C



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Initr^svr les Frères Se le fondement d'vneheureufe eonduittc, &: le chemin d'v .c parfaire &: confommeefeli- cicCjCft de cognbiftrc Pcrfius fûlidum crêpe tfé' pi^^ teBoria lingn£^

faiyr.;. ^ifccrner &: choifîr le vray d'auecle faux , trier le diamant entre les hapclourdes,& en vn mot ne felaifTerfurprendrc à aucune chofe , pour laquelle on puiflc eftre quelque iour foupçon- ne d'vne trop grande Icgeretc , Primns , dit il, fafientUgradus^€ftfal(a intdUgere,

2. Sur lequel axiome, auec ccluy que ie Vous ay déduit au chapitre précèdent , ayant fonde comme fur deux bafes tres-afTeurees les premiers deflcins de cette Inftru£lion, i'ofc en pourfuiure & continuer le baftimcnt, & vous faire voir par viues raifons, que fi Plutarque & Calcagnin ont autrefois mis la main à la plu- me, pour monftrer que les Stoïques difoient des chofes plus incroyables cent fois que les Poètes & conteurs de fables; filaNoiieade- ftinc vn chapitre de fes Difcoors politiques à inuediuer contre IcsAmadis ; fil'Efpagnola mis au iour Dom Qmxote de la Manche pour nous deftourner de la ledurc de ces vieux Canteres &r Romansi fi Lucian a déclamé c6 - tre les fabulcufes narrations,- bref que fi Ton efcrit tous les iours contre les Hérétiques $ Aftrologues ,Chymiftcs , Magiciens, Ciarla- laos, <^ idgenns mm: l'on çft oblige à plus for j


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DE LA Roze'Croix. te raifon de vous defcouurir la marte 6c deflîl- ler les yeux, pour vous faire recognoiftre que l'opinion anticipée de ces illuminez Frères de la R. C. ôc de leurs effeârs prodigieux &: mira- çlcs, que vous fomentez &: permettez pren- dre racine dans le fablon mouuant de vos ima- ginations , tant s'en faut qu elle foit plus vray- icmblable que les caprices cnarrecs ey defTus ou les préceptes des Stoïques , fidions des Poètes , contes des Fabuliftes, menfonges des Amadis , niaiferies des Romans , inepties des narrations Lucianiqucs,ou impoft:ures,ia£baa- ces,fuperftirions &: ignorances desChy milles, Aftrologucs , Magiciens &c Ciarlatans ; qu'au contraire elle cft totalement vainc , faulTc , ^ impoflîblc , ne participant autre eftrc que ce- luy de l'Abbaye de Tlieleme dans Rabelais,de liu. laLefincparmy les Italiens,des voix de Rucc- H lin ,des vniuerfaux d'Occham,dc l'afne de Bu- ridan, anges des Saduceens, Vtopic de Morus fécondes intentions, vuide, infini, equinitc*, mont-d'or, chimère , & e/fs rationis des Phiio- fophes. Ceschofcs luyeftans en cela diflcm- blables, qu'elles font produirtes comme quel- ques ronces, broflailles &:efpines , pour feruir de clofture à l'agréable & odoriférant iardin de la Philofophie &: fpeculation des caufcs, fondée fur le parterre de la N ature, vray iardia des Hcfpcridcs , & tableau raccourci du Para-

Cij


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'XO ÏNSTR. SVR LES Frî RES

dis tcrrcftre; où au Iicudc tantdcdcliccsccs tenebrions &r Anacritiqiics Frcrcsdela R.C» aprcs vous auoir alléché aucc leurs images, figures I filtres fpecicux, triangles, &:myfte- tieux lehouah, Horat. Telutipuem dant crufl:(tU, hUndi

VoBores^ élément a velint vt dijcere prima, vous attirent en fin dans vn taillis cfpais d'i- gnorance, ouen quelque labyrinthe de con- fufion, ne vous laifTant qu'vn regret perpétuel en l'amcd auoir cfté fi crédules, qucdadiou- flcr fov à leurs faux viri)gcs,&: auoir puifc dans

  • cette fange relentie&:^ bourbe empunaifee ce

qucles pluschrirtalinesfourcesdc toute l'an- tiquité ©ffroient a vos mérites. Et puis ie vous fais iuges vous mcfmes s'il n'y a pas fujet de vous reprocher fcrieufcmcnt ce que Pruden- ce difoit par rifcG, Nos iUy Nile^ colis y hos & tu^ Tyhrts ^adoras. 3. Car ic vous demande 5 Meflieurs , après auoir leu leurs liurcs,fueilletc leurs efcrits,de- chifFfé leurs énigmes , auez-vous iamais peu conceuoir leurs delTcins, remarquer leurs principes, ou entrer en cognoiffancede quel- qu'vne de leurs conclufion s?Ie croy que vous m'accorderez pluftofl: que Chi?nera in vacua hombillans ypofsitcomcdere fecnndas intentiones^ que de me confeficr que vous ayez iamais remporté quelque fruid&: foulagei;icnt de



cratico.


I delaRozeCroix. 2î

' ce trauail , Se que vous aimeriez beaucoup mieux eftre condamnez de chercher la lumiè- re dans les ténèbres d'Anaxagorc, vous in- (truire en l'ignorance de Socracc , tirer la vc- ricé du puits de Democrite, chercher la Reli- gion dans le tonneau de Diogcne, ou vous acquérir de la prudence par la folie d'Empe- doclc,quc d expliquer leurs logogriphes, pa- raboles , figures metamorphofes , pour ne pouuoir cueillir du milieu de tant d'cfpines vnc feule rofe d'érudition. Oeil pourquoy voyant auec Sanfberienfis que nihileflinfœU^ in Po! ctHS qtdàmincomquominimîiproficias flurimum laborare: i'ay délibère de vous foulager de cet- te mifere , & fendre le premier la glace , trtin^ corj^fimiâimmhemu^ m'oppofant à toutes ces faulîcs refile l ies &: perfuafions, vous en fairo recognoiftrc la vérité entierc,&: vous condui- re infenfibicment à la defcouucrte de cette tromperie, ne

Dira perincautum firpam contagia vulgus. Ce que pour cfFeduer plus facilement , ic me feruiray de l'axiome des Médecins , qui eum ^ re6ie curaturum dicunt , cjuem prima, origo cafifiiib.u^ mrt fefellerit : me perfuadant qu'aptes auoir fouille, defcouucrt& tronçonne cet arbre à la racine , il me ferafacile de fagoter fcs bran- ches,& en faire des bourrées, lefqucllcs fc ré- duiront en cendres foudain qu'elles feront

C iij


%i Instr.svr.iesFrek.es cfGhaufFccs par la moindre flamme du feu do la vérité.

4. C'cft vn bruit commun qui court main- tenant le tapis déroutes les compagnies, qui fuperbc ÔC enflé du lieu de Ton origine , fc communique à toute la Franccquapres tant de nouueautcz que laage de nos derniets pa- ïens a vcu naiftre , après vn autre monde dcf- couucrtjlcs canons,bouflbIcs,nouucauxcha- radlercs, horloges , 6c vne infinité d'autres fe- crets inuentczja Religion, Médecine, Aftro- logie, &c toutes les autres fciences gradcment altérées parvnefTcinde nouuelles opinions, la nature ioiiant defonrcfte, &: faifant vn ra- mas de toutes Ces forces en fon dernier aag© décrépits»!: caffé, nous a voulu faire voirie* pitomc de fcs merueille$,le nerf de fa puiflan- ce, &c le centre de toutes fcs vertus , donnant vogue à vne compagnie de certains Frères, il- luminez de facognoiflance, pourles mettre en parangon déroutes les merueilles qui fu- rent oncques Se pourront eftrc , fi toutes fois l'on en peut efperer d'autres après celles-cy, luy communiquant en blot &:en maflc tou- tes les vertus &: proprietcz qu'elle auoit par- ticulièrement diftribuces à toutes les efpeces de fes créatures. C'eftpourquoy il ne fefaut point efmerueiller fi comme vn Giges ils fe rendent inuifibles,commc vn Amphion v^w-


DE LA Roze-CroiX, 25' nés & gemmas ad fealltcmnt^ commcvnlanus ilsiugcntdupafTc ^dcladucnir, comme vn Dcdalcils fcguindcnc cnrair& ferranfpor- tcnt de rOriçnt à l'Occident , du Midi au Se- ptcntiion , parvn des moindres reflorts&fc- crcts de leur Cabale : finalement û comme va autre Apollonius ils donnent loy aux dcfti- nces, mairtrifcnt À: gourmandent toutes les autres créatures. Ceux qui veulent donner quelque luftrcdc vérité à Jeurs difcours, &: confirmer par la raifoii ce qu'ils défirent eîlrc f enu pour vray femblabîe , après s cftre portez pour tefmoins auriculaires de leurs appari- tions,&: auoir produit des Aduocats,Gentils- hommcs &:Prefidens qui pourroient rendre alleurc tefmoignagc de cette Congrégation, adiouftent que l'homme cftant rabbregc &: raccourcy de toutes les mcrueillcs, le chef- d'ocuure de la nature, lemicrocofme dedans lequel rcluifent tous les miracles de ce grand Vniuers , &:lc fcul objet capable de donner branflc \ cette machine, & faire rouler tous fcs globes pour enrichir de leurs influences le thiefordc fes pcrfcdions, s'il vient vnc fois a bourfoufflcr Jcs voiles de fon trauail par le tranmontantdc fon induftric,il ncfc peut fai- re autrement qu'il ne poulie le vailTeau de fes recherches auec vne tres-heureufc couduitte au port de toutes fes intentions.



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loan.

Anax- uillan- II as, Archit. cap. 1 . hb.J.


24 Instr. svR LES Frères Velificatur Athos: duhîo mare ponte ligatur: Remus arat colles ^pedthus ffthjlermturvnda: Puppe mtatuY humus\peUgi Tethys exuit vÇum: Salmoncm fulmen iaculatfir:Dcdalus alas Induit: ingenijfuror inflat, & muta prxceps Rumpitî ^ artifici cedit natura labori, C'cfl: pourquoy il 11 y a point d'impoflibilitc, qu aprcsvn autre monde dcfcouuerr, ccttuy- cy tellement changc,accompIy & pctfcdtion- né,que l'on n'y recognoift plus rien de (on an- cienne (lupidité &: rudefTe : bref l'ceconomic des Cieux dcfcouucxtc &: manifcftee par les obreruations d'vnTycho-brahéj&les lunettes de Galilei : comme toutes chofcs tendent a leur fin 5c buttent à vnc dernière perferfion, il femblequ'icelle ayant eftc déniée à nos pè- res , elle Toit maintenant prefte d efclatter par le moyen de cette Compagnie, laquelle fem- ble cftre fufcitee par celuy qui gouucrne tout cet Vniuers, pour confirmer par tant de mira- cles &: opérations inouycs cette inftauration future promife parles Efcritures, annonce© par les plus clair-voyans d'entre les hommes, &: (buhairtable à va chacun. Véritablement tous ces dilcours font émerueil labiés, ces pto- pofitions fublimes, &: n'ayans rien du com- mun, Sclefquelles charment pluficurspar le fucrc de l'ours paroles emmiellées a humer plus facilement le venim de leurs tromperies



DE LA RoZE-CrOIX.

^ déception : Mais fi quelques cfprits qui no participent rien du Mercure, dcmcurans fer- mes au dongcon de leur iugcmcnt, Defficere vnde quenrit aliûs^ p^fi^£ vider e Errantes^

& faifant comme les lurifconfukes, idem indi- cium de iis qujt non fnnt y.& qtunon apparent^ viennent à s'informer de la réalité de ces cho- ies, efpluchcr de plus prés U fonder iufques au fond ces belles narrations,

Et tenture cauas vtm^ & terehrare Utthrxs: iis trouueront au bout de leurs recherches que c'eft vn bruit femc par quelques perfonncs fcmblablcs aux Philofophcs Potamoniques, defqucls parle Suidas , Icfqucls dcftitucz de leur propre iugcmetnc trouuoient bon,niau. uais ou agréable que ce qui fcmbloit tel aux autres j ou plu ftoft que cefl: le bruit commun d'vnepopulacc^à laquelle Senequc nefe vou- de viu droit pas fier d'vn fi grand myftcrei ^uren- dum^ dit-il, non quodvulgopUcetypejumoveritA' tisinterpreti: & Perfc défend abfolumct qu'on ne l'cfcoutcen tout ce qu'elle pourroit dire, NeqimpLim populo bihuLis donauerts aures. ^^^^^ ^ 5. Toutesfois fi nous voulons pafier plus auant, &: rechercher precifémertt la première caufc de cette bourrafquc, laquelle foulîlc maintenant dans noscampagncs, nous trou- verons que le bruit de cette confraternité s'e-

D


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lé Instr.s LES Freris ftanc cfpandu depuis peu par l'AUcmagnc,' quelques Profcflcurs, Médecins & perfonncs fïudieufes de cette ville , auoient eu cette cu«  riofitc que d'en rechercher la cognoiffancc, par le moyen des liurcs nouucaux qui leur cftoient communiquez par les Libraires après leur retour de la foire de Francfort, lefqucls neantmoins n'y recognoiffans rien que des chimères &: fanfaron neries, aimoient beau- coup mieux en attendant la farce prendre le plaifir de cette Comédie,

^uam pminus vrhi Pan dm y tes ait a (ylua & caligine merfas^ te mettre leurs renommées en compromis pour eneftrc les premiers dénonciateurs , iu- geans qu'il y auoit aflcz de fols dans Paris pour nclaifl'er croupir cette marote. Etdefaidtily a cnuiron trois mois que quelqu'vn d'iceux voyant que le Roy cftant à Fonr * inebleau , le Royaume tranquille, hc Manskldtrop efloi- gnc pour en auoir tous les iours des nouuclles, l'on manquoit de difcours fur le Change, &: &: par toutes les compagnies , s'aduifa pour vous en fournir de placarder par les carrefours ce billet contenant fix lignes manufcritcs,du- qucli'ay iugceftrc à propos de vous commu-* niqucr la copie , pour foulager vnc infinité de perfonnes qui nclonc vcvië, denbarboiiiller îcurs tablettes»


I DE LA R0ZE-Cr.0IX.^ 27

JSlous députez, du' Collège principal des Frères de lalRoXe- Croix. fap- fons fejour ^vifible^ inuifthle en cette viUe ^ parla grâce du Très- haut y'vers lequel fè tourne le cœur des lu/les. Nous mon lirons enjeignons jam liures ny mar^ quesd parler toutes fortes de lan-- gues des pays ou muions eflre^ pour tirer les hommes nosfemhla--^ bles d'erreur de mort,

m.

cette affichc> McflîeurSjlaquellc comme lemcflager des Latins dans Virgile, Hb.7: JngenteSi ignota in vefle reportât ^^^c^*?* AdueniJJèviros: h & vérifie ce prouerbe des Italiens à noftre dcf- auantagc , vn Mattoneficemo: c cft cette mé- daille laquelle vous ayant précipité par fa première face à croire quelle neftoit pas du tout à rejetter , m'excite par Ton reuers à vouf reprefenter &: faire entendre, quefuiuantlc dire de Seneque , opinione Upius qtûm ràpfit ^^^orAmus'.-^hiraJumquAnostenem.quÀmqudB. f remuât: & par mcrmc moyen donner lour &2


"j:iis

DU*


2S ÎNfTR. SVR LES FrEPvES

«pfucntcr aux Allemands raefme, tout ce qui Seneca ccttc bcllc fraternité, c'cft vnc chofcfa- çpift. cilc , decipimt nihil hahent folidiy tenue efl So.lib. tnendacium ^ ferlucet fl diligenter ivffexerà. Il n'effc point dcbefoin du glaiuc d'Alexandre, des yeux dVnc LamiCjOu de cjuelquc Ocdipe, pour cndeflicr, rccognoiftrc & expliquer la vcritc. Q^ant à moy, ic me pcrfuade qu'après que ic vous en auray rcprefenté l'hiftoire pu- re,fimplc, fans aucune gloffc ou interpréta- tion , elle fera tellement defcrcditee en voftrc endroit , que les raifons que ie luy ietteray en queue pour la défaire & harafler vous fe-» rbnt pluftoft recommandables pour confir- mer voftre opinion, que non pas pour fauoir defgagee dç cette pcrfiiafion fi ridicule.

Hiftoire au vtay des Frètes de la R.C

Chapitre I V.. t. Les chfès dmines, 3 , Lctitrs lùix, & articles, naturelles fortuites^ 4. Defcrtpionde lagifo-


cferent far de petits, ■princifes» 2- » // iftoire du fondateur des Frères delaR. C.


te & tombeau du Fre^ re illumine R. C. 5. Conclu fmn contre to%* tes ces inepties .

I. ^Ti| 'Av fouuentefois eftiméqu Vnedcs plus rclcuecs contemplations fur lef- quclics riiommc pouuoir exercer les diucrs


ï I


M'


DE LA RoZE-CroIX. 29

f eforts de fon cfprit,pour en tirer quelque rai- fon, cftoiccc que nous voyons tous lesiours pratiquer par h naturc,laqucllc â de couftumc de tirer la grandeur de (es ocuures de la pctitcf- le de leurs principes , & d vn foible commeii- I cenientics mener au progrès d'yucpcrfedion . ûCGÔpiie.Ce que ie ne croi point qu'elle puifFe participer d'autres que de ce premier moteur &: grand ouuricrcclefte, lequel ayant par£iic &: accompli les deux plus grands mvfteresdc fa Diuinitc par vne fimple parole, a voulu que celle qu'il auoit créée de fi peu de chofc prati- quaft cet exemple en la production de toute* les créatures. Comme en cScà nous voyons les plus hauts,&: ces Tpacieux chcfncs du nou- ucau monde fur le touffu branchage defquels les Roys de ce pays eftablifTcnt leur palais &:

demeurc/cftre produits dvn petit germe Se les clephans & balcncs d'vn atome, s'il fiut amfi parler de femencc, en comparaison de eurs corps. Mais la Nature n'eft pas toute feu- le qui fe peut vanter de cette grâce, les plus petits animaux , beftiolcs & infedcs, produi- sent quelquefois des effeds miraculeux en vertu de cepriuilcge: & ce que les hommes par le feu , le fer & la force , on t à grand' peine peu accomplir, les connils, taulpej , grenouil- les , fautcrellcs , ferpcns & pafTereaux, en font venus a boutchcrchans leur nourriture. Ca^

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mcrarius en pourfuit les exemples, &ivoftr© lime I. ^ç^^c ne VOUS permet pa5 d'en douter.

