La Chevelure  

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-"[[L'esprit de l'homme est capable de tout]]." 
-|} 
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-"[[La Chevelure]]" is a short story by [[Guy de Maupassant]].+*"[[La Chevelure (Baudelaire)]]" (1859), a poem by [[Charles Baudelaire]].
- +*"[[La Chevelure (Guy de Maupassant)]]" (1884) is a short story by [[Guy de Maupassant]].
-==Synopsis==+*"[[La Chevelure (film)]]" a 1960 short film directed by Ado Kyrou, starring Michel Piccoli, adapted from "La Chevelure," a short story by Guy de Maupassant.
-A young man buys a piece of furniture which attracts him intensely. Inside, he finds a hidden tress of [[hair]]. He falls in love with the woman to whom the hair belonged and suffers a [[mental breakdown]].+
- +
-==Full text==+
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-LA CHEVELURE +
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-Les murs Je la cellule étaient nus, peints à la chaux +
-Une fenêtre étroite et grillée, percée très haut de façon +
-qu'on ne pût pas y atteindre, éclairait cette petite pièce +
-claire et sinistre ; et le fou, assis sur une chaise de +
-paille, nous regardait d'un œil fixe, vague et hanté. 11 +
-était fort maigre, avec des loues creuses et des cheveux +
-presque blancs qu'on devinait blanchis en quelques +
-mois. Ses vêtements semblaient trop larges pour ses +
-membres secs, pour sa poitrine rétrécie, pour son +
-ventre creux. On sentait cet homme ravagé, rongé par +
-sa pensée, par une Pensée, comme un fruit par un ver. +
-Sa Folie, son idée était là, dans cette tête, obstinée, +
-harcelante, dévorante. Elle mangeait le corps peu à +
-peu. Elle, l'Invisible, l'Impalpable, l'Insaisissable, +
-l'Immatérielle Idée minait la chair, buvait le sang, +
-éteignait la vie. +
- +
-Q.uel mystère que cet homme tué par un Songe ! Il +
-faisait peine, peur et pitié, ce Possédé! Quel rêve +
-étrange, épouvantable et mortel habitait dans ce front, +
-qu'il plissait de rides profondes, sans cesse remuantes? +
- +
- +
- +
-140 LA CHEVELURE +
- +
-Le médecin me dit : « Il a de terribles accès de +
-fureur, c'est un des déments les plus singuliers que +
-j'aie vus. Il est atteint de folie erotique et macabre. +
-C'est une sorte de nécrophile. 11 a d'ailleurs écrit son +
-journal qui nous montre le plus clairement du monde +
-la maladie de son esprit. Sa folie y est pour ainsi dire +
-palpable. Si cela vous intéresse vous pouvez parcou- +
-rir ce document. » Je suivis le docteur dans son cabi- +
-net, et il me remit le journal de ce misérable homme. +
-€ Lisez, dit-il, et vous me direz votre avis. » +
- +
-Voici ce que contenait ce cahier : +
- +
- +
- +
-Jusqu'à l'âge de trente-deux ans, je vécus tran- +
-quille, sans amour. La vie m'apparaissait très simple, +
-très bonne et très facile. J'étais riche. J'avais du goût +
-pour tant de choses que le ne pouvais éprouver de +
-passion pour rien. C'est bon de vivre 1 Je me réveillais +
-heureux, chaque jour, pour faire des choses qui me +
-plaisaient, et je me couchais satisfait, avec l'espérance +
-paisible du lendemain et de l'avenir sans souci. +
- +
-J'avais eu quelques maîtresses sans avoir jamais +
-senti mon cœur affolé par le désir ou mon âme meur- +
-trie d'amour après la possession. C'est bon de vivre +