ParauUnawtoumferuadttfufulacœltimy ^

Jtt, hi- ^ftoq-y videtoculi nimiU efiy eu maxmd cernât . Et p^ur eftendre cette contcplation aux cho- fcs fortuites aufli bien qu'aux diurnes &na-

ftrp;. turelles , n cft-ce pas vue chore furpaiTante la portée de noftre cfprit , qu vn Anus , vn Lu- ther, vnCaluin , 1 opprobre de leurs pays & U hotc des homes , enfermez dans leurs eftudcs, broûillans la carte U le papier.pal: vne douzai- ne de nouuelles propofitions ayen t arme le fils contre le pere, boulcuerfc les plus grandes Monarchies,^: pcfc cftcmdre la race du genre humain » occafionné de fi grands malheur^ &: calamitez,quc ic fuis contramt de dire aucc Lucrèce,

. Tantum rellfgio fctuit fuaderc maloYtm,

ou plus véritablement,

Rdïigio feferitfceUratâ & impiafacfa. îSl'cft-cc pas vne merueille du toutcftrangû que les i£tolcs&: Arcades s'acharnèrent àU guerre pour vne hure de fangl icr,ceux deCar- ■Ba-^n thagc &: de Bifague pour le fuH d^n brigan- Uhtc^. tin; IçDucdeBourgongne&lcsSuiflespour vn chariot de peaux de mouton, les Frifons &: rV^/. les Romains dû temps de Drufus pour des cuirs de bœufs ; te finalement que les Pii^es fûrcnt entièrement dcftruits par Ici^Efcoffois


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I lous ombre de quelques chicnjperdus.'&l'hi- ftoirc de Paodore n'ell-elle pas encore plus c.,ku- ridicule . lequel fut mis au nombre des Dieux par la corne de fon bélier ! La mcrueille deces TiJ' , chofes pourroitpeut-eftrc inciter quclquVriiC' ! a lugcr qu elles font fins excmpleen ce fieclc- I mais fans alltr plus loingfix lignes d'efcrituro f "±*2£«>§^ nois fueilics de papier pour l'AI- lemagnejous l'adùeu defquelles s'eft «.lUTee au mondFla créance que l'on a de ces forla]ins.Nubicns &Cingariftcs de laRozcCroix pourront fournir de quoyiktisfaire àleurcurol.te. Ce que vous admirerez dauantagc quand par le difcours fuiuant vous aurez ri cognu leurs inepties, le narré defquelles ic vousdonne pourmacquitter dcma promef- lc, & vous prie de leconfidercr, cmm ,ut N -"!

P^,";- ,'iiiLi£iL I"n Bringern imprima à .o,. Francfort vn liure en Allemand contenant i;'" :' deux opufculcs, intitulées Manifeftc&con- ^^ ' ' teflion de foy des Frères delaR.C.lefqûels pour eftrc les deiix premières qui on t an noce Icsnouuelles deeette congregat.on.nousap. prennent que le premier fondateur d'icellc tutvn Allemand, lequel cftant né rannyg parens fort pauurcsK iieccfficeux. q4y que nobles & de bonne maifon, fut nlvl eux a 1 aage de cinq ans dans va Monal1:ere,où



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3* InSTR. SVR. LES Frires

il acquit la cognoiffancc de la langue Grecque & Latine, dcfquclles eftantalTez bienfoutny ilcnfortità raagcdcfcizcans, &:saccoltanc de quelques Magiciens il apprit leurs fcienccs, &; vcfcut auec eux l'efpacc de cinq ans , lel- quels accomplis il commença à vmgt vn an fcs vovaees , premièrement en Turquie , ou U • acqtùt vne partiede fa doàrinc . & v.f.ta vnc cité d- Arabie nÔmee Damcar , laquelle eitoit feulement habitée deJPhilofophçs viuans d v- ne façon toute extra6rdinaire, Si tortvcrlcz en la cognoiffance de la nature , lefquels le rc- ceurent auffi gracicufement 5£ auec autant de

courtoiCe & tefmoignage d'amiiie , que les Brachmanes auoient faift autrefois Thya- née , le faluerent par fon propre nom lans qu-il leur euft diû ou manifcfté , luy teuclc- rëtplufieurschofesqui scftoient paffces dans fon Monaftcrc pendant le fcjour d oitzcans qu'il y auoit fuift, l'affcurent qu'ils 1 auoient Ions temps attendu, comme celuy qui deuoic cftri 1-autheut d' vnc générale rcformation en

r Vniuersr&T^oromî^^'^P*'^^^ ^"^

té de leurs fecrets, defquels eftanr poutueu , il

en partit âpres y auoir demeure trois ans, Se

s-aehemina uifques.ea£i*aric.r ^' ^ c IcdeFcz, le ayant communique auec les M- ces & Cabaliftes qui y font en grand nombre. l paffa en Efpagne, de UquCtk eftint challe


•.;.c



D£ LA Roze-Croi^T. 3| parce qu il y vouloir eftablir les premiers fon- démens de fonlndauration, ilfnt contrainc de fc recirer en fon pays natal d'Allemagne, auquel il vefcut folitàirement iufquçsà IWc de cent fixant; qu'cftant encor fàin de iugc- • ment & bien difporc de tous fes membrcs,fans participer aucune incommodité de maladie, P^cu reimionc^ by l'an i^S^.Mflkiut: , ion corps dedans fa grottela^uellc luy feruic de tombeau, iu fques a ce quel 20 ans après, qui cftoicic temps qu e ce fepulc Kre dcuoic cftrc fecrct ^cach^ilfat^^

na fujet à la corrélation d es Frères d e la R.C« _ 3. Ils fc trouuercnt quatre au commence- ^Vf^ ment, &: depuis fe font aGcrcus& augmentez iufques au nombre de huid, lefquels cftans tous vierges ont voulu fe donner à cognoiftrc au monde fous le nom 8c epirhetc de leur pre- mier fondateur,lcquel n a iainais cfté recognu par autre tiltre que^celuyje Frcrç illumine dd la R. C. auec vne ferme refolutioiTiToEîcrucr les loix & principaux poinds de la règle quVi leur auoit laiflcc, fçauqird'cxercer la Medeci- n e charitablem ent fans prcn^Fe aucûncre- compenfe. "~

Seveftir fuiuantla rriodcdu pays auquel ils fe rencontreront, fetrouuer tous les ans vn® fois à la Congrégation.

Choifîr quand bcfoin cnfcra vnfucccrfeur

È


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34 Instr. svr les Frères idoine &: capable de tenir leur place &:lc$rc- prefcncer.

Auoir le charaderc de la R .C.pour marque

fy mbolc de leur Congrégation.

Donner ordre_^ç]e U£U JêJ^ui fcpulturc foie incognu quâud il arriuera àquelqû'vn S^u^TSc mourir en pays eftrange.

Tenir leur Congrégation fecretc & cachée par Tefpace de fix vingts ans , &: croire ferme- ment que cette compagnie venant à faillir elle pouuoit eftrc rcdintcgrce au fepulchre & mo- nument de leur premier fondateur.

Tous lefquels préceptes cftans fort faciles à exécuter , ils fç vantent neantmoins d'obte- nir par robfcruation d'iceux des grâces & fa- cultcz fi ineftimables, que Dieu iufques au iourd'huy n*en a point communique de fcmblablcs à pas vne de Tes créatures.

Car ils difent aflcurent que les médita- tions de leur p'rer riiegt ondateur excédent 6c furpafTent tout ce qui a iamais eftc cognu, trouuc, ou entêdu depuis la création du mon- de, par elludc humaine, reuclation diuine^ou miniftçre des Anges.

Qu'ils fontdeftinez pour accomplir la pro- chaine inftauration de toutes les chofes de ce monde en vn meilleur e ftat , deuant que fa fin arriue.

Qu^ils poflcdcnt la fagcffc 6c gietc en vn fupreme «îcgréj &: que pour tout ce qui fcpcut defirer des graccTâcTa'Nature, ifs en Tontpai* fiblespôffeteûrsT^^es pcuuent difpenfer fé- lon qu'ils îeTugchtl propos.

Qîi^en quelque li.çu, quais foient ils cognoif- fent nîieux toutcsJcs^ch©rcs qui fepaflcntau refte du monde , que fi elles leur eftoient prc- fentes.

Qujls ne font fub; ets à la faim, foif, vieillef- > fe, maladie, ou autre incommodité.

Qu'ils cognoiflent par reuelation ceux qui font dignes d'eflre admis en leur compagnie.

Q^ils peuuent en tout temps viurc comme s'ils auoient eftc des le commencement du monde, ou s'ils eftoient pour demeurer iuf. quesàlafin.

Q^rils ontvn volume dans lequel ils peu- uent apprendre tout ce quTefl dans lês'au très liurcs qui font &: qui pourront iamais eftre.

Qu'ils peuuent forcer à leur feruicelesef- prits ^ démons les plus puiirants,&: tirer à eux les perles Ô«: pierres precicufes par la vertu de . leur chant.

Que Dieu les a couuert d'vne nuee pour les défendre de leurs ennemis, &:que pcrfonnc ne les peut voir qui n ait les yeux plusperçans qu'vn Aigle.

Que les hui£l: premiers Frères de leur com- pagnie auoient la grâce de guérir les malades


5^ lïïSTR. s VR LES FrERÎS

û abondante en eux , cjue la mqkicudc des af- fligez leur caufoit de rempefchcmcnt ; Se que Tvn d'iccuxforç verfc en la Cabale , comme le tcfmoigne fonliureH, auoit guery de ladre- rie le Comte de Norfolt en Angleterre.

Que Dieu a délibéré démultiplier le nom- bre de leur compagnie.

Qii'ils ont trouué vn nouuel idiome pouï exprimer la nature de toutes les chofes.

Que par leur moyen le triple Diadème du Pape fera reduTtcn poudre.

Qu'ils confcflent librement,&: publient fans aucune crainte d'en eftre repris, que le Pape cftl'Antechrifl:.

Qu'ils condamnent les blafphemesderO- rient Se Occident , c cfl: à dire de Mahomet du Pape, & rccognoiflcnt deux Sacremens, »uec les cérémonies de la première Eglifc rc- nouueîlee.

Qu^^ils rccognoiflcnt laquatriefme Monar- chie, &: l'Empereur des Romains pour chef d'eux &c de tous les Chreftienî.

Qu^ils luy fourniront plus d'or &: d'argent j que le Roy d'Efpagne n'en tire de reuenu des i Indes tant Orientales qu'Occidentales, d'au- ïant que leurs threfors ne peuucnt iamais eftrc cfpuifez.

Que leur Collcgc , lequel ils nomment du S. Esprit/ ne peut iamais eftrc endommage^


DE LA RoZE-CrOIX.

«combien que cent mille perfonnes rcuflcnc VC11& remarqué.

Que leur Bibliothèque efl: garnie de plu- (îcurs liurcs my ftericux,le premier defqucls fc nomme les Axiomes ^ le fécond leProthem, le troifiefmc la Roue; les autres font deux liurcs

monde ^ le premier traduit d'Arabe en Latin par leur fondateur durant le fcjour q«j'il fit à la ville de Damcar^Xc fécond compofc p.ir cuxjvn grand Diélionairej & le dernier, qui leur cil le plus vtile de tous après la Bible, crtccluy que tenoit le Rcucrend Pere illumine R. C. en fa main dextre après fa mort.

Qi£ils font certains aflcurcz que la vérité de leurs maximes doit durer iufqucsà la der- nière période du monde.

Bref ils aflcurent qu'ils ne parlent point en cnigmcs ou paraboles, qu'ils ne veulent point cftre recognus pour Autheurs de quelques nouueautez; &: proteftent que perfonne ne doit cftimcr la confeflion detantdemerueil- Icsleureftreefchappee par inaduertancc , ou auoir eftc publiée par malice.

4. Au demeurant ils difentque lafpelun- que ou grotte en laquelle repofoitlecorpsde leur fondateur , cftoiTcfclaîrce d'vnfoleilqui cftoitau fond de cet antre STcaucrnc, & le- quel receuant fa lumière dufoleil du monde, donnoit moyen de recognoiftre toutes les bel]


3S InSTR. s VR LES Frehes les rarctez qui eftoicnt en iccllc , & première- itientvnc platine decuiure pofee fur vn autel rond, dedans laquelle efloit cfcrit , A, C, R, C, viuant te me fuis re fer ué four fepulchre cet abbregé de lumière : hc quatre figures auec leurs épi- graphes, la première, Jamais vuide, la féconde le iougdela loy^ la troificfmc liberté àet Euangile^ la dernière Gloire de Dieu entière, 11 y auoit aufïï des lampes ardentes,» des clochettes miroirs de plu fleurs façons , des liures de diuerfcs for- tes , &^ entre autres le Didionair c des mo ts de Paracelfe , &: le petit monde que le Frère illu- mine R. C. auoit induftrieufementclabourc, femblable au grand en toutes fes parties &: di- uers mouuemens. Mais entre toutes ces rare- teziln'y en auoit point de plus remarquable quWne infcriptbn laquelle ils trouuerent fous vn vieil mur , Afres Jïx vingts ans ij^feray def- couuerje^ car elle nous dcnotç^liiî i^o4.£u*iIs ont commencé à paroiftrc. Finalement par l'offre qu'ils font de leurs threfors , ils inuitent vn chacun de fe ioindre à cux,&: dôner fauora- ble refponfe à ces deux petits hurets , Icfquels ik ont dédiez aux Monarques , Eftats , Com- munautcz, &: hommes doÛcs de toute l'Eu- rope.

Voila, Meflfîeurs, cette Diane chaffereffe que ic vous ay faid voir toute nuc,ccs DçcfTcs Elcufuics dcfquelles i ay déchiré le voile pour


DE LA RozE-CroiX. ' 29

VOUS monftrcr leurs facrifîccs, fans touîcsFois que vous dcuicz craindre ou redouter la pu. nitiond'vn Adeonou lesfongcsdu Philofo- phe Numcnius. Tout le bien & le mal qulls nous peuuent faire cft iuftcmcc vne fleur fans fruia,vn cfclair fans tonnerre, vne parole fans efted, &: pour le trancher court fulgurin vitro fontisincacaho. L'cfclat de leur promcfTencft point capable d'oflFufquer le flambeau de no- ftre raifon, le nombre de leurs propofîtions d'cftonner noflre mémoire ; & les menfonges tiflus d'vne telle impudence n ont pas pluftoft franchi les bornes de la modcftic pour faire brefche à noftre iugcmcnt , qu'ils s en retour- nent battus & mattrafTez par la vérité mcfmc. Ils ont beau nousprefcrire vne probation de fcptans, laquelle ne confiftc qu'en la gehen- ne d'vn perpétuel filécc,&: nous crier de loino- ce qu'auoicnt de couftume de proclamer les Preftres aux facrifices,

Aduentante Dea^froculoprocul, eïïe frofani. ^ Ils ne feront non plus maiftres de noftre rcf- ponfcquenous auons eftcdcleurconfcflîono Et puis qu'il y a fi long temps qu ils lontaban- donnée , monftrons leurs qu'ils ont tore de nous pcrfuadcr à la reccuoir.


43


iNSttl. SVR LES FrERÎS


Refponfc à la principale raifondel'in- ftauration promife, laquelle cft le principal fondement de cette Compagnie.


Chapitre V.


flduration, y Ref^onfcsauxautho' ritez. de Paracelfe^ S chuten& autres. 4. Satisfaêfio» à celles de tAmnyme & de PofieL


t. Par quel msjen le

manifcfte & confef-

fiondelaR.C, ont eu

Uvogue. X. Paffagesde Paracel"

Je y Pofleli & d^vn

Anonyme^ fourproU'

uer cette future in-

E n'cft point de mcrueillc que ces deux petits liurcts , lerqucls pour cftrc les premières Annales & Euangilcs de cette Congrégation , doiuent tenir, comme il cft à conjedurer , mefmc grade entre les Frè- res illuminez, que le nouueau Teftamcnt en- uerslcsChreftiens, TAlcoran parmi les Ara- bes, & le Pcntatheuquc entre les luifs , ayenc eu cette puifTancc que de maiftrifer vne infini- té de pcrfonnes, captiuer leur imtgination, &: perfuader à leur iugcment , qu eftans fignalez par vne telle quâticé dcmcrueillcs, ils eftoiçnt

préférables



DE IX Roze-Croix. 4t f retcrabics à toute cette rouiliccquinqiiaillc de l'antiquité, &: dcuoicnt pluftoft retenir nos cfprits occupez à la belle monftrc de leurs prô* tncfCcs,

^u^mNicolatiP^Sc0tifU,totg^rh Merlin: Siti^mtot Alexmdri^quAtotJine fine Magi/lri^ ^<^<^- Icfquels nayans enuifagé lesTcicncesqucpar fî'"'^ l'extérieur de leur couuerturc , eftoient plu- ftoft capables de nous donner vndcgout dn celles, que non pas de nous auacer en leur co- gnoilTance. Ils nous ont abordez, difcnt-ils, ayans le vent en poupe de cette imaginée In- ftauration, &:onteftc pouflczcnnosriuagcs iuiuans la marec de toutes les Prophéties qui <?nauoient eftcfaidcs: ccftoitvne cliofe la- quelle nous eftant de long temps promifc, I nous n attendions que l'heure qu'elle paruft 1 cnnosiours , pourinftaler les partifans de (à gloire en polTcmondc Tes mcnicilles, à la «6n- fufion de tous Tes ennemis. Ces paroles ani. .; niées de rcfpcrancc d'va fi grand bien font vé- ritablement rpccieufes, 5i lefquellcs femble- roient capables d'cftonner noftreiugcmenr,fi elles nous oftoiencaulTi bien la hardicHc de les cxaminer,comme elles nous donneront occa- lion parleurs inepties d'en fairelefujctdenojj tiices, & proférer auec le Poète Satyrique,

F


Instk. $VR LES Frères z. C acfté vnc des principales refucrics do cet Hermitc Philippe Bombaft, Auréole, ïheophrafte, Paracelfc, de Hohcnhchin , le- quel forti d'vn des Cantons de SuilTe, s'eft voulu fignalcr par la multitude de (es noms, audî bien que par la pernicicufe nouueautc dcfadodrinCjdcnousvouloirperfuader qu'il n'eftoit que le precutfcur d'vn certain Helic Artifte, lequel deuoit venir après luy 5^ cfela- ter au monde fourny du fecret véritable de la tranfmutation des métaux, &: de toutes les fcicncej , pour reformer la corruption qui par i laps de temps s'eftoit gliflcc enicelles, c^od vtilim efi chap. viii. du liure des Miné- raux, Veu^ fatefîerifinity quodautem maioris mo- mentiefty àfçauoir la tranfmutation des mé- taux en or, vulgo adhuc Ut et vfque ad Elu A rti^ fijs aduentum ^ quandois mènent. &:au premier traiclc du mefme liure il dit ces propres mots. Hoc item verumeji^ nihïl eft Abfconditum quod non fitretegendum , ideofêflme ventet cmus ma- gnale nondum vïuit , qui multa reueUhit, Auf- quels pafTages Alexandre Schuten en fon li- ure des fecrets de T Antimoinc,&: Eucher Cy-» gneeen farefponfc à Nehuûus , adiouftenc autant de foy qu'à la vérité mefme. Poftcl qui auoit Tefprit trop ambitieux pour rien tenir d'vn autre , voyant que cettiâ-cy auoit pro- duit vn Helic, raie en ieu fa racrc leannc , la« 


DE LA Rozfc Croix. 4^ quelle il vouloir cftrc dcftincc pour accomplir le myftcrc de la Religion en cette reflritutioa ^e toutes chofes : ce qu'il a toujours mainte^ nu deuoir arriuer, comme fcs liures mis en lu- mière fous les tiltres De vltimanatiuit4teme^ didtorù: De infiauratimererum omnium fermât nm H elU prophétie : De ahfconditù à con/iitutione mundii & vne infinité d'autres letefmoigncnt aflfez ouuertcment : voire mefmc il confen© fur la fin de fon liuredcs Origines, qu'il ara- maflc au liure De refitutione revu omnium y cxx, rationes confirmâmes adfore nliqaando optimis votis é* optimis ftSfù optimos futceffus & omnium reftitutionem. Et certain Anonyme qui a mis en lumière l'Epiftrc de Roger Baccon De pote^ HAte4rtis& nature, paffe bien plus outre,& fc dÔne carrière en Tes imaginatiôstcar en la Pré- face au Lcdeur il dit que cette renouation &: inftiuration future fc fera principalement re- marquer en trois points :1e premier en iVnitc de Religion parlaconuerfion des Iuifs,Idola- trcs & Ifmaelitcs: le fécond en l'abondance &C richefTc de toutes fortes de biens: &: le dernier fera reluire les vertus , efclater les fcienccs , &: obligera vn chaçun àviurc comme euft faid noftre premier pcrc s'il fufl: demeure en l'eftat de fa iuftice originelle : laquelle diftribution ii confirme par vne infinité de palTages de la fain- â:c Efcriture, le tout pour piloter & eftablir le

Fij


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44 ÎNSTR. svR LES Frères premier principe &: fondement de cette Con-^ gregation de la R.C. lequel n'eft autre quo cette reftitution, cfuam fratres , & ante iUos dij^ ttân modo dd futuram , fed ctUm wcœptam efjè demncU^t: hpublisLiit eux mcrraes,&: s'en dcT clarans les exécuteurs pag. 31. de leur Manife- fte: PlHSAHrïfolUcemur qmm Rex HiffanUesc n^traque IndU auferat. Eurepa enim fragnàns efi^ rohuflttm fuerum fAYiet, lequel ne fçauroiç cftre autre que cet Helie Artifte promis par Paracelfe. Voila, MelTieurs, labafe de cette Confrairic, l'origine de ce Manifefte, la caufc de tant de chimeres,&: le gond fur lequel tour- lient tant de fantaifies. Cette fouree eftant ta- rie les ruilTeaux fe fechcront: cette racine cou-? pce les branches fcfanneront: ce fondement îappé adieu tout Tedificc , Hic Rhûdt4s^ hicSd^ tus^ hoc opus hic labor efi.