-ainsi. C'est meilleur d'aimer, mais terrible. Encore, +
-ceux qui aiment comme tout le monde doivent-ils +
-'éprouver un ardent bonheur, moindre que le mien +
-peut-être, car l'amour est venu me trouver d'une in- +
-croyable manière. +
- +
-Étant riche, je recherchais les meubles anciens et +
- +
- +
- +
-LA CHEVELURE +
- +
- +
- +
-141 +
- +
- +
- +
- +
-les vieux objets; etsouvent je pensais aux mainsincon- +
-nues qui avaient palpé ces choses, aux yeux qui les +
-avaient admirées, aux cœurs qui les avaient aimées, +
-car on aime les choses '. Je restais s<>uvent pendant des +
- +
- +
- +
-142 LA CHEVELURE +
- +
-heures, des heures et des heures, à regarder une petite +
-montre du siècle dernier. Elle était si mignonne, si +
-jolie, avec son émail et son or ciselé. Et elle marchait +
-encore comme au jour où une femme l'avait achetée +
-dans le ravissement de posséder ce fin bijou. Elle +
-n'avait point cessé de palpiter, de vivre sa vie de méca- +
-nique, et elle continuait toujours son tic tac régulier, +
-depuis un siècle passé. Qui donc l'avait portée la pre- +
-mière sur son sein dans la tiédeur des étoffes, le cœur +
-de la montre battant contre le cœur de la femme ? +
-Quelle main l'avait tenue au bout de ses doigts un peu +
-chauds, l'avait tournée, retournée, puis avait essuyé +
-les bergers de porcelaine ternis une seconde par la +
-moiteur de la peau? Quels yeux avaient épié sur ce +
-cadran fleuri l'heure attendue, l'heure chérie, l'heure +
-divine ? +
- +
-Comme j'aurais voulu la connaître, la voir, la +
-femme qui avait choisi cet objet exquis et rare! Elle +
-est morte 1 Je suis possédé par le désir des femmes +
-d'autrefois ;' j'aime, de loin, toutes celles qui ont aimé 1 +
-— L'histoire des tendresses passées m'emplit le cœur +
-de regrets. Oh I la beauté, les sourires, les caresses +
-jeunes, les espérances ! Tout cela ne devrait-il pas +
-éire éternel ! +
- +
-Comme j'ai pleuré, pendant des nuits entières, sur +
-les pauvres femmes de jadis, si belles, si tendres, si +
-douces, dont les bras se sont ouverts pour le baiser et +
-qui sont mortes 1 Le baiser est immortel, lui l II va de +
-lèvre en lèvre, de siècle en siècle, d'âge en âge. — +
-Les hommes le recueillent, le donnent et meurent. +
- +
-Le passé m'attire, le présent m'effraye parce que +
-l'avenir c'est la mort. Je regrette tout ce qui s'est fait. +
- +
- +
- +
-LA CHEVELURE I43 +
- +
-je pleure tous ceux qui ont vécu; je voudrais arrêter +
-le temps, arrêter l'heure. Mais elle va, elle va, elle +
-passe, elle me prend de seconde en seconde un peu de +
-moi pour le néant de demain. Et je ne revivrai +
-jamais. +
- +
-Adieu celles d'hier. Je vous aime. +
- +
-Mais je ne suis pas à plaindre. Je l'ai trouvée, moi, +
-celle que j'attendais; et j'ai goûté par elle d'incroya- +
-bles plaisirs. +
- +
-Je rôdais dans Paris par un matin de soleil, l'âme en +
-fête, le pied joyeux, regardant les boutiques avec cet +
-intérêt vague du flâneur. Tout à coup, j'aperçus chez +
-un marchand d'antiquités un meuble italien du xvii* +
-siècle. Il était fort beau, fort rare. Je l'attribuai à un +
-artiste vénitien du nom de Vitelli, qui fut célèbre à +
-cette époque. +
- +
-Puis je passai. +
- +
-Pourquoi le souvenir de ce meuble me poursuivit-il +
-avec tant de force que je revins sur mes pas? Je m'ar- +