3. Cet Hclie de Paracclfe duquel il nous faie conceuoir tant de belles efperanccSjne fe peut comprendre ou expliquer qu'en deux façons. Je prenant en g«ncral,ou détermine a quelque perfonne &: indiuidu: fi en gênerai, il ne figni- iic rien autre chofequelcs périodes du tcmpç aufqucUes toutes les chofes paruiennenttofl: ou tard à leur perfcdlion le maturité : ce qu il explique luy mefme au lieu fus allègue » itquè tnim^ dit-il, artes ElUmhahent ^ acdecxteroin^ tslligim\ fuiuanc laquelle interprétation nous


DE LA RoZE-CrOIX,


pouuonsdirc que l'Eloquence auoit fonHc- lic au fieclc de Ciccron,durar lequel elle cftoit

- la -


de fo


.a vigueur «v, aagc; que laniiiolophic auoiclc fiendu temps de Platon &: Ariftotc, puifque faifan t roulle> fur ces deux pôles tout it globe des Sciences, elle eft parucnuëiuf- ques a nous par leur moyen : & Icmefmefc peut dire de tous les autres périodes, durant Iclquelles quelque chofe que ccfoit efl: remar- quée fleurir exceller. Que fi nouslcprenos pour quelque pcrfonnc ou indiuidu doué de toutes les vertus & facultez qu'il luy attribue nous pouuons dire premièrement que ce ncft rien qu vne pure chimère & faqtaific mon. Itrucu fe de fa ceruellc , laquelle fuiuat la com-^ munc deftinec de toutes les prophéties enon-

cees«h claircmcnc, qu'ellesont pluftoft befoiii dcftrc vérifiées parcffed, qu'expliquées par la parole ; fera remarquée aufiî faulTe fou terme défini arriué, que celle d'vn Arnauld de ViUeneufue , lequel , au récit de Pic de la Mi- randole, fut fi téméraire que denous annon- cer la venue de fon Antechriil pourl'an 124c.

dvnAlbuiT^afar quiauoit déterminé laduree lib , de la Religion Chrcftienne ne dèuoir excéder ^«^""^^ lani44o d'vn Abraham qui promitaux luifs la venue de leur Meflie en 1464.de tous ces , , Aftrologues qui predifoient vn déluge vni- ucrfel futuràl'anneçi5X4. d Vn Cyprian Lcô-


4^ Instr. s VR X.ES Freris uiccqui auoit caillé pour trente ans d'Ephc* mcridcs après la fin du mondeyd'vn Sauanaro- le que rhcurcurc conduittc des grands Ducs de Florence dément tous les iours de cette prophcticjlaquellc à la fufeitation d'vn Sodc- fub finê publiafi fouuenc dans Florence, Item fa- côpcn. UmfrddicAuiy rurfuf^affrmo , ex dinina infpira- dij reu. cfuod qHt(eitià cmis florentinus domiforifve ^"'** pmurabit frinctpatumfibi in e4 ctuitate vftsrfare, Aut nouif^imum regimen violarcy cum vmuerfa do* mo (uACunctif^ fecum confpirdHtibus ^ eum Deus grauiter funiet^ acdemum UcrymahiHexitufaciet intenre\ bref que celle qu'vn Guillaume Po- ftel nous a fi fouucnt voulu perfuader de fa mereleanne: lefquelles toutes, le temps perc de la veritc déclare auoir cfté trcs-fauflcment auancees & publie» par leurs Autheurs» & nous mon ftrc par ces exemples à faire hc don- ner le mefme iugemcnt du futur Hclie de Pa- racelfc, lequel n'cftant fonde & eftabli que fur le caprice de fcs imaginations, mérite de- lire moins creu que les précédentes, lefquel- les nous donneroient toutes TA ftrologie pour caution de leurs promefTes & futures prédi- ctions. Ou plus precifcmcnt nous pouuons refpondre , aucc Penotus en fon Xy^xzdedenA- rio medicô,Q^\z Paracclfe ayant tranfcrit & dcf- robéplufieurs de fcs Traidez, dcsccuuresdc rAnfrancArnaulddeViilcneufue.Raymond


twfiît .•si


I>I LA RozE-CrOIX. 47

lulIcRupcfcinra, Harlandus &Truhcmc il scftoïc aufli approprié les cfcrits d'vn certain Moine'AIIcmand, lequel au rapport de Cra- ton, auoitefcrit doderaentdetoutclaChy- jmie deux cens ans auparauant luy,- ou pluftoft <èomme le tefmoignc Melchior Adamus en fa vie, ceuxd'vn doàcChymiftc nommé Ifaae Hollandois, lefquels cftans cfcrits en Aile, mand il auoit mis en lumière &: diudlguc fous fonnom. C cftpourquoy preuoyantqu'aucc le temps les ocuurcs dudit Ifaac pouuoienc Jbrtir en lumière , & fupprimer les fiennes par ladcfcouucrte d vnlarrecin fimanifcfte, il a eu cette mduftrie,que de nous vouloir perfua- der qu'après luy vicndroit vn Hclie Artifte,Ic- quel nous monftrcroit à nud&:àdcfcouucrc tous les my ftcrieux fccrets que par Tes phrales obfcurcs,mots nouucaux & fynonimcs il nous auoit cachez dans le labyrinthe embrouillé & robfcur cahos de toutes fes ccuurcs : Hic i^fc îfaacus HolUndus ilU eft, dit Penot , dequ» Paraceljus vatiànatus efi ^ die en s: &vemet pojî- me H elias Artifta , qui abdiu rerum patefdciet: pr.€utdehat Paracel/t^s Ifaaci epera fore tmdem " m,mfe/l4. &perHef3tHra admanus dômpmorum worum.Q^^j qucs'cn foit. il eft tres-cuidenc &: manifcfte que cet Hclie mis au monde par Paracelfccleuc &: noutry par cette fraternité, cft la feule caufe de fa ruiner totale dcftru-


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48 Instr. s VR LES Frères diio des Illuminez. Caricvoudrois bien qu'ils cufscc fatisfaid à ce dilemme lequel pointe Ces cornes pour les fracaflcr , Ou ils n*adiouftenc point de foy à cet Hclic Ai tifte & predidi5 de Paracelfc, ou ils la prcnnet pour bafe &c fôdc-' mène de leur origine. Si le premier, ils contre- difent au pafiagc de leur Manifefte &c à celuy de l'Anonyme 5 alléguez cy deflus : Si le der- nier , ou Paracelfes'cft mefpris difant que Ton Helic Artifte , lequel au iugement de He/io- fbilusy a Fercis PhÛochemkusj en Ton Traidc^jf^ JJelia Art 'tfta , doit feulement paroiftrc en Fan I ^50. feroit le premier qui auroit le fecret delà pouldrede pro)c6lion, &; d'vnc infinité d'au- tres mcrueilles,- ou nos Frères ont menti de dire expvcflcmcnt qu'ils poflcdent cefeact5&: par confequencc > car puis qu'ils fçaucnt tou- tes chofesjdoncques celle-là. Qnclqueparty qu'ils prennent ils ne peuuent euiter vne fauf- fetc tres-manifeftc , &: par confequent dellru» élion de toute leur Cabale en fuittc de ces contradidions.

4. Ce fcroit perdre le temps \ crédit &; mal à propos quedcs'amufer à donner l'explica- tion de plus d'vnc centaine de partages de la fainâ:e Ercriture,que l'Anonyme auoit cottez pour prcuuc de fa future Inftauration : Poftel s'en eftoit feruy premier que luy pour eftablir laficnnc : c'cft pourquoy ce dernier cftant ré- futé.


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^ , . De LA Rozi-Croix. 49 tt:tc, iccroirayauoirfatisfaiaàcc quciauois entrepris, quicftoit de rcnucrfcr le principal tondcmcnc de cctcc Congrégation, Et pour ne m arrcfter à l'opinion de ceux qui combat- cent les vertus de ce fiecle d'or par la fcntenco o Horace- fEtaspareHtumpetorauùytulttnosne- qmresi & en pourfuiurc la vérité parlcxpc-^ rience de nos iours , pour mettre pluftoft fin à cette ^\iç,xc\\ç,ytugulumf€to de Ta dcrnicrc prcu* vie jeftant bien certain que cette bafc ruincci toutes les autres raifons que l'on apporte pour affirmatiuc de cette fraternité peuuent cftr© facilement cucntces par les argumcns contre les Chymiftcs , que Ion peut lire dans Erartc, Guibcrt, RioIânpcrc&:fils,&: vnc infinité de dodcs Médecins & Philorophcs. le diray doucqucs , que s'il y eut ianuis pcrfonnagc en France cminent en rçauoir,rdeuc en dodrine, &: admirablccn réputation , 'ce fut Guillaume Poftel, fi confommé en toutes fortes de fcicn- ce$ dés fa ieunclfc , que Humbcrtus Monti/mo- tetanus en a rendu fidel tcfmoignagc par ce diftiquc,

Legiflamjtquàifi quîs reperirepoetam, Philofo^hHm^cupit,tepetat^omnàhomo^ Neantmoins comme ce fage Empereur Marc Aureilc difoit, que les bordbaux fc pcuploicnc des plus belles femmes, que les plusvaillans dcucnoient brigands, ksplus fubtils larron S;,

G



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&: c :::::.l:n\cnt plus vif,

fûb r.C wi ^ :Z i que cçii ui-cv

pourq-..-^ sTÔomnic il cftoic rdctic en

fçauoir pai . commun des hommes , fc

Éc remarquer par Tes cxuauagances'p our le pl mùg^c d'cntrclesfol s, clan: publier leser- rcoK de la mcr c leanne 'efquelJes ont eûc {ufBùmmeDt réfutées par Grégoire deTbo- lofrchap. lo.daliure ' lire fur

h 6 de l'on E opcoïc ; à: vanter partout les inepties cy cciius rapportées de fâ noaueU le In ftauration. Pour foudre lefq . nous rpeilerons point le temps quia rendu toutes ces faulTetez vaincs , auiTi bien que les prophéties domcfme furlaconqueP.c dcl'Onent, qui deuoit eftre exécutée parle Ro*~ F- 7 -cois premier; &s cftant trompe en icc*-; , ..cnry II. 5: par après Charles IX. Mais: - en de iâuuerfon honneur ptr les Tci.»^^^i^i*s qu'il en a faiâ , nous donne- rons volontiers ce peu de trauail à (es mérite! • Il ;^ aes Tan 1564- vn hure conte-

nani: ics rc: ::ons des propos qu'il auoit te- nus de la mcrc icannc,autrcmcnt diâe la vicr- ce Venctiannc , addrc(Ie à la Reine Catherine

.5 lequel il cxpUque ce q ente: : icelic ,en ces mots : S^iuf^ dit-il ,

■ îf t^ff(/2U te ne cejfèray umdù de


DE LA RoZE-CrOIX.' yj chdftf , la do^inne de ma mere leochanach , qui ejl la raifon naturelle des articles de noflre foy chre* fienne Romaine ^ pour attirer l'vniuersen fvnion vifthle deno/lre Bgltfe, f uie Catholique : &enU Politique ou Republique de no/Ire Gallique François peuple. Et pour ce qui couche l'indau- ration du rcfte de toutes les cliofcs , il s'en dcf- dit pareillement en vnc de Tes Oraifons Lati- nes, laquelle m'a cftc communiquée par mon- ficur MorcauDodcur en Médecine des plus capables de la Faculté de Paris,cn laquelle par- iant du commencement de Tes rcfuerics , il dit cxpre^Tément , Enthufiafmoenimindeimpulffu^ &multorum iuMciotnluxat^t mentis notai coUa^ pfu4, impudent ijstme & fluUe deltrantifij^inflar, multa &fcrihere & dicerefum coaBus, qu£ impro- h art vulgo mcrito vident ur: cuius rei & porri^o herbam , & fum femper hancculpam agniturus. \\ n'cftpas mefmcs lufqucs à quelques cpithetcs cxtrauagâtes qu'il auoit pris à la foubfcription de fcs Oeuure$,qu'il n'en rende raifon au liurc cy deflTus allègue : Là, dit-il parlant de Rome, tefusfaiaprejre ApoBolirjue par le Çouueram catrcdu Pape, cefladtrlatiBre de pauureté comme eilotent les ApoHres , c'eSl ïâcaufe que iemejuû nomme en quelques miens efcriptspar après, Pre- Hre de prof cf ton ou Ordre Aposhltque , & en queL ques autres Pierre Second^ conuerti , ou Pandochee Ehe. l'ay bien voulu rendre cctcfmoignageâ


1^2. InSTR. SVR tïS FrER ES

la bonne opinion que nous dcuons auoÎB de luy, la grande do£lrinc duquel mérite tou- tes fortes d*cxcu fes , & réfuter enfcmblemcne la principale raifon de l'cxiftencc de cette ima^ ginairc Compagnie.


Satisfadiion à lauthoritc de ceux qui ont approuué cette Compagnie»

Chapitre VL


I . défi vne grand* mi- fere que de rechercher ce que Ton ne f eut oh- tenir»

t . S dut f en des authûrU


miUes, j. Mefponfè à quelques Autheurs qui en ont efçrit en AUepund. 4 . Explication de celles



tez, de quelques Chy- \ de trois Pères lejuites,

I c'eftoit vnfujct digne de coromifcra<^ cion au temps pafTc , de voir que la cho- fc la plus pénible la plus curieufement re- cherchee,ait eftc celle qui a fruftrc de fa iouyf- fance le trauail de ceux qui n'eftimoicnt leur g félicité confifter qu en fa pofreffion : ^£ bea* lib*^ï . titudo^ dit Ladance, erit miht frofofita , fifciuerp dium. rpfj^f. 2s[tlus oriatur: vel quicquid Phyfici decœlù délirant, Alexandre neantmoinscftant parue- nu iufques au temple du Dieu Ammô,ne s'en* qucftadc rien premièrement que de l'origin« 


©f lA Rozb-Croxx.

de ce ^cviuc^fcilicethoc vmm ad AUxandricbFiu Maii. tuenâamdeeratfortunam , quodfiex^loratumha' Tyrius ^^r^/, / omnino etus numéros tmfïejfe vider fur. Iule Cefar faifoit la mcfmc queftion aux Preftrcs des Egyptiens : èc Cambifcs aucc Ton armée en vouiutauoir lacognoifTance à quel- que prix quccefufl:,

fedfaHuscedefuorum tucan Jgnoto tc^ Ntki redit, **° Loccafion n'cftpas moins lamentable au fîe- cle prerenc,de voir vne infinité d'efl:ourdis,^«i Aurihus fuiSifoîius quant oculis crtdum, chercher comme en caftant fous la fimple relation dVn Manifcftc 6c d'vne confcflîon , cet illuminé Çonuent des Frères de la Rozc-Croix,

quifemperinaoi ^drendus ratione Utet^ nec conti^it vÛi cia«- Hôcvidiffècaput, ^' dian in

Et toutesfois ils ne laiflcnt pas d cnuoyer Epi- dcNa© ftre fur Epiftres, prier & fupplier d cftre reccus en cette vénérable Compagnie, (ans queiuf- ques aujourd'huypas vndc ces curieux ait eu la faueur d cftrc introduit comme quelque nouueau catechifc , non pas à la cognoif- f«*nce de ces profonds &r cachez myfteres,mais feulement d'cftreinftruit &: informe du lieu de leur Collège, ou demeure particulière de queTqu'vn d'iceux. ^ . C cft fimportunité de ces crédules , I^-

G iij


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f4 Instr. s VR. L is Frères quelle me contraint de refpondrc auxautho- ritez que Ton m'obieftc d vn Majerus , Cy- gneuSjCombach, M. Potier, & vnc infinité d'autres Anonymes , lefquels ont femblc les approuuer Ce vouloir rendre leurs pilaftres arcs-boutans , par les Epiftrcs , Préfaces ^ iugemens qu'ils leurs ontdeftinezcn quelque lieu qu'ils peuflent eftre , de la mcCmc façon que Pétrarque n'a pas laiffé d'efçrire j^^à

ron,Senequc,TitC'LiuCjYarron^Që^^^*^^^"* Horace,& Poiion,conibien qu'ils fufTcnt tous

hors de foupçon de receuoir fcs lettres : vnc feule raifon me pourroit fournir de defences pour parer à toutes ces authoritez, fi ic voulois dire que ceux qui ont brouillé le papier en leur faueur font tous Chymiftes, qumt'efrcnjciçz du ccrueau aufll bien que de labourfc/cmbla- blës r ccTmircrables gueux de la Grèce , def- qncls le Satyriquc difoit,

Gr^culus e/uriens ad Cœlum iujferts^ ihit: & lefquels tournans la giroiictte de leurs ima- ginationsau premier vent des nouucautcz qui fouffleà leurs aureilles,prendroient volontiers

le nom de cette Compagnie pour leur eftre ce qu cftoit ancicnnemct la Deeflc Laucrne aux marchands trompeurs &: larrons, Horat. pulchr^Lauetm in cpift. Ba mihif Aller e: da,iuJlMiJâ^m^V:^^^ Vm^^'



Ircct



DE LA RoZE-CroiX.