-rêtai de nouveau devant le magasin pour le revoir, et +
-je sentis qu'il me tentait. +
- +
-Quelle singulière chose que la tentation ! On regarde +
-un objet et, peu à peu, il vous séduit, vous trouble, +
-vous envahit comme ferait un visage de femme. Son +
-charme entre en vous, charme étrange qui vient de sa +
-forme, de sa couleur, de sa physionomie de chose ; et +
-on l'aime déjà, on le désire, on le veut. Un besoin de +
-possession vous gagne, besoin doux d'abord, comme +
-timide, mais qui s'accroît, devient violent, irrésis- +
-tible. +
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-Et les marchands semblent deviner à la flamme du +
-regard Tenvie secrète et grandissante. +
- +
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-'44 +
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-LA CHEVELURE +
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- +
- +
-J'achetai ce meuble et je le fis porter chez moi tout +
-de suite. Je le plaçai dans ma chambre. +
- +
-Oh ! je plains ceux qui ne connaissent pas cette lune +
-de miel du collectionneur avec le bibelot qu'il vient +
- +
- +
- +
- +
-a acûeter. On le caresse de l'œil et de la main comme +
-s'il était de chair ; on revient à tout moment près de +
-lui. on y pense toujours, où qu'on aille, quoi qu'on +
-fasse. Son souvenir aimé vous suit dans la rue, dans le +
-\auude, partout; et quand on rentre chez soi, avant +
- +
- +
- +
-LA CHEVELURE US +
- +
-même d'avoir ôté ses gants et son chapeau, on va le +
-contempler avec une tendresse d'amant. +
- +
-Vraiment, pendant huit jours, j'adorai ce meuble. +
-J'ouvrais à chaque instant ses portes, ses tiroirs; je le +
-maniais avec ravissement, goûtant toutes les joies +
-intimes de la possession. +
- +
-Or, un soir, je m'aperçus, en tâtant l'épaisseur d'un +
-panneau, qu'il devait y avoir là une cachette. Mon +
-cœur se mit à battre, et je passai la nuit à chercher le +
-secret sans le pouvoir découvnr. +
- +
-J'y parvins le lendemain en enfonçant une lame +
-dans une fente de la boiserie. Une planche glissa et +
-j'aperçus, étalée sur un fond de velours noir, une +
-merveilleuse chevelure de femme! +
- +
-Oui. une chevelure, une énorme natte de cheveux +
-blonds, presque roux, qui avaient dû être coupés contre +
-la peau, et liés par une corde d'or. +
- +
-Je demeurai stupéfait, tremblant, troublé! Un par- +
-fum presque insensible, si vieux qu'il semblait Fâme +
-d'une odeur, s'envolait de ce tiroir mystérieux et de +
-cette surprenante relique. ^ +
- +
-Je la pris, doucement, presque relig ieusemen t, et je +
-la tirai de sa cachette. Aussitôt elle se déroula, répandant +
-son fiot doré qui tomba jusqu'à terre, épais et léger, +
-souple et brillant comme la queue en feu d'une comète. +
- +
-Une émotion étrange me saisit. Qu'était-ce que cela? +
-Quand? comment? pourquoi ces cheveux avaient-ils +
-été enfermés dans ce meuble ? Quelle aventure, quel +
-drame cachait ce souvenir? +
- +
-Qui les avait coupés ? un amant, un jour d'adieu ? un +
-mari, un jour de vengeance ? ou bien celle qui les avait +
-portés sur son front, un jour de désespoir ? +
- +
- +
- +
-14© LA CHEVELURE +
- +
-Était-ce à l'heure d'entrer au cloître qu'on avait jeté +
-là cette fortune d'amour, comme un gage laissé au +
-monde des vivants? Était-ce à l'heure de la clouer +