Mais pour fournir cnticrcmcnc ma carrière, &r ne me point détraquer de l'Ecliptique de cette Inftrudion,qucienaye rencontre le tropique de laveritc: l'aime mieux fatisfaire à chacun en particulier,&: refpondre à Majcrus, qui eft ce- luy qui les a le plus preconifc , que nous ne de- D os adiouftcr aucune foy à ce qu'il a did d'eux dedâs (on liurc intitulé,r^r)^w itmentuy/èu mw nera Germamdâb tpja prtmitus reperpay & totior^ ht comrmnicata:^2xct que le bruit en eftât defîa cfpandu par leur Manifcftc te confclTion, il peut aufli bien les auoir realifcz pour en attri- buer la première fource à fa nation,comrae il a faidCharlemagnc, AUemad, pour y fôdcr par vneignorâcecrafTc^ou flatcrie minifefl:e,rEm- pire de la quatriefme Monarchie : non plus qu a fes autres cfçrits 'mim\zxMinttu pii/i cloj^ mores ^^Themù aurea de kgihus fratermtatis:^^^.

ce qu'eftatvn perpétuel Annalifte&Hiftorien des plus barbouillez ChymiftesÂ: fouffleurs, comme il l'a monftrc en fes liures nommez^, SymboU aureajjierogfyphica,^^ vne infinitcdau- très tout noircis de la fumée de fes fourneaux: &: après nous auoir donne pour véritables hi- ftoires dans fon liurc De volucri arbore a , des fa- bles femblables à celles que content les Poi- fteuins dcMellufine, & Geoffroy à la grand* dent, les Bretons du Roy Artus/les François de leurs douze Pairs, les Hibcrnois dcjl'Enfcr



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$6 InSTH. pREPESi

S. Patrice , les Proucnçaux <k l'anncsu de Charlemagne , les Parificns du Moy- iie-bourru , & les bonnes femmes de leurs Fccs , peau d'afnc , &: mcrc à fept teftcs ; il ne ' mérite pas qu on luy porte cette déférence, que de le croire cnvne fauflctc fi manifefte, vcu que (uiuant le tefmoignage mcfme de S. Hierofmci Mendaces itAfacmnt^'vtM<ii^!yf- radicentihus ^ credAtur, Combach , homme de iugemont & qui fuit le train de la Philofophic Peripacetique, nous feroit plus de peine que Majer, s'il en auoit autant difcouru j mais ne leur ayant addrcffé quvne Préface audeuant defaMetaphyfique, ilamonftré queceftoit pluftoft par gaillardife&: pout faire débiter fon liure, que non pas qu'il adiouftafl: foy contre tous les fondemens d'Ariftote à ce monftre chimcrifc , & capable d'eftre feulement receiî &:aduoué par Icsefprits les plus grofficrs, ou qui participer le plus de la Ciarlatanerie; com- me celuy d'vn Michel Potier , lequel mettant yn liure De Vhilofofhu fur a en lumière ♦ Ka de- dicà cette vénérable Compagnie, l'exiftcnce de laquelle il a maintenu par le iugement qu'rl en donne fur la fin de fon Trai£tc,* toutesfois il cft bien aifé de conjc6kurer qu*il n auoit gar- de de dire autrement, puisqu'il a eftc fi impu- dent téméraire que de s'attribuer premicre- mct Icfccret de la pierre Philofophalc>oftVaf>t

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Di lA Rozi-Croï


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paraprcsdeJccommuniqucrà vn chacun fans cnigmcs^Mcadres 5c difficultcz,moycnnac vnc rccompcnfc &: falairc l la difcretion : fcmbla>. blea CCS A ftrologucs ^uf ah ijs drachmAm pmnt, (]mhus régna folltcemur, mais pire cent fois &: plus cffi-onté,pui$ qu'eux pcuucnt iu^er de la dcftincc de leurs amis,&: non pas difpofer de leur propre planctcca.: conftdlation, làoù ce panure bcliftre fc difant propriétaire d'vn fi grad fccrct deuroit mourir de honte de fe dcf- , mentir liiy mefme nous publiant la ncccffitc, I cotre le dire exprés dcMorienusgrand Cori^ ( phee de tous les Lacrymiftci qui refufa les prc- \ Icnsdu Roy Chalib,diranr,fd/^//; cmniatenes

\ gncus mérite pluftolî: vn rcmcrcimcnc pour les lunettes , que non pas pour la cognoifTancc qu'il nous air donnée de cette fraternité car ncs cftant propofc que de rcfutcr ies argumcs

deNehuhu$,apre$auoirgrappillctoucceou'il a dit de meilleur deMaier,il difcourtfi pcrtinc- ment de cette focicté^quc nous en retirons au ^ tant de cognoifTance par fcs efcrits , que feroit vn malade defanté par cette belle ordônancc,

^ret hxou (cpt Anonymes quFticnnXit lieu d vn bon hure dans mon Eltude, fonkmaî


r


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!

■«jg ÎNSTR. SVR LES FrERES

contcns dc nauoir eu aucune refponfe à plu- iieurs &: rcïtcrces miflîues,qu ils ont tous pro- | tcftéde ne plus rien con\muniqucr de leurs ef- j crits à cette ingrate &: inciuile Compagnie, i Ne turbatA volent i rafidis ludtbria ventis : 1

lib 1 dc'^^*"^ ^^'^^ Sy nefius , mlU nohts

\xlkyefimiofYeundi,fiffestollittir imfetrandi. dcatia, Quelqucs-vns toutesfois mepourroicnc obiedter , que les liurcs publiez en langage Al- lemand fur ce fujct furpaflcnt en hauteur plus de deux rames de papier, & que pour ne les auoirveusou n'entendre l'idiome, ie ne puis pas en donner mon iugement: aufquclsneant- moins i ay de quoy fatisfaire , s'il m'cft permis, comme il la toufiours eftc à vn chacun , de iu- gcr ex vngtteleomjn^â€xfollicegigantem: cz.t vn Libraire de mes amis m ayant oblige de m'en faire voir vn d'iceux qu'il auoitfaid mec- trc en François , intitule Pan-fofhie ,o\\ Sfecu^ îum fojfhisïtcum RodoHatirotktm,n\\s au iour par Théophile Sçhircighart, letrouuay après l'a- uoir examine qu'il cftoit du rang de ceux dcf- quels nous parlerons cy après , c'cll: à fçauoir fpecieux au polTible , diucrfific de belles figu* res, & rempli de Préfaces, Epiftrcs, U Auant- propos , ne reftant qucquatrc ou cinq fueilles pour expliquer fa Philofophie, laquclleeftoic toute /réduite fur la fia eh vhc table de fixli- j gncj/ Amfhducœfit


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DE LA RozE-CrOI


X.


^9



I


Infiituiy currcnte rota^ cur vrcem exit, ioincqucccm'cft afTezque le PhilofophcG^tf- denius ait réfute les erreurs de quciquesautres qui font fortis en lumière fous les tiltrcs de Clypeus veriuîiSi Sfecukm conflantU^ Fortali- tium (cientU.

4. le n'ay point voulu noircir des charbons de ces Chymiftes, trois Rcuercnds Pères de la Compagnie de Icfus, lesrefpcdantdauantagc que de leur donner de tels & fi déferiez Com- pagnons, le iugement defquels participant le génie de cette dodte Société,

^£ mhUexpofitum fokt de^ueere^ nec quA C ommuni^ ferUt carmen muiale, moneta^ doit eftre de plus grâd poids en noftre endroit que tous ces enfumez Allemands , lefqucls voyans que l'on ne manqueroit de caufes légi- times pour les recufer, produifcnt comme tef- moins irréprochables le Pcrc Gaultier en fa Chronologie, Robert en fon Goclemus Heau- tontimorumenos , & la dodrine airieufe du Pè- re Garaflre,qui tous trois s'ils ne Tapprouucr, auffi ne la réfutent ils pas , mais racontent cet- te hiftoire & s'en fcrucnt à leurs propos.Cc fe- roit faire ncatm oins trop peu d'eftimo du foli^ dciwgemcnt de ces Peres,qucdefcpcrfuadcr qu'ils eufTent fuiuy en cela la bcftife d'vnepo- pulace,&: ne croy point que perfonnc Ifcs accu- le de cette calomnic,quc ceux qui en f\nt eux


60 InsTR. SVR 115 FRE«.fS

mcfmcs participons: & quand bien cela fcroitç vn petit mot d'explication cft capable de les en dcliurer. Le Pcre Gaultier a fai6t ce qui cftoit de fon deuoir, remarquant dans les rcgi- ftres de fa Chronologie, le temps que ces deux petits liurets , du Manifcftc & de la confelTion àc la R.C. eurent vogue, croyant auec le Pcrc Robert, que fi cette Compagnie aqoit quel- que apparence de veritc,c elloit pluftofl: quel- que cohue d'Anabaptiftcs que non pas vnc troupe de Magiciens, tels qu'ils fe qualifient par leurs cfcrits. Et pour le Pere GarafTc , il cfl: vray qu'il a tircquelques-vns de leurs articles du Pere Robert, lefqucls il a faiâ: fi à propos entrer en paralellcs auec les façons de faire des Libqriinsdecetemps, quêtant pour ce fujec que pour rinduftrie de fon efprit &: variété de fs dodrinc, ie fuis fafchc qu'il fubife la ccnfurc que l'on donne de tous ceux qui ont faidpa- roiftre leur doctrine en mcfme matière, fça- uoir que personne n'efcriuit iamais mieux çontrc les Atheiftes , que les Greffiers qui ont minute l'arreft de leur condemnation : fi tou- tesfois, fuiutnt le dire de Tertulian, TEglifo toute mifcricordieufe, non éjHdtrdt poùus fudû.^ rm [Hfmdere.qukm fanguinem effunderco


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I


DI lA R02E-Cr0IX.



Rcfponfcaux expériences que Ton ap- porte pour confirmer cette Société. Chapitre VII.


I. Jlriy aquedes impo- ^eurs qui fe dijent Frères de Ur.C,


S. Ce qu'il fît nefîoitca- fable de le faire esH- mertel.


2. HiUoire dvn fele- 4. Confutation de cette rm qui fe qualifia ^vn hifioire par d'autres dtceux. I fluâ remarquables.


I.


cft


m


I f le vray moyen d'cftablir quelque-, __^iv.gemcnt fur les affaires prefentes de une rcflcaion fur les palTces , & fuiuant le lucccs des vnes iuger de l'eucncment des au- très: ic croy, Mefllcurs, qu'il n'y aura pas beau- coup de difficultc à vous perfuadcr, après vn fi long catalogue d'impoftcurs que nous a don- ne le ficur Coras das fon hiftoire d'Arnau Id du Tilh,&lc narre que depuis encor vous auczvcu d vn ruppofc ScbaftienRoy dePortugal-.que fi les perfuafions de ces trompeurs ont peu trou- ucr place dans la trop précipitée imagination de quclqucs-vns, lefquels alléchez par ie ne îçay quelle apparence de vérité, fe laifToienc emporter aux mcnfonges de leurs pcrfuafionsi ce n'eft point de merueille qu'en ce Ifiecleen- ^:or tout cfçhauffc de la fabrique ^dcant de

H ij;!


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$1 Instrtsvf. lesFreres nouucautcz,quclqucs bcliftrc$,dcrquels on en adcfiaycii pendre cinq ou fix en Allemagne, pour auoir exercé leur tromperie fous letiltrc d cftrc confrères de-la R.C.aycnceu lahardief- fc de fe profcffer de leur Compagnie, &: par ec moyen impofer à ceux lefqueis, comme les ci- toyens de la ville nommée Rhinocura, ont monftrc n auoir poinc de nez pour les reco- o-noiftre, ioinc que fuiuanr le dire de S . Hierof- in cpift. me, nihilc/ftam f\cile, qukm vtlemfUkm& in- ad N e 'MUm.volUhiliUte lingud deapcrCy qtu quidqutd noninteUigtt , admiratur: voire mcfmc l'inda- ftrie de l'architcde de tous ces menfonges cftc fi perçante en la Préface de fon Manifefte, que de nous vouloir perfuader qu^vn/Z^/^^w^/ Hâfelmeyer ( condamné pour fes maléfices) auoic eftc enuoyc aux galères à caufe que par vn zele&: trop grande deuotion àcettcCom* pagnie, ilauoit auancc quelques paroles à fa louange , efperant par cette terreur de fuppli ce auoir vne excufe légitime de ne femanife- frer plus à defcouucrt , tenant toufiours no$ cfprits attache? à Icfperance de reffed de fe$ promefics,nous oftcr le moyen,lçurimpofribi litc recognuc, de direaueçle Poète Moral, ?al=n- ^ Difyquam magna cfi fenuria mentis l'hique^ gcnius Jn ntigas qunm prona vU efi^quid crédit i$ tfla^

JnfauJj'qux necpdfj'un't ratwne prohari ci^ VllaÀecJenfi agno/ci: quidvAnatimetàl


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Ma^ cette fraternité laquelle s'atrribuc3 la

puiflance de commander aux Demons,fc ren. ^rc vifibie & mu.fiblc, d.fpofer de toutes cho- fes comme bon luy fcmble, &dc n'auoirau- très bornes de fa puifîance que celles de fa vo- lonté, deuroit rougir dchonre, quel'ombrc d vncpotencc aitempcfché le (oleildvn Zo- diaque de tant de vertus d'cfclattcrfurnoftrc Orifon, & darder i fon orient quelques traicïs de (a lumière, pournous préparer à luy offrir ? encens de nos facrificcs, & exciter vn chacun de pratiquer en fon endroit ce qui nous eft prclcric par Symmaquc du refpcct que nous deuons porter aux chofcs qui furpalfentno- Arccapacite, Ni^svcnerm^ê^xt-A^Potiusatum fnterpretan, dimna oracuU corne nit.

2. lirafaid^MelWs, & ledcfautdcma mémoire m ayant laifTé cfchapper ces paroles, cftoit huonlc de la petitcfTc d'vn liure , lequel çn trois ou quatre fueilles de papier nous fait icrccit d yn certain pèlerin qui parut comme viicfclnirl'an 1(^15. en vne ville d'Allemagne, ^^m^mi qualité de Médecin au pronSftic de morc^'vne certaine femme laquelle il auoic

aidcc & fecourue de quelques remèdes, faXoic inine d auoir la cognoillao^ce des langues , beaucoup de curiolitcz touchant i:lcognoif. iancc des fimples, fit quelque rclatiion de ce


^4 ImSTK. SVR LES F^ÎRES

qui s*cftoit paflc en ville durant le fcjour qu'il auoit faid à ce logis ; bref excepte la dodrinc en laquelle il eminoit vn peu dauantage, il cftoit tout femblable à ce luif errant que nous defcritCayer en fon Hiftoirc (cptcnairc, fo- brcjtaciturnc.vcftu à la ncgligenc€,ne demeu- rant volontiers longtemps envn mefmelieu^ &: moins encor dcfireux d'cftre fréquenté &r tecognu pour tel qu'il fe profcflbit , fçauoir trblficrmc Frère de la K. C. comme il dcclar:^ au Médecin Mo/deru^ , lequel pour en fçauoir peut eftre autant que luy , ne put eftre fi bien perfuadc d'adiouftcr foy àfes narrations , qu'il ne nous ait prefcntc cette hiftoire , & laifTc li- bre à Doftre iugemcnt de difcerner fi elle eftoic capable d'eftablir vne prcuue certaine de cette Compagnie.

3. Pour moy defiranterquarrer toutes cho- fcs au niueàu de laraifpn , pour me conformer tant qu'il me fera polTible à ce Jafjus du Satyri- î>exriu$ que, ûjucmmtlU a tergociconia f 'tnfit : iediray fatyr.r. ^{Teurcment que toutes Içs merucilles de ce pèlerin ne font que les moindres difcoursdc ceux qui tiennent quelque rang entre les per- fonncs de lettres , &r qu'il cft bien aifcf de dif- courir de la quint'clîence , Médecine Vniucr- fellc,pierre des Philolophcs/ignature des cho- fcs, thrcrt^rsi, planettes , intelligences , Magie^ Cabale /Çby mie > & myftcres les plus cachez» 1 1 dcuanc


j De lA Roze-Croix. 6<

deuantvncpopuIacc&tro..ped'ianoransoui pour „c les cncendrc les admirent fou en prC

VolltTTT "pacitéderef-

lent eftr ^"<^y^'°P='J'q"" - q"i "e veu- Jcntcftrc contredits en leurs thefcs&propo-

ie on que le me 1 mugine, ie dirois que ce font que ques cruches ftudicufcs &: pédants me- ancholiques q„i pour cllrc tranfportcz de

^^"^IT \ '"""^^ d-vnc infinité «perceptibles fecrets de la nature.que ceux qm fc mettroient volontiers en quefte des ha. Jei J"'"?""." f pcrilleufes. après la

s .Is n auoien t efc preuenus par Dom Quixo- te, font gloire d'imiter vn ApolloniusT^u 'ils refpeaent comme le Dieu de leurs folies &

des eftimer Frères de la R.C auffi bien que\c va et Gremonois. duquel parle MclIie.Empe- reur, (ont finalement contraints par l'humeur noire qui les domine.de tracer les câmpatr„cs,

t& viure, comme les beftes , en affcurance"par- l«y 1 cliroy des lieux les plus afpres & folita'rcs. Bdkrofhomeù fillkitudinihus. Et pour vous faire cognoiftre au doVt \ J œ'I , que la doarinc de ces Myfar.tropcs , &


m.1 m



InSTR. STRLES FrEMS

ce qu'il y a de plus myfterieux en toute leiîr Cabale , n'eft pas digne d'entrer en comparar- fon auec ec que nos Profeflcurs &: Dodeurs es fciences cftiment fi peu de chofe , qu'ils ne s en daigneroicnt vanter delà portcflion: Exa- minons rhiftoire de ce pèlerin &: faux frcrc,&: |>uis nous luy mettrons en tcfte vn des noftres, pour voir lequel des deux l'emportera. Mothe- r^n'(^n dit rien autre chofe finon qu'il appli- qua quelques remèdes anodins à vnc femme laquelle il iugcadeuoir mourir de fa maladie, commedefaidilarriua,- qu'il parloit diuerfes forces de langues» qu'il difcouroit pertincm- jîientdelavertu dcsfimplcs, faifoit quelques pronofties de la mutation du temps pari'A- fl:rologic,declarpic ce qui s'eftoit palTc (6^"non pasccquircpalToit ) en la prochaine maifon, &: faifoit quelques autres tours plus dignes d'vn Baftclcur ou Ciarlacan,q.ue d' vn Frère de laR. C. Et ce font toutes les merueilles que Ton a iamais vcu efclater du foudre de cette Fraternité, Icfquelles fi nous venons à compa rer auec celles d'vn Çardan,Scaliger,ou Pic de la Mirandole, il faudra de neccflitc que nous confcffions que ces Frères illuminez ne fonc que des bufïles &! gros afnes , dignes plus véri- tablement de porter fur leur dos croifélaBi-

  • bliôthc^ue de ceux-cy , que non pas de paroi^^

ftrc U Ctnir rang au concert des gens doûcs, {i

■1


DE LA RozE Croix. 67 ce n'cfl: que la philautie èc temcritc les fubor- r?c à dire comme ce ras d'ordure qui cftoit ren- uerfc dans l'eau aucc quelques fruits, Ncs poma naumus. Ce que pour monftrer plus facilement il n'eft befoin que de choifir &: trier l'vnde ces trois pour entrer en lice &: rompre Ion bois contre le faquin de cette Compagnie; Cardan s'en cxcufcra pcut-cftre, ne voulant dcfrober ce peu de temps àfcs plus ferieufcs occupations pour l'employer à vu fujct de (î peu de mérite, & nous donnera pour toute fa- tisfadion cette épigraphe graueeau reuersde la médaille , T cmpus meapofejsh. PicdelaM -> randole,appellc par le jjeur de la ^ CAlcmû^u l ^ffçvàk, ïcTuCcriâufti comme vn*autre Aie - /


xandrcTde courir auec ces larrons & plagiaires, qui dcfrobcnt tous les iours lefcorce de fcs Oeuures. pour en tirer le fuc & la moelle de leurs efcritSjqu'ils nous veulent rendre recom- mandables par cette lumière diuinc » laquelle comme Philofophcs, pour ne faire vne panfl pemiie & confufion de toutes chofcs, nous JbilTons à expliquer auxCabaliftcs, Rabbins, Théologiens Se Thalmudiftes. Vn fcul Scali. ger, accouftumé pendant qu'il portoit les at^ mes de matraffer vne telle canaille, fera le cha- pion qui combattra pour nous en cette que- relle, lequel eftant Médecin de profeflîon, n'a pas feulement, comme noftrepelciin, appaif^


6Î InSTB,. SVRLESpREREïi

les 4<^u leurs de quelque pauurc malade , mais confcruc la vie , entant que nature le per met- toit, à vne infinité de fcs citoyens: lacognoif- fancc des langues luycftoit àuffi fi familière, qu'après fon Auiccnne traduit de l'Arabe , fes Notes &c Animaduerfions fur le texte Grec de l'hiftoirc des animaux,&: l'clcgancc de fon fty- Ic en Latin, nous ne fçaurions douter des au- tres plus faciles, lesquelles il auoit acquifes par hantife &: fréquentation: &c 'û faudroit cftrc pires qu'aueuglcs pour ne iugcrpar les Com- mentaires que nous auons de luy fur Thiftoire des plantes-, d'Ariftoçe &:Theopbrafte, qu'il poiîuoit mieux &: plus pertinemment difcou- , TÎT^e îcurs vertus &: facultcz que non pas ce ,^ coureur &: Empirique, qui n'en parloit qu'en gênerai &:fuperficicllcmcnt: 11 eftvray néant- moins que la Ciarlatanerie de laquelle il fe re- cognoift totalement ignare & defpourueu,etl feule capable de le ffuftrer du triomphe dc/es vidoircs, fi l'équité de vos iugemens nepro- nonccen fa faueur qu'il s'eft acquis vn grand auantage fur ces vagabonds &: Cingarifl:es,nc- ! gligcant vne chofc qui ne luy pouuoit tourner qu'à blafme & deshonneur.

4. Sitoutesfois quclqu'vn des fauteurs de cette Compagnie mevouloit obïliner ce que l'appelle Ciarlatanerie en ce Pèlerin, cftrevn çfîcâ: des plus merucilleux que promette fa

'i


m eiuE vita.


DE L A R O Z E-C R O I X.

ponfcflTion/ie rcfpondrois ruccindemcntquc le mcfmc fc peut faire par la Geomancc,au dc- hut de laquelle ic fouftiendrois encor cette r«ulc mcriieille remarquée en vn feu! & par vne feule fois, n eftrc capable dcleur fournir vncpreuuc fondée fur rcxpcriencc, laquelle cft définie par Galien , àus cjuodUf ius & codem lib J,, moàûvifumefi^ oh/eruatto: finous ne voulions argumenter comme Anaxag ore, leq uel pour ^^^n auoir veu tomber vnc pierre des nu ces infg rnii- que le Ciel eTtôTr vnc vîeïïîejQiafure ttrutc plei.^ ne dcrciriltQux^j)^^^ plus cft ic m of- trede^monïïrcr par deux exemples qu'il s'efl:

rencontré dcsCiarlatans&CabaliftcSjlefqucIs fans fe renommer delaR. C. nous ont mon- ftre dcs cf^c^is fans comparaifon plus cfmer- ueillablcs, que tous ces Frères illuminez cn- femblc n en pourroientproduirc ou imao-iner. Lefieurdc Bufbc^uc AmbafTadcur 'pour 1 Empereur à la Porte du grand Turc, homme digne pour fes rares vertûl d auihorifcr (on témoignage , nous fait fecic en fcsr Epi(ï^<^s d'vn certain T orlaquis o u Religieux , quie, lequel après auoir difné en Con i Conftantinopic, prit vn fer tout roug e ^ auoit faia mettre au feu à ccte^Zurfetour- na fi long temps dans fa bouche, qu'il l'en, ccn -

ratoutfroid&:cftdnc,&:fîtcnfuittcplu&urs autres tours affcz cfmcrueillables ; après ief-

I li;


9*


-ro ÏNITR^ SVR Lis Fb.EB.es

quels ayant rcceu quelques deniers par au- mofne il fc retira fort modcftcmcnc, «iauec adions de grâce. Ce que le fieurGuion nous raconte a plus de conformité & paralcllcs auec ce que les nouucauxTorlaquis d'Allemagne nous promettent par leurs Manifefte & Con-

  • fcfTion : car il remarque en fcs dlucrfcs Leçons

quWn ItaliciLÛLt vcu cnFrancc du temps de Louys XIL nomrnc lean^IcqûcUc difoit cftrc Mer cure &^fe6i:ateurd'ApQlion iujri^^i^il n'y ^^=^01^ perlonne qui le lecondâÏÏ cn ïarcicncc des chofes fccrèttes &: occultes: il mcnoit auec îuy fâ femme, cnfans &: fcruitcurs , tousveftus de toille , &: garnis d'vne chaifne de fer a leur col comme Tyanee fiTfe vantoît enuers ledit , Roy de faire beaucoup de chofes cftranges, ce qui loccafionna de le' faire interroger par fcs Médecins , aufquels il refpondit percincmmct de ce qui appartenoit à la Médecine : il donna au Roy vne tres-bclle cTpee garnie de cenc qua tre vingts petits co ufteaux , &: vn bouclier ou il y auoit vri miroirrauquel il difoit cftre vnc grande Energie: au reflc après auoir faiâ: quel- que fcjour à Lyon on ne fçait où il alla, ne qu'il deuint: Il eft à croire,ô£ ic me le perfuadc faci- lement,que c eftoit quelque Frère de la R. C. quiscftoit extrauaguéde la troupe des autres pendant qu ils gardoient leur filcncc de fix vincrts ans: toutesfois ceux-là eftoienc v!crgc>.


>0t •a


  • cettui.cyauoitfcmmc&cnfans. Etievoas

demandc.Mcflîeurs.quellccftiraefctiez-vou-! en confciencc d-vn homme, lequel fcdifant trerèdcla R. C. vousauroit prcdia ify adix ou douze ans quelque grand malheur talon- ner la France , parce que toute» les places quj font au Palais <fc Paris pour y pofcr Icffigic de Bôs Roys . qu aucuns penfent auoir cfté com~ me fatalement ainfi conftruiftes, font mainte- nant toutes remplies : vous iugericz infailli, blement pat l'eifeaqui a fuiui laprediaion, que 1 authcur d'icelleeftoit veritabicmentva dcces illummcj; Frères qui fevantent dcfça- noir toutes chofes pairccs.prcfentcs & à venir; & croiriez ferinement l'exiftencc de cetta Compagnie. Or eft-il que la Noue homme guerrier & exempt de toutëKlp-e lTrtlonJauoir

^"pitièidë-res rrilïours politiques /militai- res: lugez donc fi vous ne deuez pas auoir anfll bonne eft.me de luy que de pas vn de ces Fre- res Illuminez i &par mcfme moyen combien

rrïaM
r"^^"""°^^""^S«nde&



72. ÎN $TR. svn T'^s Frères


Lev^diuerfcs conicdures & interpréta tioiis que pliifieurs ont donné à cette Compagnie.

Chapitre VIL


2,


3


^cl efl k contente' ment ^jae l'on reçoit de la fhïlofofhie,

La. ditafîon fuit le menfonge.

Diuerjes conieSlures


qne l'on faiB delaCo fagnie des Frères tU luminezi» 4. Celles de l'Atitheur., defquelles la dernière eftla vrayc.


I. .^^Ombiek que ic ne doute point que pluficurs interprctations plus à propos que la mienne ,nc fe puiflent donner à ccpafTaged^Ariftotc, ^ai velit deleaan f ine trimtiaAdihilorffhiam recf4rrat :\c diray néant- moins qu à mon lugcmcnt ila eftc occafionnc de proférer ces paroles,6^ nous donner cet ad- ucrtiflcmcncparce qu'il iugeoit aucune occu- pation ne deuoir cftre plus agréable auxhom- mes , que celle qui fuiuant les traces de Icur^ ambition,ouure le chemin à vn chacun d'efta- blirquelouc opinion nouuellc , fondée fur lai prétendue porfeffion de la vciitc, de laquelle il foit recognu pour Ghef,&: en qualité de tel ho- t txhl norcdeçcux \c((\Md%confcfffrop'i^ignorantiy

homines


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DE laRoze-Croix.


hmmes fcicmes admirahtur: & ne me foucic de chercher autre prcuue de mô explication que le fage Epiciire, qui aptes auoir mefpriré fes douleurs nephritiques par le contentement qu'il receuoic de la multitude de fes auditeurs, rccognoifl: ingcnucment n cflreredcuablede la louyfTance d vnfi gran d bien, qu'à la feulœ . Philofophie, laquelle eft fi fertile en fa diuerfi- r te , qu'après auoir fourny de matière '^^^lojo- ûcsjcrquelles eftoicnt toutes fondées & efta- bUcslurlaîcule communication de la beatitu- f <ic&fouuerlmB^n^n^

j pcTTuiac aTéirêquT^cl^ousair^^^

en cette queftidn , qu'en toutes les autres qui • ^ j nefontpas moins côtrouerfces , Patetcmmlus epift. ^

'vemas.nondum efioccupata, multum ëmmcx ilU

' futum reliaume^r

2. Toutesfois après auoir meurement conS^V^t-' ftdcrccedired'Ariftate, ictrouuc qu'il nou'T" deuoit pluftoftaduertir de rechercher noflre contétcmcnt en laprofc/non que nous pour^rT) rions faire dencfuiure iamais ou enibrallcrja /■^^^^V/^^» vente. Car fi la diuerfité des objeds eftlVni- n^Jt/Ri que raifon du plaifir que nous receuons iour- " îiellcmcnt , & la vérité demeure toufiours vne ^ inuariable ; il s dnfuit vifiblcment que les JUL/;.^ faufTeccz & opinions les plus erronées Tone^\t/(V7 feules capables de nouslatfe i>.^-^(^

cherche, pour ncftrc pas fuoft néès&éfclo^


In^tr. svRiES Frères icSjqu'cllcs fe trouucnt foudain emmaillotées^ de toutes fortes de langes , & comme les Suif- fes reucftucsô*: bilbarees de toutes les couleur? qu'il plaift à vn chacun de leur donner: &: c eft ce que nous ont voulu enfeigner les Philofo- phesparla vérité de cet axiome, Batovnoab- fmdof€quHnturinfînitii\ & les Mathématiciens quand ils nous aiïeurent queceflant rvnitélc nombre vient à l'infini , &: qu'a Icntour d'vnc ligne droite l'on en peut tirer vn nombre lans fin de courbes &: tortues. Les €Xen.iplc5 en font fi ordinaires & fréquents,' que ic ne fçay fi i'oferois entreprendre de ^ vous en rapporter vne demie douzaine des ^iM^i»*^ plus remarquables. Simon le Magicien n'eut pas pluftoftouuert Uforte aTEcrêîîe contre î'vnité de l'Eglife, que foudain la vôila atta- quée d'vne infinité de blafphcmes réfutez par S. îrenec, &: combatus iufques au nombre de quatrevingts par S. Epiphane. Mahomet n'eut r.^^<,<...^pa$ pluftofl: publié fon Alcoran , qu'en moins ^ de cent ans vne telle diucrfité d'opinions fe

gliffa dans les efcrits de ceux qui fans fin &fans nombre fe mcfloient de l'interpréter, qu'vii AnÀré certain Alkalif, c'efl: à dire Roy des Maures, ^àeua- contraint de faire de tous ce s Conime n- fufAeU taires comme auoit faid autresfois^Iuftinian jdh àt Jcs Interprètes duDroid, &: après au^r re- dulc cette dmcriltc d opinions alixpruicjpa'^


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DE L A RoZE Croix. ies.commâder que l*onabolift tous Ics.gmjrcs l iurcs. qui furent fubmcrgc z infqucs à i a char- gcde deux cens cli amc'aux: N fonob(tan't le- quelFeglement^ilsle diuiicrcnt cncor cnfoi^ x ante deux fedes. gui ont maintcnandîavS^ gue fous ladueu d êquatrc maiftrefl cs &: pria- cipa]csJ.uthernVpas ii toit déclame contre leslndùlgences, qu'vncnuec decesfautcrel- Jes de r Apocalypfc fait le dcgaft des moiffons denoftre croyance, &: ternit la lumière efcla- tan te du foleil de la Religion,ce Moine défro- que crcuant de dcfpit de voi r fa propre fede diuifec en trente quatre opin ions , ccÏÏcs des Zulnglicnscnji^ , &: les Confcfljoniftes en trois,qui toutes le recognoîîîoient pour la tor- che & le flambeau qui auoit allumé toutes ces diflcntions. Voire mefmc cette marque de di- iiifion eft fi eflenticlle au mcnfongc,qne Para- celfe, le Luther de la Médecine, a pluftoft cfté diuerfifiépar Crollius.du Chelnc, Hartman, &:vneinfinircdautrcs, qucnous nauonsrc- cognu pari-intelligence de fes œuures,Ies blaf- phcmes &: abfurditcz de fa nouuelie dodrinc.' EtcetteillumineefraternitcdclaRozc-Croix napasfi toftouuert le cadenas de' fonfifcncc pour nous publier le Romàn de faConfcflîon, qu^al'mftant mefme on luy adonne cinq ou lix dmerfes faces, Sautant d'interprétations ridicule?, que l'imagination de ceux qui m



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7^ InSTR.SVR lES Frerï$ oncvouludifcourircna peu tracer fur le cliap dVne infinité de conj^durcs curieufcment re- cherchées dans la bourbe de leurs cfcrits.

5. Ceft pourquoy, MefTicurs, après auoir cTtc confirmé par vnc longue expérience en la vérité du dire 4'Epich a rme , qucJ c^incipal nr jdSy^- ^eflc eft de n e goire que fort mode- ftemc^in^sjo^^gwj ic vous inuite de prendre le pîaiïïr auec moy de la folie de ceux lefquels ayans rcceu ces illuminez Frères de la R.C. pour cftre , comme ils fe vantent , la Bi- bliothçquede Ptplomee , l' Acadcniiç dc Pla- CoîQa siallerie deZenon, lajource des beaux cfprits, le débit des fcîëncei, le Lycée de toute r Allemagne , ^ pour conclure en vn mot, le magâfin des plus rares mcrueillcs » 6c le prom- ptuairc de toutes fortes de miracles,- fcfont imaginer leur Compagnie eftrc fcmblable à cette troupi: c ndiablccdc Magiciens, lefquel? cftans abordirz en Efpagne par la conqueftc des Arabes , auoient eltabU leur Académie dans les grottes Ôicauernes proche la ville de Tolède, quand ils en furent chafTcz par Ferdi- nand Se fa femme Ifabelle , qui pour conioin- dre le repos de leurs confciences à celuy de leur Royaume, firent brufler, à Timitation des Apoftres U de Domitian , tous les liurcs trait- tans de ces ineptes &: groffieres fuperftitions: Dcfqucls aptes auoir Icu le catalogue dans



DE LA RozE-ÇrOIX; 77

rntheme,icconicaurayincontincntquefui- cap.,? liant cette opinion le vénérable Perc illuminé premier authe^ir de la Congrégation, auoit puifc les fecrets de fa dodrine dedans tous ces liurcs, que Vulpian appelleroit improhau le^ atoms, ôc dcuoit cftre principalement rcdeua- bleauReuerend Pere endiablé Picatrix, qui compila l'an iij^. quatre liurcs remplis de toutes les inepties du mondc,lcrqucllcs,com- me luy merme confcfTe , il auoit recueillies de i deux cens vingt-quatre despiys fameux Ma- giciens de toute l'antiquité. Mais la vérité de- cette coniedurc & interprétation edant dif- ficile àpcrfuaderà la trop grande incrédulité de quelques- vns qui cftans aceou ftumcz l tel- les fixions & narrations fabulcufcs, èufim,^ formtdamwa , noaium occttrfacula, laruarum ter^ rtcuUmeta, nocJumcs Itmures.fortentai 'ThcffaU rifié excipmnt , & font trophée de publier partout quo cette monnoye eft de trop foi^ Die alloy pour auoir cours,

foflquam nafuta luuenttu^

J*f^oracraJfoYHmmaUcredHUridetauomm' le me fuisp.^rfuadé que lopinion de ceux-lîi citoit plus receuable qui ont eaiméquecc- Itoit vne Compagnie de gens dodcs & cu- rieux, lefquels defirans par la communication qu ilsauoicnt cnfembleparuenirilacognoif-. lance des fecrets les plus cachez dp la nature,

K Jij


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^% Instr.svr LES Frem^ ^ ^ cognoiftrc aflcurémcnc par le trauaïï dô

leurs eftudcs, ^ , ^

Horat. mare comftfcAnt cduft , qmd teperetannum ^H' sielUfpontefHa.iupvcvagentur&emnt:

' Quid fremat gbfcumm km, quià proférât orbem, ^uid veitt & popt rerum cmcordta difcors: i^us ont pluftoft par leur Manifeftc &: Con- fefllon reprcfeiitc le modèle des choies qu'ils deuoient rechercher, c^ue non pas le ca- talogue de celles qui cftoient enlcur puiflan- ce 5<: lcrquels ne fevouloicnt embarquer a la conquefte de cette toifon d or qu après aisoiç authorirc,commc d'autres Argonaute$,le dcl- fein de leurs voyages du fauorable tiltre de quelque Compagnie ou Congrégation : de mcftpe que Ton vit en Italie du temps de Paul II. quelques perfonnes ftudieufes changer leurs noms donner commencement à cer- taines affemblees , lerquelles Callimaquc 62 Platine , au récit de Paule loue , en leurs vies^ reconnurent par leur calamité n eftrc agréa- bles a ce fouuerain Pontife: Et le mefme s efl: pratique anciennement en Grèce , &: depuis peu en France par la Pléiade des Poètes ^ cft maintenant en grand' vogue par toute l'I- talie, &: principalemêt laTorcane,comc nous reco^rnoiffons tous les iours par les nouueaux caprfces de leurs Academiesilaquelle opinion cft authorifcc par le confentement du Sicuc


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'Adami


_»E LA Roze-Cr


nous


'""ïommeAllema Icrons perpétuellement oblisez Do,.rl uresde cephcenix de tous léf Ph^^ r i'"""- Politiques Tbomas Camn ' „ ^ ^ fert tous les iourSirf"'""' « 

dreffcc au M^nàpS ?P'=. ^d-

prelTément dW e„ '^f P«'^«-

0»auccpIusde.raiS4 reTurirer • racncn autre chof^.^» i / "^^'^"^nere/pi-

Ic^iours leur temps fia e.h^ ^"t"'

ie^eft.mponibiee„t^r^:?ar"'

elle ef '^^T"^"/'-' V^'-- elle les auroïc voulu rctirerde cette anrf>. i

cngngeantà vneautre de bien nim <?r ^ ' rite & cÔfequence a. „ ? P"'^S"nd me-

cernoftreXme'1rr'""'=ry'="'^"- conjeaur s feTe„ f 1 "^"^ bleCongreVacr P 'J""^."'^=&inuifi. L fois -ftiil ^ • n f ' auoJS autre-

L tois .ftimc elle efloit «, ce pays qui eft nô.