-dans la tombe, la jeune et belle morte, que celui qui +
-l'adorait avait gardé la parure de sa tête, la seule chose +
-qu'il pût conserver d'elle, la seule partie vivante de sa +
-chair qui ne dût point pourrir, la seule qu'il pouvait aimer +
-encore et caresser, et baiser dans ses rages de douleur? +
- +
-N'était-ce point étrange que cette chevelure fût +
-demeurée ainsi, alors qu'il ne restait plus une parcelle +
-du corps dont elle était née ? +
- +
-Elle me coulait sur les doigts, me chatouillait la peau +
-d'une caresse singulière, d'une caresse de morte. Je +
-me sentais attendri comme si j'allais pleurer. +
- +
-Je la gardai longtemps, longtemps en mes mains, +
-puis il me sembla qu'elle m'agitait, comme si quelque +
-chose de l'âme fût resté caché dedans. Et je la remis +
-sur le velours terni par le temps, et je repoussai le +
-tiroir, et je refermai le meuble, et je m'en allai par les +
-rues pour rêver. +
- +
- +
- +
-J'allais devant moi, plein de tristesse, et aussi plein +
-de trouble, de ce trouble qui vous reste au cœur après +
-un baiser d'amour. Il me semblait que j'avais vécu +
-autrefois déjà, que j'avais dû connaître cette femme. +
- +
-Et les vers de Villon me montèrent aux lèvres, ainsi +
-qu'y monte un sanglot : +
- +
- +
- +
-Dictes-moy où, ne en quel pays +
-Est Flora, la belle Romaine. +
-Archipiada, ne Thaïs. +
-Qui fut sa cousine germaine i +
- +
- +
- +
-LACHEVBLURB I47 +
- +
-Echo parlant quand bruyt on maine +
-Dessus rivière, ou sus estan ; +
-Qui beauté eut plus que humaine ? +
-Mais où sont les neiges d'antan ? +
- +
- +
- +
-La royne blanche comme un lys +
-Qui chantoit à voix de sereine, +
-Berthe au grand pied, Bietris, AUy?, +
-Harembouges qui tint le Mayne, +
-Et Jehanne la bonne Lorraine +
-Que Anglais bruslèrent à Rouen ? +
-Où sont-ils, Vierge souveraine ? +
-Mais où sont les neiges d'antan ? +
- +
-Quand je rentrai chez moi, j'éprouvai un irrésistible +
-désir de revoir mon étrange trouvaille ; et je la repris, +
-et je sentis, en la touchant, un long frisson qui me +
-courut dans les membres. +
- +
-Durant quelques jours, cependant, je demeurai dans +
-mon état ordinaire, bien que la pensée vive de cette +
-chevelure ne me quittât plus. — +
- +
-Dès que je rentrais, il fallait que je la visse et que je +
-la maniasse. Je tournais la clef de l'armoire avec ce +
-frémissement qu'on a en ouvrant la porte de la bien- +
-aimée, car j'avais aux mains et au cœur un besoin +
-confus, singulier, continu, sensuel de tremper mes +
-doigts dans ce ruisseau charmant de cheveux morts. +
- +
-Puis, quand j'avais fini de la caresser, quand j'avais +
-refermé le meuble, je la sentais là toujours, comme si +
-elle eût été un être vivant, caché, prisonnier ; je la +
-sentais et je la désirais encore ; j'avais de nouveau le +
-besoin impérieux de la reprendre, de la palper, de +
-m'énerver jusqu'au malaise par ce contact froid, glis- +
-sant, irritant, atlolant, délicieux. +
- +
- +
- +
-i48 LA CHEVELURE +
- +
-Je vécus ainsi un mois ou deux, je ne sais plus. Elle +
-m'obsédait, me hantait. J'étais heureux et torturé, +
-comme dans une attente d'amour, comme après les +
-aveux qui précèdent l'étreinte. +
- +
-Je m'enfermais seul avec elle pour la sentir sur ma +
-peau, pour enfoncer mes lèvres dedans, pour la bai- +