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■ , «^ Roze-Croix. Si "f " ^ accomplis en toutes fortes de crrcctions .comme nous auons l'OraceuxJe

I^bliquc dçJkton; iS- ,"',^|*y.'.l'Vtopic de Maurus,le Courri-

^autonnicr^ Pieyç Je Medine, le Veneur .1 ï °"4!iî°\«, & de frai fche mémoire la Cité r J , Ç^fnpanella, tous lefqtiels LiurcS

racezpar Je defirquc leurs Autheursauoienc ienleignerJefouuerain degré depcrfcdion,

qu vn chacun a d'exceller en fa vacat,on,c..... i,-, . . nqmdemfant, comme dit Laûancc . facnc dé fiifa

. 4- Qn^fif'auoisentrcprisdevoustcprefen-

«"toutes les autres interprétations qi e plu-

fieurs félon la d.uerfitc de leur iugement ont donne a cette Chimère, iecraindrois, à bon I oroia , que négligeant de vous déclarer les i mieinies, >ene fulFeaccnfédc mefme défaut que i ertulian a remarqué en Ariftote, lequel ic'on le lugcment qu',1 en donne, cft plus ,,, ,

flere: c cftpourquoy toutic but de mon intcn- "P^ tioncn ce Liure n'ayant iartais cfté autreque devoHsperfuaderàfuiurel'aduertilTementde


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Instk. SVR Lïs Frères adii^a mhà diquam opem funt latura prof ère* fnm ; îc vous demande pardon fî pour facisfai- reà voftrc curiofitc ic vous donne cncorvno couple de ces conicdurcs. &: en fuittc d'icelles Texplicacion &: première fourcc de toutes ces fauffeccz , à laquelle ie defire que vous adiou- fticz autant de foy, comme elle contient en foy de vérité & eft cfloigncc du menfonge. le croy doncqucs, & me perfuade que vous me l'accorderez pareillement , que l'on doit cou- cher en mcfmc degré de folie , &: tirer fembla- bles paralcUes entre les cxtrauaganccs de TAu- theurdc ces deux petits liurets,&: cemclan- choliquc hypochondriaque de Tan i^ir. qui fut fi furpris &: dominé de folie , qu'il s c- ftoit acquis par la Icdurc des Romans & quel-? ques prétendues reuelations , que d'adrcffer vnerequefte au Roy, laquelle fut trouueo dans la grande fallc du Louuro parvn de mes amis,quifortantde la Prédication la ramaflk de dciTous les pieds , lequel m'a permis d'en extraire ce partage, pour vous faire iuger du refte de la picce,5i par mcfmc moyen de quel- le trempe eftoicntles imaginations de fon Au- theu r . Sire, vom (upfUent humblement & à mains iûinftes ^ cent Caualliersdu fays devoftre France y qui far Pinfpiration diuine, & pour ac- (omplirfes volontez & Us prophéties , jont deli^ herez* mçftn aux champs , portant le mm de lefus


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DI LA RoZE-CrOIX. g|

Juv leurs armes & manteaux y qmttans& dban- donnans leurs maifons .femmes , familles , & tous ttens,pour aller es terres neufues nouuellemefît defl • Cêuuertes, Ips de t Occident, fays& contrées des Barbares & T art ares ^ pur y planter la Foy de J e fus 'Chrifl ^contraindre les habitansdela pren^ dre , &y faire édifier Temples fous (en nom & de Mf^cree Vierge fa mere.promettansé'iurans de- uant le grand Dieu tout-puijfant (& vous Sire) y faire tant de fi grands fatals d'armes auec leurs amis (jr alliez , que auec layde de Dieu tls vous e» rendront Seigneur , y planteront la foy Catholique ^poftoliqus & Ro?naine, & plufîeurs Temples oh 'vosarmes feront i vous rendans le/dits pays tribu» taires. Il y auoic auffi dans le mcfmepacquec vne lettre par laquelle il promcttoic de prefcn- ter à fà Majcftc lors qu'elle auroit atteint 1 agc de ij. ans, vne efpee qui eftoit cachée dans quelque Monaftere , par le moyen de laquelle elle deuoit à quarante huid ans conqucftcr tous les pays d'Orient , & exterminer entière- ment l'Empire desTurcs & famille des Ottho. naans : co qui me faid croire que ce pauur«  melancholiquc auoic leu ce que remarque Paule loue du glaiue de Scandcrbech, ou l'hi- ftoire de 1 crpec^îeanncTà Pucelle , de la- quelle y^andus f araniûs AU {cconà liure qu'ilacompofc dcfavie, termoigne les mer«? ^cilles par ces quatre vers,

L ij


$4 ÏNSTII..SVR LES FRER.ES JlUcet afferri quem frodtâit Angélus enfem^ yirgo tuhety lateri^ addit^ tum Carolus altit Lilia mente notât ^forîendi talïa vanis Non ratus Auguras , mentcm nec ofmto lufît. Ce qui donnoic courage à la débilite de foit cerueau d'cfpcrcr que quelque vieil ioup , nietcrre,ou branc d'acierjprcfcnté par kiy à (a jMajefl:é,feroir plus d'exécution (ur lesT\ircs&i , Infidèles, que ne firec iamais entre les Palatinf & Cheualicrs de la Table-ronde , Flambcrgc, Courtine, Durandal , hc toutes les autres def- quellcs parle le Pere Garaflc, infacris Rhemen-* Jihusj2iuu\tx& Deenfè regh^ oM que ce fixain de M. Moreau Dodeuc en Médecine, en (on Triomphe Royal de Henry le Grand , luy pouuoit eftrc plus à propos adapte qu a pas vncd'icelle,

Ces Urnes de Damas , ces coutelas chantez^ Ce branc que nos guerriers fortoient à leurs cofez^ Sous des ttltres pompeux hruyent deduns Chifloire» 2>1aà loyeufe^ Corto^F lamhergej)ordonnois^ Compté ^ Durandal^ & Courttn le Danois Cèdent k (on tatllant^& bien plus à (a gloire, Toutierefte de cette requcfte eft (î groffierc^ ment tiflu » & auec tant d'cxtrauaganccs , que ceferoit faire tort à voftrc iugemcntque luy en vouloir reprefcntcr hi faire cognoiltrc les inepties 5 il vaut mieux vous monftrer en peu de mots comme Ton ne manqueioit pas d'iu-^


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DE LA Roze-Croîx* 2s on vouloic dire-qucccc* îc fraternité cft vn ftratagemc des luifs Ôc Ca- baliftcs Hcbricux , w quorum JphUofophia , dit Criait; Picdcla Mirandoie,^«?«/4 funt velnt quçdam ^-^ mminefacra, & in mdtfate veriutù Mtta , ceu iTapl!" frodigiA quidam & arcana myHeria. Ce qui fc rapporte & conuicnt fi à propos aux cfcrits çabaliftiques Sc myftcrieux d'vn Conrard, Crollius, Harcman , & tous ceux qui fuiucnç les traces de cette Société, que ie fuis con- traint de confcfTer ou que les luifs &: eux par- ticipent en vnc mefmedo6lrînc, ou qu'ils ne valent pas mieux les vns que les autres, &: font du tout à négliger. Mais pour en parler plus precifcmcnt , Sc les déterminer à quelqu'vncs des fcdlcs qui ont maintenant vogue entre les Hebrieux, ilfautrcmarquer, /r//»//aV^//^iy^- Rtiodi- hrxorumdocfrinantiKcederf.quïppe autadThal- gi»».lil>. wudicos recurrtmî, autad Philofèphos ^ant adCa- ^4//i?^3&:queIes PWofophes font ceuxlef- tic^At'. quels eftans redcuablcs de leur commence- mentàvn Moyfe Egyptien qui floriftbit enui- ron l'an 1300. du temps d'Aucrroes,&: foi- xantc & treize ans auparauant l'Autheur de rilluminee Fraternité , s addonncnt du toutà la contemplation & à la plus haute vie, rap- portent le fens de toute l'Efcriturc fainde à TArchetypc, & y ont interprété toutes les chofcs de cet Vniucrs , ou par les nombres, ou

L iij


%6 In «TR. svii LES Frer.ï$ par la raifon fymboîifcc , ou par le fens anagoï giqim Se corrçfpondanc; &c Icfquellcs des deux parties de la Cabale Berefith & MercAUS ontchoify lapremiere,laquclle,relonRcuclin, efl pifientia natmA^ comme celle de MercAux Jâpentia diuinitatù , interprétée par icelle la vraye Phyfiquc &: Philofophie naturelle fous ^es cnigmesS^ allégories fi cachecs,qu'ils nous dôncnt rujct auec quelques autres confidcra- tions de faire fymbolifer auec eux la myftc- rieufc dodrine de ces Thaumatheurgiqucs Frcres de la Roze- Croix, robfcurité defquels cftant dcftinee au Chapitre fuiuant, il nous faut examiner quelle eft la bafe &;le fonde- ment de couice kur doctrine , hc comme ils di- uifent toute l'antiquité en deux fedcs &: fa- aions principales, la première defquelles qui cft fondée fur la Magic, Cabale & Philofo- phie Hermétique, ils difent cftrc la plus an- cienne, eftablie autrefois en Chaldec hL Egy- pte, & maintenant en Allemagne par Para*? celfe : l'autre plus ieune &: récente eft la Peripatetiquc , Arabe, &: Galenique, qui comprend Pline, Diofcoride, Auicennc, Mc- fuc,& tous les meilleurs Autheurs, quos in tergum fuum re^cit Pamelfus ^àc de laquelle Crolius entend parler quand il efcrit en fa Pré- face , 4 Gemli philûfophU omnem errorem fro^ manajfe^ ftsd dftfUx maturarumc^rfus, V{fikiU


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DE LARoZE-CROl^e. $7 fcritcetelementatum , <^ 4/^4/^ w/^^//^ mco^ni- tumpmemm. A u Oi n'auoit clic pas cet aduan- tagc que de participer Umen nature ex magno erparno mundo, é- Itimen gratUexreuektione occulta ^ ^ cllcs'cn: pluftoft amufecà fucillcccr lescfcncs d'Ariftocc &: Platon, pourcftablic petit à petit riiiftoirede la nature, telle quo nous rauons auiourd'huy, que non pas à cher- cher les my fteres cachez dans la fapicnce à! h • dam^, Moyfc, &: Salomon; ou parce que les andies Payens Infidèles , & croyans Mcyro pour vn impofteur , ne pouuoiet où la recher- cher , cftant deftituec de ce principe ; ou biwi' parceque Albert le Grand, SS. Thomas, Bo- naucnturc , Occham , & vnc infinité d autres i-)o6tcurs Catholiques qui l'ont fuiuie, iu, gcoient <jue toutes ces my ftcrieufes interpré- tations cftoicnt plus capables de nousportcr dans les fuperftitiÔs du ludaifiiie , que non pas de nousdoncr aucune certaine cognoifTancc de la nature, laquelle ces illuminez Côradiftcs nous reprefentet aucc vne telle abftraaien de Gc qui y eft de plus rccl &: manifcftcquMls me- ntent d'cftre bânis des promenoirs d' Ariftote, comme fols, infcnfez,,!' fupcrftiticux qu'ils iont, pour aller vendre leurs liurcs & images pamiy les femmelettes & cnfans, aufcxucls aufli ils pcuuent bien perluader leurs fables, mcnronges,&: vieux cotes dcleur S,Qcieté,s'ils veulent âuoir que^ucs fauteurs du adhcrcns>


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58 ÎNSTR.SVR LEsFrERES

car pour vous autres ic croy que vous rcco- gnoiftrez maintenant aucc les mieux fenfcZj, ^■^c, qu'il cft dcccttefiaiô /icutintheams^ertfolet» Lirin! rvhi vnus plures effingit perjonas quorum ipfe mlU

  • ?ofI^' que ce font les fruits de l'inuention de

roua"' quelque Allcmand,lequcl voyant aucc quelle promptitude toutes fortes d'opinions cftoicnc rcccuesen Allcmagncs'cftfacilcment perfua» dcquepourucu qu'il cuftlahardielTcdefairc monter cette Chimère fur le Théâtre de l'Eu - ropcjlc defir que l*ona des nouueautez, 62 rimbccillité d'vnc multitude de cerucaux lu- natiques, luy fourniroicnt afTcz de fpcâ^ateurs pour approuuer fon inuction , laquelle n cftâc qu'vne pure rifee te inuention de quelque ef- prit gaillard & facctieux,&: Celfc nous aduer- iib. } , tiflant kmoYcm e[Jè morhim am rifu quam (eriâ infanientium , il n'en faut faire non plus d'efti* me que de nos vieux Romans &Amadis de Gaule, Icfqucls toutcsfois augmentent de iour en iour leur crédit enucrs nous , au lieu que cette fable commence de s'abaftardiraii pays mefme de fa naifTance» & comme dit le lieur Adami en fa dernière lettre au PereBa- ranzanijdattccdu 15. Où.ohïCi6 il. fabula iâx iam fereperaBa fy?.C eft le c-- mps^lequcl cftanc la coupelle de tous ces mcnfonges , les fait en- uoler en fumec,& confirmera ainfi que i cfpc

Je mon opjnion. ^

Les

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DELA RozE-CrOïX.'


^9


Lcsabfurdit^ac impertinences qui fc - rencontrent es articles de a^tte Com- pagnie,& en rAmphitlicaïb deCon- rard, auec lexplication d iccluy. Chapitjce IX.

Co?îf4râ en fin Am^ fhitheatre.

4. Ld vrayc interpréta'"

îionâefonl'mw

5. ^uel eflott fon dcT-


. Erre$trs âuMitnife- Jleéde U Confeliion, & par qui réfutée s. |i . Remarques fur quel- quvnes ficelles. • ohfcuritê njice f$Yt fréquent es efcrits de cette Compagnie^ dra



fein en iccluy, é' four- quoy il ej- Ji ohlcur& difficile A erjtendrc


'Il cft yray qucfurvnfujecfîpcrfc- - =^ dionné U accompli aux yeux de b plus-part des hommes, comme cft la femme, Ton ait peu remarquer cent deux impcrfcaicsl L jjefqucnes outre îcs vices qu'elle participe com- miuncmentaiiecvn chacun de nous, luyfonc tellement particulieres.que fort rarement clic s'en trouucdcfîailie, comme a curicufcmcnt remarqué vn certain Aluart^ PeUgittsixw liurc qu'il a mis en lumiereX»^ fUncfuEcctefi^; iere doute point que fi l'on fc vouloir do<incr la ""^ pcmc d'GJCaminer diligemment le Maaiferte ^

M .


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50 In.^TR. SVR. LES FrEK ES

la Confe(rion,qui font les deux liiircs fculs qui nous ont apporté les premières nouuellcsac cette illuminée Congrégation, il ncfufttrcs-l facile de remarquer eo iccux , non vnc ccntai- 1 nc,mais Tnemilliacc, ou pluftoft vne myriade i de rcfucrieS , menfonges , impoflibilitcz , con- • tradi6tions, &: autres erreurs de non moindre i confcquencc. Le Pere Robert Icfuitccn acf- . hauchc quelque nombre en la feclion ij. d« i fon Gockmus Hcautontimorumenos: Sc Libauius i en Ton ttaiàc De phtlofofhU harmonica magica i Jratrum de Rofea cruçe , en a remarqué vnc telle : quantité, qu'il faut confeflcr qu'il n'a rien laif- • fé ^ glaner à ceux qui vaudroient en cfcrire t après luy,s'ils ne vouloicnt comme laCorneil- ' i-H le d'Efopccouurir leur nudité des plumes dcf- \ robcesçàSclà, cacher leur ignorance fous la i d(D6i:rine d'autruy , ô^cftablir lefauxluftrede i leur crédit hc réputation fur les veilles & la- ■ bcurs de ceux qui ne laiffans rouiller &: moifir i \\ les inftrumcns que la nature leur a dÔnez pour ! iugcr de tout ce qui leur cfl: infericur,&: exami- 1 ncr la vérité de toutes chofcs,ont pluftoft choi- \ m fi de s'immortalifer en les exerçant , que d'au- gmenter le nombre d vn tas de brouillons d'cf* j :a criuains,qui ne feruent que de fcribes &: inter- prètes à l'opinion des autres. '

2. C'eftpourquoy ne voulant eftrciugcplâ- |i giairc eii vnc macicrcfi fertile de nouucllcs eoU^


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DE LX RoZE-CroiX. 91

ceptions, &: le nombre infini des inepties qui fc rencontrent en cctteSocieré,m'aduerti(rant de vous dire aucc Sencquc , Video non futurum'Efif^: finem in ijîa materia 'vUum^ nifi quem mihiipfe fe. *7- ^^b, (ero. Il me Tuffic de vous en remarquer quel- qu' vncs , Icrquelles combien qu'elles ayenc cf,. chappéà la diligence des preccdens, elles ne font pourtant de moindre confequencc, que Celles qu'ils nous ont remarquces,&: nous font plus appcrtement recognoiftrc la beftife de celuy qui a bafti &: plaftié fi groflleremcnt ce fabuleux Roman delaR.C. puifquen ayant l'induftric de leur trouuer quelque nouueau tilrre ou epithete, il a efté contramt de defro- ber celuy ^7//«^w/Wà Raymond Lulie, lequel cnconfideration de fa nouuelleTliilorophie, des fix millions d'or donnez parluy àvn Roy d Angleterre pour faire la guerre contre le Turc, &: des trois voyages qu'il auoir faidà Rome pour confeiller au Pape d'abolir &: ex- terminer toutes les œuures d'Auerrocs, fut furnommé Radius mundi, &c 'vir ilUminMus pour faire remarquer fon excellence & capa- cité par defTus celle des autres Dodeurs de Ton temps, qui fc tcnoienc bien- heureux d'eftre %nalez par vn feul tilcrc , comme a remarque en plus d'vne trentaine deMedecins Simpho- rien Champier en fesOpufcules,&:vnc infini- ç d'autres que iepaflc fous filence, pouriiç

Mu'


$t îîJ STR. SVR LES FreRIS

groflîr ce chapitre de la fimplieitédes lurifcq* luîtes & Théologiens. Son ignorance n*apas auflî moins eflc recognuccncc qu'il les aflii- jettit à cette fable des quatre Monarchies ré- futée Se conuaincuë de faux parBodin en fa Méthode chap.(j. ôc Duret chap.i. des caufcs des changemcns &c décadences qui aduien- ncnt aux Royaumes , qu'en ce qu'il fait le prc- ii^icrFrerc illumine qui florifloit l'an 1590. fort verfé es langues Grecques &: Latines , ne con- fjderant pas que rAUemagne en ce temps 1^ cftoit Cl barbare Se tcllemct defpourucuë de la cognoiffance de ces langues , & principalemcc de la Grecque , qu'outre les ccymologics ine- I près Se ridicules d'Albert le Grand , cet Epita-

phc drefTc àvn dc« plus dodcs &: grandsClercs de ce temps là en rend vn fignalé Se fuffifanç

tcfiTioignage,

Bicmst MagiHnmffer^

difputauit hù aut ter In bArhara & ceUrenîy Jta vt omnes admirarettt, In pfefmo &frifefûmorunf, Orate pro animas eorum. Ce que ien'euffepas voulu aduanccr , fiicnc l'eufle yeu confirmé par Durer en fon Thrcfoc des langues , lequel remarque que l'Italie, la FrancejÔdl'Allemagncn'auoient peu ou point de cognoifranccdeiaIangueGrccquc>iufques


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DS LA RozE-CroIX. 9.

a ce qu aprcs laprifc de Conftantinople l'an HJi- I Italie la reccnc prcmiercmcnc par le moyen dEmaniicl Cliryfoloras , laFr.nccpar l'induftncd vn Grégoire Typhcrnc, & l'Aile- magne de lean Capnion dia Rcuclin , lequel cftoïc rcfpedcdc fon temps comme vnaurrc Ennuis,

car é- lin^u^^ res mira, très h ah ta t Majs ce plaifanc falloc d'Allemand n'a-il paj

cncorbonnegracequandilnousfaicmcntioa d vnc ville nommée Damcar en Arabie? pour nous donner occafion de mcfprirer Mercator, Ortehus, MagWHs. Berùus, & cous les autres Cormographes , lefquels ont elle fi ne- gligcns que de n'en faire aucune mention en leurs trcs-dodes &: elabourcz Commentaires. Cette niaifcne&fidion fi manifcde me don- ne occafion dcconjcaurcr qucl'Autheurdc cette Chimère la voulut compofcr pour la rendre plus cfmcrueillable, de tout ce qui cftoit le plus cftrange &: ridicule en routes les

tlTu ^î,^"'^"^"' P^^ moyen d,c Iwmblablcs Secrétaires ont triÔphé de 1 oubli pour parucnir à noftrc cognoifTancc. CcH: pourquoy il a faid voyager Ton Frère illuminé comme vn autre Apollonius, l'a rendu Hcr- mite comme vn Pelagius , a enrichi fonfe-

d phbius , des liurcs de Nttma,dcs,cIochetccs

M iij


54 InSTR. SVR LES FrIRES

qucParacclfc cftimcauoir vnc grande vertu en Magie , & du Microcofmc d' Archimede; me perfuadant que fice n'cuft cfté peur d*e- ftrc foupçonné dVne imitation tropmanifc- ftc, ily cuft auffi toft renfermé l'Androginc d'Albert le Qrand.dqquel parleToftat, ou les teftcs de cuiure , Icfquelles , fuiiiant les narra-f lions dcMayer in volum arhorea^ Paracclfe, Campegius , & quelques autres fuperftitieux crédules &:melancholiqucs, Virgile, Baccon, Linconienfis, &: Guillaume de Paris, auoienc forgez fous certaines Conftcllations pour en tirer des Oracles rcrponfes en toutes leurs affaires & plus importantes nccefTw tcz: Ce qu'il pouuoit faire auffi aftcurcment, que par vne effronterie manifcfte il a at- tribue à ces Européens & illuminez vnc cognoiffauce des langues fi vniuerfellc , que Poftelquien fçauoit quinze, le IiiifdcThe- li«.î.rf«uet qui en parloit vingt-huia, Scaligcr qui facof. n'en ignoroit pas vne, &:S. Paulqui difoiteii fhteX ^i^pJ^cmiere aux Corinthiens , Gr^//^ agoDeo. meo quod omnium vefirum linguà loquor^ n*eftanc rien en comparaifon,ie ne voy pas qui ie pour- rois prendre pour Icscontrcquarrer, que ces Anges ou habitansdu feptiermcCicl de Ma- homet , efuorum qmfque hahehat fcfttngtntd mil- u.con- ufitum,& in quolihet capitefeptingenta miHia îter.^^' , & in quolibet orc mille [eftingcntas littgti^


6.


Ricol dus c.



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KE LA Roze-CroiX. 9f

Il ic n aimois mieux donner pour toute ref- ponfc & fatisfadion à ces impertinences * relucrics manifcftes ce que Selcftadiusadia autrefois des Efpatrnok,

^onfmtxthm-itmasmarceDeus aJ'^\ groflîr cette Inflraftion à cre^ dic . &:abLifct de la patience de fes Leftcirs. que de vouloir poutfaiure Se examiner toutes Icsabfurdue/, qui fc rencontrent amoncelées fi^r chacun de leurs «ticies:les tromperies des M^g«aens, Uiymiftes, Aftrologues . & Ciar- '«an, (ont tellement defcriecs te con,baTu" qu aptes vous en auoir remarqué quelquVnes

pourvousferuirdePI„reàulfcLu2rtede

  • utrc« , ,c croiray auoir fatisfaidà mon deuoir

icn examine cncor vne plus familière que toutes les precedctcskcette fratcrnicé.&beau- coup dauantage es efcrits de ceux qui patcici- pent fes vices aurtî bien que fcs maximes

-QS'y'reùnfolmvemtirUiabushurnlr. S.pe? itccn eftpointdemerueille, puis qu'ils font " profcdioij ue tirer leur Philofoph.^c de l'an- cienne Théologie des Egyptiens. Moyfe &: ialomon qu lis retiennent, mais tant ils ont

lerpntfubtil&aigu.rurpafl-entparladifficulté de leur ftylc entrclalFc de Méandres & laby- nntlics de confufion , les Hiéroglyphiques le


Mail-

tuan.


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9^ ÎNST R. $VR LES F RERES

Sphinx des Egypticns,ou laGhecnatricNota* riacon , tous les chiffres des Hebrieux. Et (î Socratc a dit auttefois que les cfcrits d'vn Hc- Viucs raclicc Ephefien De/io natatere indigebant^ que lib. I. diroit il maintenant s'il voy oit vnliurcintitu- ibrrup. le, F. R. C*famaefCiWz.ta rcaux ^bucema luvtUi Artiui vltimi, Eo£ hyferhkd fr^mncU^ Uontiu Europe càcumina, fuo cUngore feriens , tnter colles & con* ndUs Araba refonans. Pour moy,ie me perfua- de qu'il approuueroit ce diftique que l'Au- iheur a mis fur la fin du Galinlatias de fes Chi- mères,

^ifquis de Rofea dditas Cruels ordmejratrumt

Hoc lege y perU'cfo carminé certus eris: parce que fon difcours &: tout le tiffu d'iceluy cftant cent fois plus obfcur &: embrouille que ch»pAi, le procès des deux Cliens de Rabelais, ilcfls aoirc que la narratio/n en eft aulTi véritable que du plaidoyc de ces deux parties,puis qu el- le ne peut eftre dcfcouucrte expliquée que par le Coc-àlarne de quelque Pantagrueliftc frère ou fauteur de la R.C Mais s'il vcnoità condderer cet autre dcfTous l'cfcorcc duquel les foibles efprits de ce temps , d- f^ibus fcrfe* raUrts 9 fus ejfet^nevari aut eompernesjîerenî ,efti- ment ( comme CraŒjÂ.di:d.>Jis la îoy des dou- ze Tables) toutes les^^^icnciseftrc myftcricu- fem^nïc ompriîes vp ortant pour erchantillon <ic ccs^maiferies ce nkrc fpccieux, propre

feiiiemenc


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3


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H ^ DE LA RoZE-CrOIX. 57

fculcmet à anglucr quelques bucords ; -^w?^/^/- theâtYum UfientU dtcrn/folrnsver^ , Chrifliano^ Cahalifticum^ diuino-MAgicum , necmn Phyfico^ chimicum , tertrinnum Catholtcum , inJiruHore Henrico Cunrathy&c. le croy certainement qu'il s cfcriroic aucc S. Hicromc , r;%;v7 ?qu£ Conrr* /^«/ hxcfortenta 'verborun^ , ou qu'il luy adapte- roit ce pafTagc de Virgile au 6. dcrEncidc,

Cumea Sthylla^ // orrendas caûiî Ambages^ antroq. remtmt Objcurisfalfkif7uoluens, Ce qui me faiâ: iugcr que fi pour donner quel- que trefue &: rclalchc à fa rageffe & prudente conduitte, il venoic après rouucrturc de ce Liure à rencontrer cçs mots répéter, cntrc- couppcz,&: capables de faire grincer les dcnt$ À quelque démoniaque, //4//<'//y./4^, HMu^ iahyHaMu-iah, Thy Diabolo, & qu'il réco- gncuft par vnc Icdure rupcrficiellc, comme tout ce gros volume cfl: rcmply de

^X^id^fmî^Jnm^^^^ Mcrim.

ne pouuoit moins faire que d'approiuicr l'infcription qu'il a misa vne des colomncs de \ fqn frontifpice , e millibm njix vni , voire mcf- mequilcrt impoflîble à aucune perfonncdc rien comprendre en cette panfpcrmicjic von- lois dire pan-fophie, tirée & cxtraitte de la Mcdccine,Chimie,Hiàoire, Magie, &: fain^cï ficficurcnon moins dangcrcurcjfE)o.uï vncû


Macar.


5S ÎNSTR.svR LES Frères grande confufion , que ce monftrc defcrit par les Poètes,

Trima ko ,poflrema draco , média if fa chimera: In artc OU Véritablement plus ridicule que celuy du- ï>ectica quel parle Horace, ^ ' Bejinat in fifcem mulitr formofa fuferne.

Car il faut confcfTcr que ces dix ou douze fi- gures qui font le portique &: entrée de ce Temple (î fupcrbe, eu efgard à la vilité de quelque Rat qui cft adore dedans, eftatis rc- Icuecsd'vnc fi grande dmcrfitcdc perfonna-

Vt nec feriftromata dque fi6ia fînt camfamca^ Neque Alexandrina helluata confuta tapctta-y & que les grotefqucs, guillochis, entrclas, fueillages, morcfqueSjOU, pour parler d*icellcs félon leur mcritejcanes baftees,oyfons bridez, cerfs voîans, boucs fautans, fatyrcs, marmots, &r fcmblables peintures de gallerics,ne font rien en comparaifonidonncntvnc grande en- uic à ceux qui les contemplent de fçauoir cognoiftrc

^id dignurn tanto ferai hic promijfor hiatu* . Et de faiâ: après l'auoir bien confidcré ils troïi- uent que c'eft vn Protee 5 lequel Virg.4.' Omnia tr ans format fefe in miracula rerum j <Gcor. Jgnemj^ , hûrrihiUm^feram^ftmfm^^ Uquen^ tem ;

Et fiiwlcmcnt , comme vn poiflbn, fc gliffc le


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DE L A RoZE-CrOIX,

erchâppe d'entre leurs mains, fans leur laifler autre chofe que le regret dauoir cftcfembla- bles à CCS poiftbns de la mer de Sicile ^ Icfquels Tytmli fuyans les pefcheurs qui parlent Italien , fe JPaxel laiflentprendreàccuxqui vfcnt du Grec, ou J*/*. de quelque autre langage à eux incognuj /.'ij» pour moy ic diray librement, auec Clément -A lexandrin,parlant des facrifices occultes des ^ n àcm^nam nifi meretricia contifterent, curmn manifefiareniur ? yc\x principalement que fé- lon le diredeSeneque , ApertA décent (Çjtmpli' à A 'veritAtem,^ que fuiuant le mefme , non funt Ep. diffafttdiofi^noninuîdi^Admîttunt& Afcendenti- ÎJ^**;^ huâmAnumpomgmt^ qui efttout le contraire lo. de ce qu'a pratique en Ton Amphithéâtre ce Confclîîonifte & nquueau^do^ftcurd^^ nation , le fens duquel cft fi caché , &: ce qu*iT

I veut dire fidifficillc à fomprendre, que le lan- gage de Carmenta , les Méandres de Lyco- phron , les liures de Numa , l'Epitaphc d'^//W L^ltAy la Thoifon d'or des Chymiftesja Stcga- nographie de Tritheme , &r tous ces liurcs des Egyptiens qu'ApuIee appelle ////m*/ Lib.n: lihi44f r.tnotAtoSi n9dûfifque&inmodumm£ tor^ Meta- tuofis^ CApreoLttim^condenfts Aptabus y À curiojt^ tAte profAnorum w//;?/>tf/,pourroient fcruir de brillante lumière à lobfcu rite de ces ténèbres; ou il faut qu'il me confelîeque luy,qui pour auoir, non pas quatre faces comme vn lanus.


Crinit. non pas cinq comme vn Manafles Roy des lib.4.c: Hcbricux, mais pluftoft; fcpt, comme cctcô ho'J peinture de Michael Ange, que l'Empereut aifcipl. Charles quint auoit feule dans fon cabinet , fc vante de pouuoir do nner neuf d iuerrcs éxpli- Vitt!"' cations à la S. Efcriturc, &lcpt a li nature, pourTairc hon te à Ar iftofc &î tbusles autres PhtlôtopîîFs , qui ont eTtcbiCrt cmpefchez de îuyert trouûer vnc vrayeiilfant,dis je,qu*'il me confctTe qu'il n*a que lefcorcc Se (eus lire- ral: cequcs'iladuoucle voylafoudain précipi- te iufqu'au deiïbusdc l'opinion dVn chacun, par la puérilité de fes fept dcgrez ou principes, Icfquels ne font capables d'entrer en paralellc auec les Atomes d'Epicûtc, les nombres de Py thagore,Trithemc &: Pic de la Mirande,les I** 1! Idées de Platon ,les R ayons de Linconienfis,

le fel, foulphre , ou mercure des Chymiftes, la Cabale de Reuchliri, le froid &c le chaud dç Tclefius , la lumière /chaleur &c efpacc de Pa- trice, la chaleur, froidure &: efpaccdc Cam- panella , ou les inftancés de l'Héros d'Angle- terre & B àron de Verulamio, qui font tous les principes fur lefquels cous tes grands Philofo^ phes '

î^aliiv Cœleftes ammty humétno in m fore diui, S*^"^"*- ont bafly chacun diuerfcment leur Philofo- phie,au(ri bien qu Ariftote la fiennc fur la ma- tière, forme, ôc: priuation. Que s'il mc ren^


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i D E 1 A R O Z E-C R O I X- lOÏ

«oyc à fon Cens myftiquc 6c caché , ic luy diray,pournc toucher fi fouucntvncmcfmc corde, ce que difoit Accurfc,femocquant,cn la loy ^uincjue finium regunderunty C. Magtfhr Fetrus AbtUrdus (jui (è inBdbatfoJJè ex (ju/ilibet (jtutnmcumque diffcili Utera trahere inteUeÛum-^ hicâicit^nejcto.

4. Toucefoislccrauail que quelques fols & mclancholiqucs prennent tous les iours à fou- dre ces énigmes , & à rechercher i explication des difficultczdefon Liurcmcfaidfoupçon- ncr que ce neft point en vain qu'ils y cm- ployent le meilleur de Iours cftudes, &: qu'ils éfpcrcFit reporter les ftuids de la defcouuertc &: conquclie de quelque grand threfor , pour couronner la peine &: le mérite de leur recher- che. Ceft pourquoy quelques vns fe fontima- ginez que toute l'Encyclopédie eftoir cachée comme vnc belle eau coulante fo-js la glace de ces difficultez , &: que tout le fccret & in- uention pour puiferdc cette fource, eftoitdè rompre les glaçons de defTus , c*eft à dire auoir rintelligence de fes figures , lexplication dcf- quelles ne nous cftoit pasfitoft donnée par vnc tradition le cabale fort facille à compren- dre, que foudain noftrc intellcdl cftoit efclairc de la lumière de toutes le< fciencas, &: comme vn autre Aponenfis rendu capable en vn in- ftanc dç tout ce qu'il pouuoit defirer d a-


loi Ins.tr.strlesFrer.es uoir la cognoilTance. Laquelle opiiîion,fidc plus fcricufcs cftudcs ne me prcflbient de paf- icrfous lilencc beaucoup de chofcs bcllcs&r rcmarquables,tTjcriterokd'cftrerefucccparvn plus long difcours que cet cpigramc, laquelle i'ay chûific pour me femblcr capable de miner • fesfondcmcns, en actendantqucle temps qui nous les fera paroiftre aulTi ignorans que de couftumc , achcue de la ruiner totalement: ^ Et cœli & legum triduo vis efj'eferttus , Forçat. CoïiéituintotOYiJimmhunçtnduo: in epi- cun^a rudiment is fcito conflare^nec vllum Sat doChmferi fojfe repente virum. Ceux-là me fcmblent auoir plus de raifon qai conic£lurcnt &: cftimcnt pour tout certain que le fccrct de la poudre de projc£lion &: grand ocuure desPhilofophes efl: cache &: con- tenu en iccluy. Pour lefqucls foulagerS: dé- tourner quant &: quant dvnc ripeniblcrc- cherche , le leur veux déclarer l'explication de ce Labyrinthe chymique , que les plus grands Cabaliftcs d'entre eux feront peut-eftre bien ayfes d apprcdrc de l'Autheur de l'Harmonie chymique, lequel en latraduûion Françoifc qu'il en a fai^e, augmentée de tres-doûes Annotations, U. non encorcs imprimccs,ain-» ferc en l'vne d'iccllcs ces paroles : Si quelqu'vn deftre remporter dufruiH de [Amphithéâtre de KmradLipfiMfe netif chapitres i[Agogiques:€n


DI LA RoZE-CroiX. 105 f remier lieu j: Epilogue, & les feft degrez^^mectex^ fofition , à, cfuoy il adaptera les figures , la première defquellesmonflre les trauaux pourauoir la matie- m la féconde la propriété d'iceâe , & A ftdture y U ' troifiefme les vrayes opérations comprifes dans fe pt hafiioHs , & les 'faujfes à l'entêun L quatriefmeles effets durant lefdites opérât ions i la cinquiefme Us trauerfes & patiences durant le trauaiUU fixiejme, ^iie te mettrois la première^ la préparât iou de foy & de toutes chofes; les feptyhuicf.&neufîefme ftnt mé- ditations la dtxiefme montre que U feulào5fe &'vray Jrtifie entend le contenu audit Liure : Icf- quclles dernières paroles deuroicnt fcruic d'inflruaionaux Conradiftcs de ncplus per- drc leur temps à l'intelligence de cet Authcur, quieftdu tout inutile & à négliger, puis qu'il ne peut cftrc explique ou entendu des nou - ucaux Profelites; que ceux qui font vrayc- tiicnt les maiftrcs , & parucnus iufques au fou- tJerain degré delà cognoiflance ^nnigrumni- grius nigro , ne pcuuent apprendre autre chofe en iccluy que ce qu'ils fe font dcfia perfuadcz defçnuoir.

5. Toutesfois après auoir bien (i^nfidcrcToi: Jiure,ie me fuis apperceu que nous auions toi c de nous plaindre,&: que fon intention n auoic iamais cftc autre que de fatisfaire auxefpnts les plus imbecillcsd'ynepopulacclcs entrctc- nânc au fouf-çon de quelque mcri4;;;iJlc cachée


dans cet Arnphithcacrc par la majcfté de ce. glorictixHiboa,lequel ils cftiment y auoir cftc mis comme quelque malTc d'Hercule , ou bien comme la truye qiic Ton mcttok ancien* ncment fur la porte 'des Temples pour en eftranger les Uiifs : & par mefme moyen don- ner à cognoiftre aux plus clair- voyans par le mauuaisprefagedecct oyfeau malcncotrcux,

defcrié comme tel par Ouide, jgnaHUshuhodirummortalihuscmen, qu'ils ne fe dcuoient arreftcr à Icxplication de ces Enigmes,pour n'en pouuoir rapporter au- . cun fruift; mais pluftoft qu'ils en dcuoient tai- re le mefme iugcmeht que Raymond Lullc auoit autrefois prononcé de tous les liurcs m- triqucz &: couuerts de fcmblablcs difficultez, Scriftura quA vfui nequit intellighfro nonJcrifU cenfeatur. Si toutcsfois quelqu'vn r'aimoïc mieux dire pour la defence d'vn ouuragc fi ca- baliftiquc & mvftcricuxiquc tout ainfi que les Dieux dansHomcrc ont vu certain langage bien plus relcuéque cduy des hommes , qui leur cft familier quand ils s'cntrccommu- niquent, ou que les bleCehcs , gueux &: Bohe- tTfër miens ont leur iargon particulier, duquel V:- '^'^0' cenere auoit vcu &: Icu vn gros Diaionaircj Tl%) & les amoureux , larrons &: voleurs de la nou- dchifi, uclleErpagnc,des (îfflcmcns par le moyen dcf- auels iU f^ionncni à cogn^to toutes leurs ^ * " conccptionsT


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DE LA RotE-CxOlX. loj

rconccptions : Ainfifc peut-il faire que cette façon de faire de Conrard , lequel au dire de plufieurs cftoif vu des Frères de laR.C. foit Ile ftylc duquel vfc cette vénérable Cômpa- (gnie, quand, à l'imitation de Paracelfe, qui cft - la pierre fondamêtale de toute cette Congre- cgation.ou des Chymifl:es,Magiciens & Xftro- jlogues/ous ombre de nous déclarer les fecrets prétendus de fa chimerifee do^irinc, elle nous |en faid totalement perdre la cognoilîancepar jla multitude des énigmes dilïiailtcz fous il'adueu defqucllcs elle fait hardiment cou- 1 1er l'incptic de fcs conceptions*. Ce qui rc* 1 pugne neanrmoins à ce qu'ils ont did pag,79 . ) de leur Confcffion , Nof^ k,'juimf6y'vohù pcr^t- \ rabolas. Mais ils ne fc iouuenoient pas dccc J qu ilsau0icntcfcritpag.3i.de leurManifcfte,

yriety quicft proprement parler en paraboles, I fc donner vn defmentir , le à nous vn cfehau- cillon de leurs conttadidiôns.