-ser, la mordre. Je l'enroulais autour de mon visage, +
-je la buvais, je noyais mes yeux dans son onde dorée, +
-afin de voir le jour blond, à travers. +
- +
-Je l'aimais! Oui, je l'aimais. Je ne pouvais plus me +
-passer d'elle, ni rester une heure sans la revoir. +
- +
-Et j'attendais... j'attendais... quoi ? Je ne le savais +
-pas. — Elle. +
- +
-Une nuit, je me réveillai brusquement avec la pensée +
-que je ne me trouvais pas seul dans ma chambre. +
- +
-J'étais seul pourtant. Maisje ne pus me rendormir; +
-et comme je m'agitais dans une fièvre d'insomnie, je +
-me levai pour aller toucher la chevelure. Elle me parut +
-plus douce que de coutume, plus animée. Les morts +
-reviennent-ils ? Les baisers dont je la réchauffais me +
-faisaient défaillir de bonheur ; et je l'emportai dans +
-mon lit, et je me couchai, en la pressant sur mes +
-lèvres, comme une maîtresse qu'on va posséder. +
- +
-Les morts reviennent ! Elle est venue. Oui, je '.'ai +
-vue, je l'ai tenue, je l'ai eue, telle qu'elle était vivante +
-autrefois, grande, blonde, grasse, les seins froids, la +
-hanche en forme de lyre ; et j'ai parcouru de mes +
-caresses cette ligne ondulante et divine qui va de la +
-gorge aux pieds en suivant toutes les courbes de la chair. +
- +
-Oui, je l'ai eue, tous les jours, toutes les nuits. Elle +
-est revenue, la Morte, la belle Morte, l'Adorable, la +
-Mystérieuse, l'Inconnue, toutes les nuits. +
- +
- +
- +
-l^O LA CHEVELURE +
- +
-Mon bonheur fut si grand, que je ne l'ai pu cacher +
-j'éprouvais près d'elle un ravissement surhumain, +
-la joie profonde, inexplicable de posséder l'Insaisis- +
-sable, l'Invisible, la Morte! Nul amant me goûta des +
-jouissances plus ardentes, plus terribles 1 +
- +
-Je n'ai point su cacher mon bonheur. Je l'aimais s. +
-fort que je n'ai plus voulu la quitter. Je l'ai emportée +
-avec moi toujours, partout. Je l'ai promenée par la +
-ville comme ma femme, et conduite au théâtre en +
-des loges grillées, comme ma maîtresse... xMais on l'a +
-vue... on a deviné... on me l'a prise... Et on m'a jeté +
-dans une prison, comme un malfaiteur. On l'a prise... +
-Oh 1 misère I... +
- +
- +
- +
-Le manuscrit s'arrêtait là. Et soudain, comme je +
-relevais sur le médecin des yeux effarés, un cri épou- +
-vantable, un hurlement de fureur impuissante et de +
-désir exaspéré s'éleva dans l'asile. +
- +
-— Ecoutez-le, dit le docteur. Il faut doucher cinq +
-fois par jour ce fou obscène. Il n'y a pas que le sergent +
-Bertrand qui ait aimé les mortes. +
- +
-Je balbutiai, ému d'étonnement, d'horreur et de +
-pitié : +
- +
-— Mais... cette chevelure... existe-t-elle réelle- +
-ment? +
- +
-Le médecin se leva, ouvrit une armoire pleine de +
-fioles et dinstruments, et il me jeta, à travers son +
-cabinet, une longue fusée de cheveux blonds qui vola +
-vers moi comme un oiseau d'or. +
- +
- +
- +
-LA CHEVELURE I^I +
- +
-Je frémis en sentant sur mes mains son toucher +
-caressant et léger. Et je restai le cœur battant de +
-dégoût et d'envie, de dégoût comme au contact des +
-objets traînés dans les crimes, d'envie comme devant +
-la tentation d'une chose infâme et mystérieuse. +
-Le médecin reprit en haussant les épaules : +
-— L'esprit de l'homme est capable de tout. +
- +
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