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io6 Instîl. oVR. LES Frères


Que tous Ici iaux bruits, ôc principale- ment de cette Compagnie, font prc- 1 - iudiciablcs à tous les Royaumes ^ ' Eftats & Monarchies.

C H A PITRE X.

Les François ne doi' 3. Prophétie tres-dan-^ uent adioiifler foy à ^ gereufe dittulguee en toutes ces fAuffes fer- France fom le nom de fuaftons, cette Société.

i . Elles ont eftécaufe de 4 . Conclujion cotre deusi la ruine de la fluffart ; fortes de ferfonnes qui des FJlats & Empi- j ne tirerot aucun fruiSi res» I de cette Inftru^Hon,

fil^S Es Philofophcç fc trompent grande* IJ^p ment quand ils cftimcnt que toute f énergie de la Philofophie ne confifte qu'à ex- pliquer quelque pafTage d'Ariftote dans les clafTes de leurs Collèges , ou en lamaifon de quelqu Vn de leurs difciples. Philon luif le frendmieux qu'eux &: plus à propos,quand il dit en Ton troifiefmeliurc De "vita lîofis ^ <jitc Thilofophia tribus ex relus contexitur^ confiliiSy orationibus , faclis-^ vnam in fpeciem confentienti- bus , ad adcptionem Jruclum^^ fœlicitatis, C'cft cette Pbi|ok)phic , Meflieurs , laquelle cnfei^


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DE LA RozE-CroIX. iqj

gnant voftrc prudence à ne proférer aucune parole qui ne butte à Thcurcux fucccz de tou- tes vos intentions, ne vous permet point d'ad- iouftcr foy à toutes ces légères imprcflions; afin que la Francc,lc coeur de i'Europe,ccntrc de la Cbrcfl:iente,bague de l'anneau du mon- de,œil de tout cet Vniucrs , non moins cxem- pce de monftres , fuiuât le dire de S.Hicrome, que l'Egypte de trcmble-terres , ne foit point I tarée d'en auoir receu, nourri &: fomenté vn û difforme Se ridicule en toutes fcs parties j &: que les François,

Nu^d quibustotogenseli accepîior orbe, MiittiAyfenfM^doBrina, Philo fophU^ Artihusingenuis-, ornatu, velte^ nitore^ ne perdêt point leluftre de l'eftime qu'ils ont acquis enucrs les eftrangers de leur prudence & (âge conduite en toutes leurs affaires , ap- prouuans vnc chofc laquelle de quel coftc qu'ils l'enuifagent, ou quelque interprétation qu'ils luy puiflent donner, ne peut tourner qu'à leur honte &: détriment. Car ou le Mani- fcftc & Confcflîon de cette Fraternité font quelques forfanteries & chimères compofces àplaifir, ou le récit & véritable narration d'v- ne Compagnie telle qu'ils nous la reprcfcB- tent: Si le premier, n'eft-cc pas faire litriere de noftrc prudence à la rifec & mcfdifance de tous nos voifîns, plus fages &: a^uifez que


Guillcî. Armo- ric.Phi-


loS JnstR.svr lesFreres nous: (Ile dernier, ncfcroit-cc pas imiter la fo- lie des Celtes , Icfquels cômc remarque Elian, quand ils voyent la mer inonder leur pays, courent furicufement au deuant d'icelle pont cftre les premiers engloutis dans les Hots bout- foufHcz de Tes ondes.

2. C'eftcequimc donne l'occafion de di- re maintenant auec le Poète Saryrique, PerCus VOS') 0 Patrm/érfaiîgimy cjuos viuere fas ejl^ iatyr.i. occtfiti Cdco , fofitcd occunite fannd.

Généreux efprits tranfcendans &: cflcuez par les aiflcs de voflre iugemcnt au dcfTus du corn- inun d'vnc populace , &: qui comipe du théâ- tre delavcritc contemplez vne infinité d'ef-- prits qui perdent leur crédit dedans le parterre du menfonge , c'cft à vous à qui il appartient de leur donner à cognoiftre comme tous ces faux bruits , nouucautez , prophéties &r opi- nions anticipées , ont toufiours efté caufc de la fubuerfîon des Eftats &: entière ruine des plus grandes Monarchies. lamais ce flo riffant Royaume de la nouuclle EfpagncTTeuîïeftc fubiuguc au nom dcrETpTgnol parFcirdînând Cortés , fi les Nfc xIc2tTTrr nc4îeu au nom d Vn Topilclu nj^iyliatt en t auec grarîdedcuotion , fuiua nt la pr omefTe de tou- tes ieurTPropEêuesrT^^ VVL^XÏC n^uTt mis le pied dans le Peru , fi leshabitans n'cuÛTcnt ^^^imc gu c c efto it cçlujr quicftoiç



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, DE lA Roze-Croix. ,ç, enuoyc pat le V,racoca pour deliutcr leur Rov de captmite: jamais Conftantinople n'euft elle prife &facmentêc^aHïiSe-ri'an i4„. fi les Grecs ne fe faffçatmmù^zhfchcsiL detence de leurs murai lles Hhe aufc dVne pro- phétie qu.les affeutoic^ûë4:uand fennemv Icroit parucau iufqucs TîTgi^nd' place fur. nommée du Taureau d'airain, il feroi t repouf- ic & chafTe hors de la ville par la vertu des ci- c*™- toyens, qu, fondez fur cette prophctreaban- :T /t donnèrent les defence,,& fc tentèrent en cet- l.w". teplace. maispluftoft pourycftte maOicrez quenon pas pourcn chafferlennemy: Cequi

que tite Bartholmus de la lafchcté de lufti- nianbrauc& vaillant Capitaine,

Bref la conqueas.d£ai£agnes futgrande. inentfac,l,teeauxAÎ:rbS&*Sanafins:quan^^ poulTez par le Comte lul.an ils s'inondere„t

Z'^rk yû^^b^iifi Jifiuuee dan, vn petit coffret, laquelle fit perdre lecoura^eà Rodericpremierement . & en fuitte à toute fa gendarmerie. Et Mahomet, comme rema - que Pollel en fon if ïïïiî^â?*.?^^ tcrr^ corne- •ItîiSiÇ ra Aftrologue attitré^u. par fcs

-onij —


iio Imstr.svk les Frères pn"fjiffinns luy ouu nc le chemin à toutes Tes conqucftcs, &:TI cïïabliflcmcnt de fa Reli- gion. C'cft ceque recognoifloitTheodordc ieunclequel efcriuant à SimconStylite , fur Ics diuifionsde fon Eftat,vfe fort à propos de CCS paroles, Hancmolefttamturbdmj/ttperuau- ma parumg^vtilis , imo vero mxia ddcirina nohis feferit: Clemangis luy pourroit feruir d'inter- prète en fon liure/)<r»^«/^ cekhritAtihus non ré- cif tendis: Pariunty ^it-W.nouitates , difcordiasy fartas nutriunty nutritas augenty aucfof rohorant: Et moy i'adioufteray,qu'ayans eftc caufcen ce Royaume de quatre batailles données , vn million d'ho mmcs occis, trois cens villes fur- prifcs , cent cinquante millions defpéfcz pour le payement feul de la gendarmerie , neuf vil- les, quatre cens villagc$,&: dix mille maifons tout àfaiabruflees ou rafees-, le rcflbuuenir a vnc calamité fieftrange nous deuroit faire dreffcr les cheueux à la tefte aux premiers bruits de telles fupcrftitions &: nouueautcz, lefquellcs comme crcs-pernicieufes ont touf- jours efté défendues par les loix Impériales, dcp« q^iont prcfixcertâincspeinesàceuxqms cf- nis forcent d'eftonncr les autres par quelque vai- ^""^y nefuperftitibn. Et à cela mefmcauoitcfgard , de le lurifconfulte Paulus, quand il rapporte f E- pœnis. contenant ces mots. Nous ordonnons que lesDefcns qui fc fcignet infpirc;^ de Dieu,


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DP l^Roze-Croix. Ut ioxtni chalfcz , cramrc que les bonnes mœurs ne foicnt corrompues , fous efperancc d vnc , choie creuc de Icger,ou que ks cfprits du peu* pie ne foienc troublez : pourtant après auoir cftc fuftigez qu'on les letcc hors de la ville* -dcf' $ lis contmuenc,qu'on les tienne ferrez en pri-'T**' ion,ou qu'ils foicnt porter en quelque Iflefou Z^'* reléguez &: bannis à perpétuité.

3. Ce qui nous doit fcruir d'exemple pour bannir &:reietter loingdc nous tous les con- tes & faux bruits qui depuis quelques iours ontmiscn vogueparmy les plus crédules cet- te créance que beaucoup ont de l'cxiftencc &: vente des articles de ces illuminez Frères & vénérable Société, laquelle , combien que ce «c foit qu vne pure Chimère , s cft toutcsfois citorcee de nous faire relTcn tir & participer les dangereux cfFcds de fa noire malice. Vous le

lS:auez,Curicux,qui viftes courir l'an i^iz.vne prophétie, publiée , comme il cft à croire par vn de ceux du parti contre lequel Iciuftcrcf-. fcntiment de noftre Prince faifoit briller l'cf- cJat de fcs armes ^ tonner le foudre defes ea.- nons & laquelle neantmoins pour authorifcr plus bellement & fe tirer du hazard d'cilrc brife fur vnc roue ilauoir faid courir fous le Jiomde cette prophétique Société: &:ilpftà «roire que vous auez remarqué & condamne quant & quant iciugcmcnt qu c)i;; faifou^do


lib.4.


Ut ÎMSTR. S VR LES pRERtS

celuy qui à bon droid cft appelle parCalïîo- Epift. do i c parefjs fublkus , & tn cuim vita^ difoit Ar- nobc 5 omnium (dus inclufa, ejt : il penfoit peut- cftrcpar la foy que nous adioufterions àccs vaincs prcdidionsaltcrcr nosvolôtcz,efl:ôncr nos cfprics dcfia tout cforanlcz par la vente de celles d>a.Gauric & Camerarius , 6c innouer parmi nous quelque chofe qui pcuft tourner à la f aueur de fon parti. Toutcsfois noftrc con- ftace ayant furpaflc la mefurc de fon opinion., il ne luy refte qu'vn dcfpit d*auoir cftc trompé en fcs imaginations , Ôc à nous vn aduertiffc- ment d eftouffcr aufTi toft le bruit déroutes cesfabuleufes narrations &: nouueautezprc- iudiciables, que BomfacfiJX^^fut diligent à dcftourner Icsdcflcins dVn^çcr£âiûZrcftre,le- queleftant dcfcendudes Alpes, ÔC accompa- gne d'vnc multitude innombrable de pcrfon- jnes qui le fuiuoicnt fous ombre de fa pietc,ve- ^ noit pour luytoUir &:oftcr le Pontificat; ou que les Florrndns furent habiles à punir vn SauanarblcT Teq^cl, comrne il appert par fes prédir ons, eftoitlc m otif de toutes Icsfcdi- tions & pomalitcz qui s'cTlcuoient plus que fouuent en la ville capitale &: par tout PEftat

îles Florentins. . .

4. Pour tnoy, voyant combien cette opitiion des Frères delà R.C pouuoit dire quelque i(^urplus AciudictablcàbFrîlncefi cllelafo-

mcntoii


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DE LA Ro ZÉ-CroIX, îl}

iîîcntoic dauanragc , que les A dombrados ou Illuminez n'ont efté à rEfpagnci ay creu que ic ne pouuois mieux ceimoigner l'alfcdion que l'ay counours eue a h confcruacîon de cet-' ' te Monarchie &r tianqmllitc de nolkcRoyau^ me, quedevous enfcîgncr comme vn autre M-irius, lemoyen Je cognoiftre c^difccrncf la bonne monnoyc d aueclaEnirTe, ou, pour parler auec Lirmcf2Çs en Ton Traité ^ducrfiis prophanas nouationes, ^onam modo ddncepsper jlngidA errarHm v.miloquid , faérau l'et ufr.it à au^ ttoritate .propktn^ nomtatls côriterdttir audAcLi. Ce que ie nie pcrfuaderois volontiers auoi^ exécuté en la prefcnte Inflru^lion,!! ie o auois quelques monftrcs i combattre, defqucls derefperc tout àfaid dcpouuoir iam.iis'^rur- montcr la malice, &: remporter la vidorrc fur ces efprits puifTans &: induririeiDi en leur inue- f crée deprauationjcfquds fcruans dcffrout 5^ ds cloacfue à toutes les chofes lespius^rni- aeufes prohibées ^ defendacs,& femblablci a ces cflomachs cacochymes qui firent leut pourriture ^ corruption des alimens qui leur dcuroicnt fournir IcpluspurCingqoifufl de.

dans leurs veines , rechercheront aunri curieu- iement les maximes, articles propofitionj de cette Soaerc dans ce Difcours, pourca donner vnc plus entière cognoiflancc k leur S^^^mym , çQmmc ils çirçnt par vKe indu.

P


114 INSTR.SVRLIS FrERES

ftcic abominable le catalogue des hures les plus curieux &: défendus, delà table qu en a dreflc le Concile de Trente , celuy des Magi- ciens de Tritheme, leurs maximes & opéra- tions de Delrioi&: l'impiété, du hure de la Dodrine Curieufe , lequel par vne temeritc &: impudence nompareille ils qualifient du tiltretrcs'pernicieux de l'Atheifme réduit en art. Ce qui me donne occafion de déplorer la calamicé de noftre ficcle , laquelle eft cllcuee a vn tel degré de malice , qu'elle nous ofte mci- me h liberté de nous oppofer aux impietcz les plus erandcs , ô£ de les réfuter par les moyens ks plus ordinaires & légitimes ,puirque la cor- nipfion eft fi grrandcque quand les Religieux, zéci ^ ialoux de l'honneur 5. intcgntc de r.b.i.de leur Kc\\g\on,'volmuftt,Qommc dit Ladancc, '^'^^^^ pof^enseùamapprobare, quanufteun défende- nnt rclmones\mctorimem reUgionum tp(m teflando minucrunt. Vray eft que quelqnes-vns fondez fur ce dire de la fainde Efcriture , ^4 menfura menftfmntà. eadem remetteturvobis, me pourront objcdcr que ce n eft point de merueillc que le Pcre GarafTe foit tare par ces mefdifans de la mefme calomnie de h- A.L 4- quelle , enuieux de la gloire que le fieur C. - " >^ Liffonne en fa ieunelTe fur le Parnaffe des ' Mufcs Françoifes , il a voulu ternir fa reputa-

iiovi, à donner plus facilement du couaç


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Î>E LA RoZE-CroiX.

a fa bonne rcnonimce, laquelle véritable- menp ie fuis obligé de luy confcrucr par les tcfmoignages que ie luy en ay veu rendre.tanc par fa dcuife fondée fur ce beau padage du plus éloquent des Théologiens, Tantae^aïf^^ thoritas vetuflaus , vt in eam mquirere fcelus ejj} '<^r?- dicmtr ^itaque eicrediturpafim tanquam cogni. S"^**^^ Uveritati-,^ que par la tradudion Françoife qu'il fît il n'y a pas fix fcpmaincs des vers La- tins que monfieur Morel auoit compofcz ? l'honneur de la Trinité ; & auffi llionneftc modeftie & retenue que i'ay toufioursreco, gneue luy eftre fort familière en tous fes de- portemens. Les autres monftres que ie ne veux affronter , pour le peu d cfperance qu'il y a d'en venir à bout , font ceux lefquelspour eltre fi obftinez en leurs opinions , que fuiuanc le dire de Ciceron , ad quamcunque opinionem Acacîe- velut tempeftate delati^ ad eam tanquam adfaxum ^dh^refcunt, ils me donneront fubjer de con- 2^1^' dure cette Inflrudion par les vers du Poète 5atyrique,

Sed nullo thure litahis, HAreat inftultisMcuis vtfemuncia reâfi.


F I N.


Instr. svR. LES Frerïs


L


E^cur , pour ne rc point fruftrer du con- . tcntemenc que tu recciiras voyant la ne- firatiue de cette Société, confirmée par le iuge- rnenc de quelqu vn de ces grands Pcrfonna- ces , qui pour la fubtilitc de leurs erprits cfic- «cz par delTus le commun des hommes de let- tres meritcntccttedcferenccquetoutcs leurs opinions nous foicnt autant d'oracles : le n'ay vouluobmcttredete communiquer ccpafla- cc d vn liure Allemand, que le Phœnix & Co^ tiphee de ce fiecle, le dodc Se iudicieux Cam- panclla, a copolc de la Monarchie d'Efpagnc, lequel pourm'eftre apparu, comme S.Hcl- nie aux Nautonniers , fur le calme, non pas a'vnctempeftc,mais du bruit & tracas d'vnc Imprimerie, n'a peu eftrcinferc que fur la fin de cette dernière fueille, laquelle te Icrepre- fente fuiuant la traduaion que i en ay faid fai- re par vn de mes amis, ^up quetûufelaChre- êientce firent flic deWis cofiez.dc telles te^esjadite Confrairtedc U Roz^e-Croix le donne trop àenten- drci carvn tel fantûfmee/lapeineforty , tjue la re- mmee éconfefion d'icelUtefmoignccUiremeten plafteurs & diuers endroits , que ce nefi autre chofe "qu'vn ieu dvn tropfolaftre ejfrit > fuis quen ceU € fi donnée efperance d'vne telle générale re forma- tion, & y efi aufi touche de plufieurs eftranges fcten- ces, & chfes partté ridicules, & partie incroyables^


PE LA RoZE-CrO.IX. 117

par tous les pays beaucoup de do ftes Perfonna^ ges & gens de bien fe font laifié tellemtnt emba^ bo 'ùiner y qu'ils leur ont offert leur feruiçe & bonne 'volonté ^ quelquefois en prenant leur nom , quelquefois en le taifant yont tenu pour tout affeurè que ces Frères (ce qui autrement es anciens PrO' phetes ne/hit point en vfage ) pourroient fans dif f culte deuiner le nom & le Iteu de ces volontaires clients , dedans le Miroir de Salomon , ou bien par quelque autre moyen ; voire mefme aucuns d'ieeux ont eflcji fots , qu'ils ont tenu pour vn /tngulier& hautmyflere la reformation de tout le monde , im* primée ioint &auecla Renomrnee y qui e/ideTra^ jan Boccaliniy& tranflatee de mot àmot de fàn Par- 'najfe Italien ^ & Tont exliquee chimiquement^ commejilafciencede faire de hre^oit e^ueloppee parmy Cette narration , ce qui infailliblement n'ej^ iamais entré en t entendement de l'A ut heur. pg. 48. liu. i. de la Monarchie d'P^p^ignc,

See also




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